La
nitrogénase
Le
complexe enzymatique de la nitrogénase, présent uniquement chez
les procaryotes, est responsable de la fixation de l’azote moléculaire
(Figure
1
).
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Figure
1
:
Réduction
de l'acétylène dans la cellule |
La
nitrogénase est le complexe enzymatique qui catalyse la réaction
Ce
complexe enzymatique est constitué de deux protéines : 1) la réductase
qui, grâce à l'ATP modifie son potentiel redox et transmet alors
des électrons à l'autre partie de l'enzyme et 2) la nitrogénase
qui réduit l'azote moléculaire.
Le
fonctionnement du complexe enzymatique qui est donc celui de réactions
d'oxydoréduction ne peut se faire sans : 1) une alimentation
en électrons et 2) un apport élevé en ATP.
De
plus, l'activité de la nitrogénase est contrôlée non seulement
par la concentration du milieu en NH4 mais également
par la concentration en oxygène dont les molécules peuvent
endommager de manière irréversible l'enzyme, par oxydation des
protéines enzymatiques.
Etalonnage
de la méthode du Taux de Réduction de l'Acétylène
F
Principe: La nitrogénase est étonnamment peu spécifique
et catalyse la réduction de nombreux composés, en particulier
l’acétylène. La production d’éthylène qui en découle est
proportionnelle au taux d’azote moléculaire fixé. Le principe
de la méthode consiste donc à incuber, en présence d’acétylène,
les organismes susceptibles de fixer l’N2 et de doser
ensuite, par chromatographie en phase gazeuse, l’éthylène
produit. Reste alors à déterminer le rapport “ acétylène
réduit/N2 fixé ”.
F
Limites : L’acétylène inhibe directement le métabolisme
de certains groupes d’organismes tels les bactéries dénitrifiantes,
méthanogènes, méthane-oxydantes, nitrifiantes, et également
les bactéries fixatrices d’azote (Capone,
1983). Inversement,
certaines cyanobactéries exposées à de l’acétylène montrent
une activité accrue de leur nitrogénase (David et Fay,
1977) et
les résultats de fixation cyanobactérienne obtenus peuvent être
surestimés.
F
Expérimentation : L'eau de mer est prélevée à différentes
profondeurs en utilisant une bouteille NISKIN avec les mêmes précautions
que pour des mesures d'incorporation du 14C. Les
incubations sont réalisées en utilisant des flacons en
polycarbonates de 500 ou 1000 ml. Un volume d'air est laissé dans
les flacons de façon à pouvoir remplacer quelques ml d'air par
du C2H2. Les incubations ont lieu à la
profondeur de prélèvement. A la fin de l'incubation, après équilibre
de dissolution entre la phase liquide et gazeuse, 100 à 500 µl
du mélange gazeux est injecté dans un chromatographe. Nous
disposons d'un appareil fabriqué par l'Université de Sydney.
C'est un chromatographe de terrain : son encombrement est faible,
l’air (d’une bouteille de plongée) est utilisé comme gaz
vecteur. Il a été conçu pour analyser plus spécialement l'acétylène,
l'éthylène et l'hydrogène après séparation sur une colonne. .
Il peut détecter de très faibles concentrations (1/500 000).
Pour
pouvoir ramener les valeurs de taux de réduction de l’acétylène
à des valeurs de fixation d’azote moléculaire, il faut étalonner
la méthode. Pour cela, nous avons mis au point une méthode
inspirée de celles de Seitzinger et Garber (1987) et
Larkum et
al. (1988). Les cyanobactéries concentrées ou non sont incubées
en présence de C2H2 ou de 15N2.
Les
cyanobactéries sont récupérées par filtration. La quantité
d'azote particulaire est mesurée sur la moitié du filtre
(analyseur CHN) et l'autre moitié est passée au spectro de
masse. Le % d’enrichissement est calculé par rapport au
pourcentage naturel d’15N des échantillons des
communautés étudiées non enrichis en 15N.
Compte
tenu du fait que dans les flacons enrichis avec 15N2,
il reste du 14N dissous, il faut corriger les taux de
fixation à partir du coefficient de dilution de N2 et
du pourcentage d’enrichissement en 15N (98 %).

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