1. Introduction

La campagne OLIPAC, dont ce fascicule présente les principales données, est l'une des deux composantes, avec la campagne FLUPAC, de l'opération EPOPE (Etude des Processus dans l'Océan Pacifique Equatorial) du programme France-JGOFS. EPOPE a constitué la participation française à l'étude internationale du Pacifique Equatorial dans le cadre du programme international JGOFS (Joint Global Flux Studies).

L'Océan Pacifique équatorial joue à double titre un rôle déterminant dans les flux globaux de carbone dans l'océan : - la pression partielle de CO2, très élevée à l'est et au centre, est à l'origine d'un flux de gaz carbonique vers l'atmosphère de l'ordre de 0,5 gigatonnes de carbone par an. - les fortes teneurs en sels nutritifs des eaux de surface sont la source d'une forte activité biologique et d'une exportation de particules vers le fond de l'océan. Ces deux particularités, qui découlent directement de l'upwelling équatorial, sont d'autant plus importantes dans les bilans globaux que cet upwelling est très intense. Il concerne une région très vaste, des côtes américaines jusqu'à 180° de longitude et souvent même jusqu'à la Nouvelle Guinée, soit près de la moitié de la circonférence du globe sur une bande d'environ 10 degrés de latitude.

De plus, l'Océan Pacifique tropical est le siège de l'anomalie climatique El Niño qui, par sa durée et par les bouleversements qu'elle entraîne, préfigure l'ampleur des perturbations qui pourraient résulter d'un changement climatique lié à l'accroissement de l'effet de serre. Le flux annuel de carbone s'écarte de 0,6 GtC (gigatonnes de carbone) de sa valeur moyenne (0,5 GtC) selon les variations dues au cycle El Niño-La Niña.

Enfin, avec pour objectif de comprendre et prévoir le fonctionnement du système couplé océan-atmosphère aux basses latitudes et ses "déraillements" que constituent les anomalies El Niño, le programme international d'océanographie physique TOGA (Tropical Ocean-Global Atmosphere), auquel la France participe activement, a suscité de nombreuses études et réseaux d'observation de l'Océan Pacifique Tropical. Grâce à ces réseaux, l'état physique de la zone équatoriale est connu en temps quasi réel.

Comme toutes les études de processus dans la colonne d'eau menées sous l'égide de JGOFS, l'étude du Pacifique équatorial par la communauté internationale devait préciser les mécanismes qui contrôlent les flux de matière, et principalement de carbone, dans l'océan et à l'interface océan-atmosphère ; ceci afin d'améliorer les modèles biogéochimiques par lesquels on s'efforce de prévoir la réponse du climat aux rejets anthropogéniques de carbone ou autres composés chimiques. La plupart des variables ont été mesurées en s'attachant à respecter les protocoles de mesures établis par JGOFS. On a veillé avec une attention particulière à la détermination de paramètres reliant différentes variables entre elles (par exemple, le rapport production par unité de chlorophylle et par unité de lumière, ou les relations entre les concentrations en sels nutritifs et leur assimilation), car ces paramètres plus stables caractérisent mieux les régimes océaniques. Un fonctionnement réaliste des modèles est en effet basé sur des valeurs de ces paramètres aussi précises que possible.

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