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Phytoplancton des îles Eparses, banc Geyser : nov 2003 

L. Charpy, J. Blanchot

Cette action s'inscrit pour l'ur099, dans le sous projet CYANOREEF

 

                              

Contexte scientifique

Les micro-organismes photosynthétiques sont à la base de la productivité des océans et des zones côtières. Ils sont benthiques (vivant sur le fond) ou planctoniques (en suspension dans la colonne d’eau) et utilisent le gaz carbonique dissous dans les eaux et les nutriments pour croître et se multiplier.

 

Des études récentes sur le phytoplancton de la zone inter tropicale ont montré l’extraordinaire dominance d’organismes de très petite taille (<3 µm) qui constituent le picoplancton. Ce compartiment écologique est encore très mal connu. On y trouve deux genres de cyanobactéries (anciennement appelées algues bleues) dont l’une Prochlorococcus, découverte il y a une dizaine d’années, est le procaryote (organisme sans noyau) le plus abondant au monde. On le trouve à des abondances dépassant 10 000 individus par ml d’eau de mer. De nombreuses équipes de recherche s’intéressent de près à cette cyanobactérie et son génome vient d’être entièrement séquencé.

 

Des récentes études ont montré que les communautés des récifs coralliens se nourrissent de picoplancton. Jusqu’à présent les bilans de production-respiration des récifs coralliens ne prenaient pas en compte cet apport de nourriture.

 

On trouve de nombreuses cyanobactéries sur les fonds de sable des lagons, mais aussi sur les coraux morts. Depuis quelques années, on assiste à une augmentation de ces couvertures de cyanobactéries qui colonisent même les coraux vivants provoquant une asphyxie des polypes coralliens. Ces organismes semblent tolérer une augmentation de la température et leur capacité à utiliser l’azote dissous les rend beaucoup plus compétitifs que les algues.

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Certaines cyanobactéries sont capables de provoquer des efflorescences très importantes, grâce à leur possibilité d’utiliser l’azote gazeux dissous dans l’eau de mer. Cette cyanobactérie très étudiée, Trichodesmium, fait aussi l’objet de nombreuses recherches dans le monde, notamment de notre UR en Nouvelle Calédonie. Elle est particulièrement abondante dans le canal de Mozambique et pourrait être toxique et responsable de certaines intoxications.

 

Objectifs  

L’objectif principal de notre unité de recherche est de comprendre quelles sont les conditions écologiques, physiologiques et génétiques qui déterminent la prédominance des cyanobactéries marines tropicales et quel est leur rôle trophique. Pour atteindre cet objectif, nous avons une stratégie d’écologie comparative qui consiste à étudier la structure des communautés de cyanobactéries de différents écosystèmes. Les îles éparses sont exemptes de toute impact anthropique. Elles constituent donc un modèle de référence. De plus, très peu d’études ont été réalisées sur le phytoplancton du canal de Mozambique.

 

Nos objectifs sont donc :

F de décrire les communautés de cyanobactéries des îles éparses, dans les lagons et dans les eaux avoisinantes,

F d’évaluer le fertilité de ces zones,

F de découvrir d’éventuelles espèces non encore répertoriées,

F de suivre les taux de recouvrement des organismes coralliens par les cyanobactéries benthiques.

 

 Participants 

 

Un chercheur de notre équipe, Jean Blanchot, a participé en novembre 2002 à une expédition organisée par l’ARVAM sur Glorieuse. En lien , le rapport de mission.

Loïc Charpy a participé en novembre 2003 à la réalisation d’un film réalisé par ICV sur Geyser et Glorieuse. Ce film, intitulé les prairies de la mer, devrait sortir au début de l’année 2004.

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Résultats préliminaires

Durant ces 2 expéditions, nous avons pu étudier les communautés planctoniques et benthiques. Les premiers résultats montrent que 80% du phytoplancton est constitué par des organismes de taille inférieure à 3 µm et que les cyanobactéries du genre Synechococcus dominent largement le phytoplancton. Les transects à partir de Mayotte ont montré que l’océan du large avait une biomasse phytoplanctonique très largement supérieure à celle rencontrée dans le Pacifique à la même latitude.

 

Programme de travail pour les années à venir

 

Nous projetons d’étudier les communautés phytoplanctoniques et phytobenthiques de toutes les îles éparses. Leur géomorphologie très différente et leur localisation différente par rapport aux éventuelles sources de nutriments devraient avoir un effet notable sur la distribution des cyanobactéries. Les paramètres que nous mesurerons dépendront du navire qui sera utilisé. Le scénario minimum consiste à mesurer la teneur en chlorophylle de 3 classes de taille : 10 µm, 3 µm et 0.4 µm, de dénombrer l’abondance du picoplancton avec un cytomètre en flux.

Si les moyens le permettent, nous étudierons les communautés benthiques en les prélevant en plongée. Loïc Charpy est titulaire d’une habilitation activité hyperbare (CAH) et du titre de chef de plongée scientifique de l’INSU. Jean Blanchot devrait passer prochainement son CAH.

Si nous disposons de base à terre ou d’une embarcation suffisamment grande, nous pourrons mesurer la productivité des lagons et des eaux avoisinantes.

 

mise à jour : 10/07/2008

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