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Brèves
Signalisations de Caulerpa taxifolia et Caulerpa racemosa
lundi 3 novembre

Caulerpa taxifolia et Caulerpa racemosa poursuivent leur expansion dans la rade de Toulon.

Jean Marie Astier, membre du GIS Posidonie fait régulièrement part de ses observations :

le 22 juin 03, 2 tâches de C. taxifolia de 1 m2, distantes de 5 m, stolons très diffus, sur matte morte et posidonies vivantes. Peu denses et facile à éliminer, au niveau de l’anse de l’Alycastre (Est de la pointe Alycastre), côté Est, à environ 60m du rivage, profondeur 2m.

et le 13/7/03, Caulerpa racemosa observée a peu de profondeur, "en toile d’araignée", sur matte morte au Lido, Mourillon TOULON.

En Aout 2008 Pierre Chevaldonné nous transmettait cette image provenant de l’Anse de Cuivre devant la Station Marine d’Endoume de Marseille. La Caulerpa racemosa envahissait l’anse allant jusqu’à sortir de la mer...

 
Sur le Web : caulerpa on line
Un mérou vivant vaut 1000 fois plus qu’un mérou pêché
mardi 16 novembre
Dans le Parc National de Port-Cros (Var, France), où l’on estime que 500 plongeurs le voient chaque année, où le prix moyen d’une plongée est de 20 €, et où la durée de vie du Mérou est au moins de 20 ans, le rapport d’un Mérou vivant est de 500 x 20 x 20 = 200 000 €. Il s’agit d’un rapport minimal, intégrant simplement le prix de la plongée ; il faudrait y ajouter les retombées économiques indirectes (hébergement, restauration, etc.). Le même Mérou, s’il était pêché, rapporterait (15 kg en moyenne, 15€/kg) : 15 x 15 = 225 €, soit 1 000 fois moins.
 
L’attitude de l’homme envers les dauphins a bien changé !
lundi 17 mars

Dans "La Provence des Pêcheurs", GOURRET (1894) écrivait à propos des dauphins Delphinus delphis et Tursiops truncatus qu’ils "engloutissent les poissons emmaillés et mettent ensuite les filets en pièces, causant ainsi des dégâts souvent très importants (...) La présence de ces animaux constitue donc un véritable fléau". Il explique leur prolifération par le fait que leur pêche, qui autrefois "se faisait sur une vaste échelle, aussi bien dans l’Océan que dans la Méditerranée" a été abandonnée par les pêcheurs qui ne la considéraient plus comme rentable ; "leur chair, quoique de mauvais goût, servait d’aliment et l’huile qu’on en retirait était employée à l’éclairage". Il remarque que "les primes offertes par les prud’homies de pêche, par les Conseils Généraux et par l’administration de la marine" pour la destruction des dauphins "n’ont pu secouer l’indifférence des pêcheurs, bien qu’ils soient les seuls capables d’enrayer un mal dont ils sont les premiers à souffrir. Ils préfèrent réclamer l’intervention de l’Etat". GOURRET passe ensuite en revue les moyens utilisés pour détruire les dauphins ; à La Ciotat, en Août 1893, on a pu détruire 80 dauphins avec de la dynamite ; un autre système, utilisé en 1891 à Marseille, consistait à introduire dans des maquereaux un cube de caoutchouc muni d’aiguilles d’acier maintenues par une ficelle ; dans l’estomac du dauphin qui les mange, la ficelle est détruite par les sucs digestifs, les aiguilles se déplient en croix, perforent l’estomac, et "déterminent rapidement la mort de l’animal" ; le harponnage est également préconisé. Au début du 20° siècle, le gouvernement français envoyait d’ailleurs régulièrement des torpilleurs de la Marine Nationale afin "d’exterminer ces animaux parasites" ...

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La disparition du marsouin...
lundi 17 mars

Le marsouin Phocoena phocoena était considéré comme commun au siècle dernier sur les côtes provençales. Il est devenu très rare en Méditerranée et a disparu, depuis la fin du 19° siècle, des côtes de France et d’Espagne.

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Des sirènes...
lundi 17 mars

La première description des lamantins de Floride, aujourd’hui en grand danger de disparition, date de 1493. Elle est l’oeuvre de Christophe COLOMB : "... les jeunes femmes des mers que nous apercevons chaque jour ont certes, dans leur visage, quelque chose d’humain ; mais elles ne sont en aucun cas aussi belles que sur les dessins qui les ont toujours représentées ...". Après quatre mois de navigation, et au soleil couchant, le lamantin parvenait donc à évoquer, dans l’imagination des marins, la sirène mythique ... mais ils n’en perdaient pas toute lucidité !

