33 points de surveillance de l’herbier de Posidonie sont actuellements opérationnels, sur l’ensemble du littoral de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, avec un suivi par balisages et des photographies. Le choix de ces points respecte à la fois une couverture géographique homogène entre points le long du littoral et une répartition équitable, à la fois dans des zones sensibles, des zones intermédiaires et des zones de référence, selon une influence anthropique variable (Tab.1).
Tableau 1. Liste des 33 sites du Réseau de Surveillance Posidonies ; LS = limite supérieure de l’herbier de Posidonie ; LI = limite inférieure de l’herbier de Posidonie. Au total, 9 sites ont été mis en place dans les Bouches-du-Rhône, 16 sites dans le Var et 8 sites dans les Alpes-Maritimes.
| Département | SITES DE SURVEILLANCE |
|---|---|
| Bouches-du-Rhône | Martigues-Ponteau (LI, 20 m), Carry-le-Rouet (LS 10 m, LI 30 m), Marseille (LS 8.5 m, LI 26.5 m), Cassis (LS 10 m, LI 24 m), La Ciotat (LS 10.5 m, LI 33 m) |
| Var | Le Brusc (LS 4 m, LI 31 m), Toulon-Cap Sicié (LS 13 m, LS 12 m, LI 27.5 m), Giens (LS 6 m, LI 32 m), Porquerolles (LS 6 m), Bormes (LI 37.5 m), Lavandou (LS 14 m), Baie de Cavalaire (LS 6 m, LI 36 m), Saint-Tropez (LI 37 m), Grimaud (LS 2.5 m, LI 21 m), Saint-Aygulf (LI 18 m) |
| Alpes-Maritimes | Théoule (LI 13 m), Cannes (LS 6 m), îles de Lerins (LS 7 m), Golfe-Juan (LI 31m), Antibes (LI 20 m), Villefranche/mer (LS 8 m, LI 16 m), Eze (LI 32 m) |
Du fait de l’évolution potentielle très lente de l’herbier de Posidonie (croissance des rhizomes de 3 à 7 centimètres par an), le suivi scientifique sur chacun des 33 sites s’effectue avec un pas de temps de trois ans ; en revanche, l’entretien et le nettoyage des balisages (remplacement de balises, piquets ou flotteurs perdus) est réalisé tous les ans.
Méthodes des balisages
Les méthodes de suivi du RSP ont été choisies pour répondre à la nécessité d’une surveillance à long terme des limites d’extension verticale de l’herbier de Posidonie ; ces limites supérieures et inférieures étant très sensibles à toute modification des conditions du milieu. L’altération de la qualité moyenne du milieu se traduit alors par un recul de l’herbier au niveau de ses limites de répartition.
La surveillance des limites superficielles et profondes de l’herbier est réalisée par la mise en place de balisages (série de 10 à 12 balises) le long des dernières Posidonies, complétée en limite supérieure par des prises de vues aériennes, photo-interprétées et validées sur le terrain.
Les balises sont placées au contact des derniers rhizomes de Posidonies et matérialisent la limite d’herbier. L’intervention d’un scientifique expérimenté est indispensable dans le choix du lieu d’implantation des balise, en effet, la position du balisage est un critère déterminant pour l’efficacité des suivis ultérieurs de l’évolution de l’herbier. Si les repères sont positionnés trop bas, par exemple au contact de quelques faisceaux isolés, le risque est de conclure à moyen terme à une régression de l’herbier, alors qu’en réalité, ce phénomène ne concerne que quelques faisceaux, à vitalité réduite. A contrario, si la position du balisage est trop haute par rapport à la limite inférieure réelle, l’herbier ne présentera aucune évolution dans le temps. Généralement, ces balises sont donc placées au contact des dernières touffes ou groupes de faisceaux de Posidonies et non pas au niveau de quelques faisceaux isolés.
Méthodes du suivi de l’herbier
L’herbier de Posidonie peut être étudié à plusieurs échelles, au niveau : (i) de sa dynamique d’ensemble (macrostructure), au moyen par exemple des méthodes de cartographie couplées à des photographies aériennes, de balisages disposés le long des limites inférieures ou supérieures, du pourcentage de recouvrement de l’herbier sur le substrat ; (ii) de sa microstructure, par des mesures de densités, de carrés permanents, le suivi photographique de balises, le déchaussement des rhizomes, la proportion de rhizomes traçants matérialisant une recolonisation des mattes mortes ; (iii) de la plante elle-même (biométrie, lépidochronologie) ou de son environnement immédiat (sédimentologie, peuplements benthiques et ichtyofaune associés). Dans le cadre du RSP, à l’usage, c’est l’utilisation de tout ce panel de paramètres descripteurs et la confrontation simultanée des approches à ces 3 échelles qui permet d’établir des diagnostics de l’état général de la vitalité de l’herbier, face aux conditions du milieu et d’évaluer les incidences de telle et telle nuisance d’origine anthropique.
Un suivi scientifique en plongée de plusieurs descripteurs de la vitalité de l’herbier (densité, typologie, types de rhizomes et déchaussement, recouvrement, lépidochronologie et phénologie, prélèvements et mesures diverses) et des photographies des Posidonies prises le long des balisages tous les 3 ans permettent d’analyser et de préciser la dynamique de l’herbier, par comparaison avec les suivis précédents : régression, stabilité ou progression.
Le protocole technique spécifique élaboré lors de la mise en place du RSP a été affiné et amélioré au cours des suivis successifs, en fonction de l’expérience acquise par les équipes de terrain et des avancées de la recherche scientifique appliquée dans ce domaine. Actuellement, les techniques d’investigations mises en oeuvre sont bien au point et parfaitement adaptées à un suivi de routine de l’herbier, mais doivent être néanmoins encadrées par des scientifiques de terrain. En outre, les personnels intervenants en plongée dans le cadre des suivis sont des plongeurs scientifiques professionnels, qui se conforment aux règles de sécurité édictées par le Ministère du Travail (décret n°90.277 du 28 mars 1990, B.O. du CNRS n°3 de mars 1999).