Laminaria ochroleuca De la Pilaye
Description sommaire :
C’est une algue de grande dimension qui peut atteindre 5 à 6 m de longueur en Méditerranée (FREDJ et GIACCONE, 1987). Le thalle est constitué de trois parties nettement distinctes : basale (haptères), intermédiaire (stipe) et terminale (lame).
La partie basale est formée d’un ensemble très développé d’haptères cylindriques, plutôt ramifiés et enchevêtrés, qui forment un tronc de cône à base large, fortement accroché au substrat.
Le stipe, lisse, très flexible, d’un brun grisâtre, est de longueur variable (de 5 à 120-150 cm et, pour des thalles plus grands, de 3 à 3,5 m), de section arrondie (jusqu’à 4-5 cm de diamètre à la base et 1 cm en haut). Il ne porte presque jamais d’épiphytes.
La lame très développée, longue de 1 à 1,5 m (3,5 m) est constituée de nombreuses bandes, de largeur très variable, qui partent de l’extrémité du stipe. La couleur, à l’état vivant, est jaune pâle, presque citron.
Distribution géographique :
Largement distribué en Atlantique, du Sud de l’Angleterre à Tanger (ARDRE, 1970), on rencontre Laminaria ochroleuca en Méditerranée dans le détroit de Messine (FREDJ et GIERMANN, 1971 ; GIACCONE, 1971) et dans la mer d’Alboran (GIACCONE, 1972) où elle forme des peuplements caractéristiques.
En Algérie, Laminaria ochroleuca a été signalé dans la région d’Alger sur le banc de Matifou, situé au nord du cap Bordj-El-Bahri (FELDMANN, 1933, 1934 ; HAMEL, 1938 ; FELDMANN et FELDMANN, 1939 ; FELDMANN, 1943 ).
Ecologie :
En Méditerranée Laminaria ochroleuca vit entre 25 et 110 m de profondeur (FREDJ et GIACCONE, 1987), dans des stations caractérisées par :
-un hydrodynamisme intense, tant tourbillonnant qu’unidirectionnel, alternant avec des périodes plus calmes,
-des eaux froides et riches en nutriments,
-et un substrat mobile hétérogène : mélange de cailloux (d’un diamètre supérieur à 10 cm), de sables grossiers, de petits graviers et de boue (GIACCONE, 1972b). Dans l’infralittoral inférieur, L. ochroleuca est accompagné par Sacchorhiza polyschides, Cystoseira usneoides et Phyllariopsis brevipes (GIACCONE, 1971 ; FREDJ et GIACCONE, 1987 ; BALLESTEROS, obs. ined.). Dans le circalittoral, il forme des peuplements très importants.
Menaces :
L’espèce est vulnérable en Méditerranée du fait de la rareté de ses stations et de leur faible extension spatiale. La pollution chimique (rejets profonds) qui entraîne une altération des caractéristiques des masses d’eau, et le chalutage peuvent par conséquent constituer une menace.
La bibliographie des articles du Livre Rouge est regroupé dans un document à part
Cet article est issu d’un travail réalisé pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’IUCN par les GIS Posidonie en Collaboration avec de nombreux chercheurs méditerranéens et publié sous le titre : Livre Rouge "Gérard Vuignier" des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. 250p. Par BOUDOURESQUE C.F., BALLESTEROS E., BEN MAIZ N., BOISSET F., BOULADIER E., CINELLI F., CIRIK S., CORMACI M., JEUDY DE GRISSAC A., LABOREL J., LANFRANCO E., LUNDBERG B., MAYHOUB H., MEINESZ A., PANAYOTIDIS P., SEMROUD R., SINNASSAMY J.M., SPAN A., VUIGNIER G., 1990. MAP Technical Reports Series N°43, UNEP, Athens, PNUE, IUCN & GIS Posidonie.