Schizymenia dubyi (Chauvin ex Duby) J. Agardh
Statut : synonyme de Schizymenia minor J. Agardh.
Description sommaire :
Les thalles en forme de lame se développent à partir d’un petit disque basal et peuvent atteindre 50 cm de longueur, par 25 cm de largeur (600 µm d’épaisseur) (DIXON et IRVINE, 1977). En Méditerranée les thalles sont un peu plus petits. Le stipe est très court, de 2-3 mm de longueur. La lame, mucilagineuse, de consistance membraneuse, est de couleur marron-rougeâtre. Elle est entière ou irrégulièrement divisée, sans proliférations à la marge.
En coupe transversale, sous une zone de petites cellules assimilatrices, on observe une zone médullaire de filaments lâches et anastomosés (GAYRAL, 1958). Le tétrasporophyte encroûtant est connu sous le nom de "Haematocelis rubens".
Distribution géographique :
De distribution circumboréale, cette espèce présente une distribution Atlantique, Nord-Pacifique et Méditerranéenne. Dans l’Atlantique elle est localisée depuis l’Islande jusqu’au Maroc (DIXON et IRVINE, 1977). En Méditerranée, les citations sont relativement rares. Elle a été signalée :
en Espagne : autour des îles Baléares (RODRIGUEZ, 1889 ; BELLON-URIARTE, 1921) ;
en Italie : à Naples (FUNK, 1927, 1955), autour des îles d’Ustica et de Sicile (ARDISSONE, 1883 ; MAZZA, 1904 ; PREDA, 1908 ; GIACCONE, 1969 ; GIACCONE et al., 1972 ; CODOMIER et GIACCONE, 1972 ; FURNARI et al. 1977, etc...) ;
en Adriatique : HAUCK (1885), ZANARDINI (1865), ERCEGOVIC (1949) ;
en Grèce : DIANNELIDIS (1950), GERLOFF et GESSLER (1971 nr3, 4) ; l’île de Rhodes (TSEKOS et HARITONIDIS, 1974) ;
en Algérie : MONTAGNE (1849), Oran (DEBRAY, 1897), de Cherchell à Alger (MONTAGNE, 1933 ; FELDMANN et MAZOYER, 1941).
Ecologie :
Dans l’Atlantique, l’espèce paraît être relativement fréquente dans les cuvettes en mode battu (DIXON et IRVINE, 1977).
En Méditerranée, elle se rencontre dans l’infralittoral entre 2 et 20 m de profondeur et présente des affinités sciaphiles, (CODOMIER et GIACCONE, 1972 ; FUNK, 1955). FURNARI et SCAMMACA (1973b) ont montré le développement massif de S. dubyi à faible profondeur (1,5m) autour de la côte orientale de Sicile, dans une communauté qui est liée au Pterocladio-Ulvetum (MOLINIER, 1960). GIACCONE (1972) la considère comme une espèce physionomiquement importante de la communauté de Cystoseira tamariscifolia, dans le Détroit de Messine et en Mer d’Alboran.
Il semble, que la présence de forts courants superficiels et de résurgences d’eau douce favorisent le développement de l’espèce. Dans le Canal de Sicile, Schizymenia dubyi peut également se développer avec une relative abondance, en profondeur, dans les communautés circalittorales (GIACCONE et al., 1972).
Menaces :
La rareté de cette espèce en Méditerranée, à l’exception de quelques stations bien localisées, est certaine, dans la mesure où elle passe difficilement inaperçue. Ella apparaît donc comme vulnérable.
La bibliographie des articles du Livre Rouge est regroupé dans un document à part
Cet article est issu d’un travail réalisé pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’IUCN par les GIS Posidonie en Collaboration avec de nombreux chercheurs méditerranéens et publié sous le titre : Livre Rouge "Gérard Vuignier" des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. 250p. Par BOUDOURESQUE C.F., BALLESTEROS E., BEN MAIZ N., BOISSET F., BOULADIER E., CINELLI F., CIRIK S., CORMACI M., JEUDY DE GRISSAC A., LABOREL J., LANFRANCO E., LUNDBERG B., MAYHOUB H., MEINESZ A., PANAYOTIDIS P., SEMROUD R., SINNASSAMY J.M., SPAN A., VUIGNIER G., 1990. MAP Technical Reports Series N°43, UNEP, Athens, PNUE, IUCN & GIS Posidonie.