la série "SORCOM"
1. transits Marseille - le Rhône

Tous les systèmes estuariens présentent une forte variabilité dans l'espace et dans le temps car ,dans ces interfaces, eaux continentales et eaux marines se mélangent, chacune avec sa propre composition et ses propres rythmes saisonniers. Or les eaux continentales apportent contradictoirement dans le milieu marin  des substances favorisantes (sels nutritifs, ...) ou inhibitrices (métaux lourds,...) du fonctionnement biologique. Dans une mer comme la Méditerranée, considérée comme pauvre (oligotrophe) en substances nutritives pour le phytoplancton, on conçoit l'importance d'un fleuve comme le Rhône qui, depuis la construction du barrage d'Assouan sur le Nil et la diminution considérable de ses apports à la mer, en est devenu la source majeure dans le milieu marin. Pour des questions de courantologie générale, la direction privilégiée de dilution du panache du Rhône dans les eaux marines se fait vers l'ouest, mais une partie de ce panache influence les eaux marine vers l'est, c'est à dire vers Marseille et les côtes à sa périphérie, donc une zone concernant plus d'un million d'habitants. Mais dans quelles conditions cette influence s'exerce-t-elle? Avec quelle fréquence et quelle intensité? Et jusqu'à quelle distance vers l'est en fonction de la météorologie mais aussi les variations du débit du fleuve? Autant de question auxquelles nous avons voulu répondre avec la série d'observation SORCOM dont la stratégie de mesure est présentée ci-dessous.

Depuis septembre 1995, tous les 15 jours, est réalisé un trajet Marseille-Rhône (aller-retour), toujours identique, au cours duquel, pendant que le navire est en marche, l'eau de surface est analysée (mesures de T°C, salinité, oxygène dissous, pH, concentrations en chlorophylle) toutes les minutes, ce point de mesure étant précisemment repéré en longitude et lattitude par un positionnement satellite (GPS). Les données sont immédiatement enregistrées dans un fichier informatique. On obtient donc pour chaque trajet, env. 160 points de mesures exactement géoréférencés. Ce sont ces évolution, entre Marseille et le Rhône, qui sont montrées, mission par mission dans les données
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Le panache de dilution du Rhône est nettement visible sur les photos prises par satellite comme le montre la vue SPOT prise le 6 février 1997 (ci-dessous)


Le fleuve charrie en effet beaucoup de matières en suspension qui se dispersent ensuite dans le milieu marin. Plus l'influence du fleuve est importante et plus la salinité est faible, mais aussi, à l'inverse, la quantité de matière en suspension est élevée et l'image résultante est claire. On a comparé cette image aux enregistrements de salinité de la mission SORCOM réalisée ce jour-là et représentée sur la photo par le trait jaune. Dans les eaux marines (apparaissant ici en sombre), la salinité de l'ordre de 37,5 ne varie pas et ne commence à baisser que lorsque l'on pénêtre dans le panache. Au fur et à mesure que l'on s'approche de l'embouchure l'image devient de plus en plus claire et la salinité de plus en plus faible.