Depuis une vingtaine d’années, l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) mène des recherches aquacoles en Afrique de l’Ouest. Parmi les résultats de ces études, l’aptitude à l’élevage d’une sous-espèce de tilapia euryhalin originaire du Sénégal, Sarotherodon melanotheron heudelotii, qui vit dans des lagunes et des estuaires et supporte une large gamme de salinité est riche de promesses. D’un bel aspect (il ressemble à la daurade méditerranéenne) et robuste, ce tilapia présente de nombreux avantages zootechniques. Pouvant être entièrement élevé en eau de mer, il est facile à reproduire en captivité, contrairement aux poissons strictement marins. Il présente aussi une croissance rapide et il réputé apte à valoriser les sous-produits des matières premières agricoles produites localement, comme les tourteaux d’arachide et de coton. Enfin, ce tilapia n’a pas le « goût de vase » généralement reproché aux espèces de la même famille élevées en eau douce et sa chair a une saveur et une texture agréables. Les caractéristiques de son mode d’alimentation en milieu naturel (consommation de zooplancton par l’alevin, de bactéries, d’algues fixées et de phytoplancton et de sédiments par l’adulte) ont conduit à imaginer, pour le développement de son élevage, un système aquacole original dit « à recyclage intégral » (SARI). |