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Une méthode d'hybridation des cyanobactéries in
situ a été mise au point en collaboration avec le
laboratoire de R. Amann (Max Planck Institute, Bremen,
Allemagne). Cette méthode, basée sur la détection par
fluorescence de séquences d'ARN 16S à l'aide de sondes
oligonucléotidiques marquées à la péroxydase et
amplification du signal par la tyramide (Schönhuber et al,
1999), permet de distinguer et de dénombrer, dans des cultures
mixtes, des cyanobactéries appartenant à des genres
différents, notamment des toxiques, et de détecter la
présence de ces micro-organismes dans des tapis bactériens.
Actuellement fonctionnelle sur des souches dulcicoles,
cette méthode sera adaptée à des échantillons naturels
d'origine marine. S'il s'agit de détecter la présence ou non
de cyanobactéries les sondes dont nous disposons devront être
satisfaisantes. En revanche, de nouvelles sondes devront être
définies s'il est nécessaire de distinguer les souches marines
entre elles au niveau du genre, voire de l'espèce. Pour cela,
les souches de cyanobactéries potentiellement toxiques, les
plus fréquemment présentes dans les échantillons seront
purifiées et caractérisées d'un point de vue physiologique et
génétique.
Des hybridations ADN/ADN seront
faites car, à ce jour, ceci représente le seul critère grâce
au quel on peut distinguer les souches appartenant au même
genre ou à la même espèce. Les séquences des ARN ribosomaux
16S et des ITS des nouvelles souches purifiées seront
déterminées, afin de définir des sondes ou amorces
spécifiques qui permettront ultérieurement de détecter et de
suivre leur évolution dans leur milieu naturel. Une alternative
possible à la méthode d'hybridation in situ pour
détecter et identifier les cyanobactéries pourra être la
technique OSCPH (Oligonucleotide-Specific Capture Plate
Hybridization; De Beenhouwer et al. (1995). Cette technique,
basée sur l'amplification sélective des ARN ribosomaux 16S par
la technique de PCR avec des amorces spécifiques, devrait
pouvoir être étendue à l'utilisation des ITS ou d'autres
séquences d'ADN qui permettraient de distinguer les isolats a
un niveau inférieur à l'espèce. Une autre méthode pour
distinguer les souches et connaître certaines de leurs
caractéristiques génétiques en relation avec leurs
propriétés physiologiques consistera à amplifier par PCR des
gènes spécifiques tels que, par exemple, les gènes nif
(impliqués dans la fixation de l'azote moléculaire), gvpA
et gvpC (codant, respectivement, la protéine de
structure des vésicules à gaz et une protéine qui en renforce
la structure), psa et psb (codant, respectivement,
les protéines des photosystèmes I et II) et les gènes codant
les phycobiliprotéines. Les amplifiats seront analysés par
RFLP pour grouper les souches. Pour la détection
d'efflorescences cyanobactériennes à un stade précoce et
suivre leur évolution au cours du temps, la technique de
concentration des cellules par des billes paramagnétiques sur
support solide avec purification ultérieure de l'ADN (Rudi et
al., 1998) sera testée et adaptée, si nécessaire, aux
échantillons d'origine marine. L'ADN ainsi purifié sera
ensuite amplifié par la technique de PCR en utilisant des
amorces spécifiques et les amplifiats seront analysés par RFLP
("Restriction Fragment Length Polymorphism"). Les
efflorescences seront testées pour leur potentiel toxique par
des méthodes génétique (détection des gènes codant les
peptide synthétases spécifiquement impliquées dans la
synthèse des hépatotoxines de type microcystines), enzymatique
(test d'inhibition des protéine-phosphatases par les
microcystines), immunologique (test ELISA pour la détection des
microcystines), ou physico-chimique (détection des
hépatotoxines et des neurotoxines par HPLC ou LC-MS) selon le
type de toxine suspecté et la sensibilité de détection
requise.
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