Il s’agit tout d’abord d’une question d’éthique. La terre appartient à toutes les espèces qui la partagent, et chacune d’entre-elles possède autant de droits que l’être humain. C’est également une question de patrimoine, au même titre que la richesse culturelle ; sinon, pourquoi protéger la Joconde ou le temple d’Abou-Simbel ? C’est aussi une question écologique. Chaque espèce joue un rôle dans les grands équilibres de la vie ; sa place est précise et non interchangeable. Lorsque une espèce disparaît prématurément (du fait de l’homme), les autres espèces qui lui sont liées (prédateurs, proies, parasites, etc.) n’ont pas le temps de s’adapter : ces adaptations ne se font pas à l’échelle humaine, mais à celle des temps géologique ; c’est donc l’écosystème dans son ensemble qui est à son tour déséquilibré, voire menacé. C’est enfin une question économique. Les espèces domestiques, en effet, sont souvent améliorées à partir de croisements avec des espèces sauvages. Les espèces vivantes servent en outre de modèles biologiques. Leur étude permet de comprendre des processus ou de découvrir des substances qui nous sont utiles. C’est le cas de nombreuse substances utilisées en pharmacologie. Or des milliers d’espèces disparaissent avant même qu’on ne les ait décrites et que l’on ait étudié les substances éventuellement utiles qu’elles synthétisent. Au total, les espèces qui disparaissent sont comme des bibliothèques que l’on brûle sans que personne n’ait lu les livres qu’elles contenaient.
Ce document est issue d’un plaquette couleur (’Méditerranée : des espèces à protéger’. Région Provence-Côte d’Azur, Parc national de Port-Cros & GIS Posidonie edit., GIS Posidonie publ., Fr., 2 livrets +17 fiches détachées.) réalisée par le GIS Posidonie, le Parc National de Port-Cros et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et illustrée par Natacha Müller.