Un exemple de l'utilité d'observations réalisées régulièrement dans le milieu marin:

l'anomalie thermique de l'été 1999 en Méditerranée et ses conséquences (suite)


Cette "anomalie" thermique, avait été repérée par d'autres chercheurs de l'unité C.N.R.S. "Dimar". J.-G. Harmelin, J. Vacelet et T. Perez avaient implanté des chaines de thermistances (dispositifs permettant d'enregistrer la température en automatique) dans différents endroits et à différentes profondeurs. Les résultats de leurs enregistrements recoupent et complètent les notres. Ils sont présentés sur cette page.

De la fin du mois d'août au début octobre 1999, à l'ouest (Carry-Le Rouet) comme à l'est de Marseille (Ile de Riou) ces évolutions sont très comparables, et différentes de celles enregistrées en 1998 à la même profondeur (24m). A Port-Cros, la température en 1999 est également forte en moyenne, et n'est perturbée que par de très brefs incidents de refroidissement consécutifs à des évènements météorologiques locaux. On ne retrouve pas sur ce site, la baisse nette de température enregistrée à la fin du moins d'août dans les eaux de la région marseillaise.
Il s'est donc bien produit cette année-là, ce que,par comparaison avec les archives disponibles, on peut appeler une "anomalie thermique". Directement, ou indirectement, c'est peut-être cette anomalie qui a eu des conséquences dramatiques sur des

pour plus d'information, lire :
T. Perez et col. Mortalité massive d'invertébrés marins: un évènement sans précédent en Méditerranée nord-occidentale. C.R. Acad. Sci Paris. 232 (2000) pp853-865

Les conséquences? Une mortalité massive d'invertébrés marins bentiques (essentiellement des filtreurs) due à une disparition des tissus vivants externes ne laissant plus subsister que les squelettes. A long terme, cet évènement peut être d'une grande importance écologique car ces organismes ont un très faible taux de croissance annuel. Il faudra donc beaucoup de temps pour que ces peuplements se reconstituent.. si un autre évènement de cet ordre ne se reproduit pas.

On voit ci-dessous des illustrations de cette mortalite pour deux groupes d'organismes  :
                          éponges (Spongia officinalis)                                    gorgones