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L’essentiel pour comprendre les espèces introduites
Les introductions d’espèces
lundi 15 novembre 2004
par Vincent Gravez , Professeur Charles-François Boudouresque
popularité : 14%
Les introductions d’espèces exotiques correspondent à ce que l’on appelle aujourd’hui invasions biologiques, ou encore pollution biologique. Le grand public a été sensibilisé au problème par l’arrivée de Caulerpa taxifolia, mais il faut savoir que C. taxifolia n’est pas la première introduction accidentelle, ni malheureusement la dernière. Le milieu continental, avec surtout les eaux douces, est également touché. En Méditerranée, on recense 350 espèces introduites. Ce qui est préoccupant, c’est que le phénomène s’accélère  : les deux tiers des espèces introduites l’ont été au cours des 20 dernières années.

Quelles sont les causes de l’introduction d’espèces exotiques ? Au début, il y a eu ce qu’on appelle le fouling  : espèces fixées sur les coques des bateaux et transportées ainsi d’une mer à l’autre. Il y a aussi les eaux de ballast des bateaux Il y a surtout l’aquaculture, avec l’introduction délibérée d’espèces d’intérêt économique, et l’introduction accidentelle de tout leur cortège (par exemple avec le naissain de l’huître japonaise). Il y a enfin les aquariums (on a vu le cas de Caulerpa taxifolia).

Les conséquences économiques de l’introduction d’espèces peuvent être graves. Quelques exemples : En introduisant l’huître japonaise, on aurait introduit un virus, dont elle était "porteur sain", qui a exterminé l’huître portugaise (il y a débat sur la question : la thèse officielle a longtemps été que l’on avait introduit l’huître japonaise pour remplacer l’huître portugaise décimée par ce virus). En introduisant l’huître japonaise, on a également introduit des quantités d’animaux et d’algues fixés sur ses coquilles, dont la sargasse géante, qui est source de nuisances : les ostréiculteurs doivent parfois utiliser des engins motorisés pour en débarasser les parcs et elle gène la navigation. La moule zébrée, introduite dans les grands lacs du Nord des Etats Unis, colmate les canalisations, les canaux, etc ; ses dégats d’ici l’an 2000 sont estimés à 5 Milliards de dollars.

Les conséquences de l’introduction des espèces ne sont pas uniquement d’ordre économique ; elles peuvent être écologiques : compétition avec des espèces ou des peuplements indigènes qu’elles peuvent éliminer. Il semble que ce soit le cas de Caulerpa taxifolia, qui élimine rapidement les peuplements d’algues indigènes, et un peu moins rapidement (quelques années) les herbiers de Posidonies, l’écosystème le plus important de Méditerranée. Les conséquences sont également d’ordre éthique : se dirige-t-on vers une uniformisation planétaire des paysages ? Nous n’accepterons sans doute pas, même si des espèces introduites produisaient autant que les espèces qu’elles remplacent, de voir une forêt d’Eucalyptus à la place des sansouires de Camargue, des taillis de figuier de barbarie à la place des landes à bruyère de Bretagne, pas plus qu’un MacDonald’s ou un hypermarché à la place de Notre Dame de Paris (même si, par hypothèse, cela s’avérait plus rentable économiquement).

La législation est très insuffisante. Les Etats-Unis viennent d’adopter une législation exceptionnellement sévère sur les eaux de ballast, suite à l’introduction de la moule zébrée. En France et en Espagne, on vient d’interdire l’utilisation et la commercialisation de Caulerpa taxifolia ; mais rien n’est encore fait pour toutes les introductions potentielles liées à l’aquaculture et l’aquariologie : on peut acheter n’importe quelle algue ou animal de n’importe où dans le monde pour son aquarium, aucun contrôle, aucune restriction n’étant prévus contre les risque de relachage dans l’environnement. La France est de ce point de vue la "plate-forme de débarquement" des espèces introduites en Europe, en raison d’une législation ou de contrôles particulièrement laxistes : pour ce qui concerne les algues marines, plus de 50% de toutes les introductions en Europe sont arrivées d’abord en France (avant de gagner d’autres pays, car les espèces, une fois introduites, ne connaissent pas les frontières administratives ...). Un exemple de laxisme : lorsque des conchyliculteurs importent du naissain d’huître japonaise, la décontamination du naissain est confiée aux aquaculteurs eux-mêmes, sans aucun contrôle.

Une reflexion doit s’engager entre toutes les parties concernées afin de minimiser les risques, sans pour autant porter atteinte à des activités économiques essentielles (navigation, aquaculture, aquariologie). Le CIEM a élaboré un "code de bonne conduite" pour l’aquaculture, qui n’est malheureusement qu’un ensemble de recommandations sans valeur légale. Pour la Méditerranée, la CEE (DG XII) et la CIESM ont engagé une réflexion de même type, qui devrait déboucher sur des amandements à la "Directive habitat" de 1992.

Listes des espèces "exotiques" établies par la CIESM lien