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CyRoCo : Cyanobactéries des milieux aquatiques tropicaux peu profonds - Rôles et Contrôles : Transferts trophiques

Rôle fonctionnel du zooplancton et de l’ichtyoplancton

En raison de leur taille, de leur forme ou de leur éventuelle toxicité, de nombreuses espèces de cyanobactéries ne sont pas directement consommées par les principaux groupes de brouteurs planctoniques tels les rotifères et les petits cladocères. Par contre, elles peuvent l’être par des organismes de plus grande taille comme les calanides, le micronecton et l’ichtyoplancton, qui, en les fractionnant, peuvent les rendre en partie accessibles au broutage par le zooplancton de plus petite taille. Toutefois, elles ne seront pas
forcément digérées par ces gros organismes, notamment par les larves de poissons qui ne peuvent pas les broyer et ont un transit intestinal trop rapide ou un équipement enzymatique inadapté. Il est donc important d’étudier le comportement trophique de ces espèces (qui mange quoi, avec quel profit ?). Par ailleurs, cette voie trophique « classique » est potentiellement concurrencée par la voie microbienne, plus avantageuse sur le plan énergétique mais qui peut compenser en partie l’impasse trophique liée à une efflorescence de grosses cellules non accessibles aux brouteurs, permettant alors le maintien du zooplancton.

Micronecton et ichtyoplancton jouent un rôle fonctionnel important dans les estuaires et les lagunes où les réseaux de chenaux et les herbiers constituent des zones de refuge et de migration. Certaines espèces sont susceptibles d’exercer un contrôle direct sur les peuplements de phytoplancton ou de cyanobactéries par un broutage permanent ou temporaire, à certains stades ou selon l’influence de l’environnement, du fourrage disponible. D’autres espèces exercent un contrôle indirect par prédation sur le zooplancton herbivore, d’autres encore sont omnivores. Enfin, l’ensemble des organismes du zooplancton et de l’ichtyoplancton recycle par excrétion des nutriments directement utilisables par le phytoplancton ou produit de la matière organique dissoute ou particulaire utilisable par le réseau microbien via les pelotes fécales et l’éclatement des cellules lors du broutage (sloppy feeding).

Actions dans les réservoirs au Sénégal et au Burkina Faso pour étude de (1) relations brouteurs -cyanobactéries (2) compétition et/ou complémentarité entre chaîne herbivore et boucle microbienne.
  • Étudier le comportement trophique de différents brouteurs potentiels, du zooplancton aux poissons. Après incubations de courte durée dans des suspensions monospécifiques d’algues, mesure du taux d’ingestion et/ou de fractionnement des cellules, examen et mise en culture des pelotes fécales.
  • Étudier la dynamique des brouteurs (rotifères, cladocères copépodes, ichtyoplancton) et leurs proies potentielles (phytoplancton, ciliés, flagellés) à partir d’incubations de quelques jours dans des eaux naturelles tamisées sur différentes mailles (< 1, <3, <12, <30 et <60 μm) avec ou sans addition de cyanobactéries.
Actions dans les estuaires du Sénégal et du Siné Saloum pour étude du contrôle direct et/ou indirect par les larves de poissons

Analyser le comportement trophique des espèces dominantes en fonction de l’importance de la ressource :

  • décrire les contenus stomacaux ;
  • estimer les taux d’ingestion et la sélectivité avec à partir de seston du milieu naturel et de suspensions algales ;
  • évaluer la prédation d’espèces zooplanctoniques ;
  • mesurer les taux d’excrétion et la fluorescence intestinale.
mis à jour
14-Déc-2007