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Influence sur les poissons: la structure des communautés 

Michel Kulbicki, IRD

 

 

La notion de structure

La structure des communautés de poissons recouvre de nombreux aspects tels :

  • la structure spécifique : groupement par composants (espèces, genres et familles) des communautés et paramètres qui font varier ces composants.

  • la structure trophique : groupement par catégories trophiques.

  • la structure de taille : groupement par distribution des tailles des groupes d’espèces ou taille des espèces même.

  • les  groupes fonctionnels : croisement de groupements par taille ou catégories trophiques, mais aussi groupements sur la base du comportement des espèces (activité diurne-nocturne, mobilité, grégarité …). On peut ainsi définir par exemple les poissons carnivores grégaires de platier ou les micro herbivores de grande taille… 

Ces groupes fonctionnels peuvent être considérés comme des entités artificielles qui aident notre compréhension du fonctionnement des communautés de poissons. Ils permettent le regroupement en un nombre restreint de classes, d’espèces dont les caractéristiques biologiques et écologiques présentent une certaine homogénéité.

La structure des communautés de poissons dans les atolls dépend de très nombreux facteurs et il est difficile de définir une structure moyenne. Dans ce qui suit nous allons tenter de dégager les facteurs qui influencent la structure trophique.

 

Facteurs influant sur la structure trophique

Cette étude est basée sur trois paramètres : la densité spécifique (par simplification nous appellerons ce paramètres « diversité »), la densité et la biomasse des communautés. Nous nous limitons aux zones récifales bordant les motu d’atoll. 

8 groupes trophiques ont été déterminés dans la communauté des poissons rencontrés: les piscivores, les macro carnivores (poissons mangeant de gros invertébrés), des micro carnivores (poissons mangeant de petits invertébrés benthiques), les planctophages, les macro herbivores (poissons mangeant des algues ou des phanérogames), les micro herbivores (poissons mangeant les algues épiphytiques et les turfs algaux), les corallivores et les détritivores. 

 

Chacun des 8 groupes trophiques peut être représenté sous la forme d’un cube. La forme et la taille des cubes varie en fonction des valeurs de diversité, densité et biomasse du groupe trophique concerné. 

  • Diversité = Nombre d'espèces par unité d'observation

  • Densité = Nombre de poissons par m2

  • Biomasse = g poissons par m2

 

Le schéma en tête de page montre la variation de ces trois paramètres en fonction de la taille des atolls (petit - < 10 km2 -, moyen - 10-80 km2 - et grand - > 80 km2). 

La figure ci-contre montre comment la structure trophique des communautés de poissons peut varier en fonction de la taille de l’atoll (selon les trois groupes définis ci-dessus) et la présence de fonds durs (10%, 20% - niveau moyen des atolls étudiés -, 40%). 

Les dimensions des cubes sont proportionnelles à la valeur maximale observée sur l'ensemble des atolls.

poifg12.jpg (26902 octets)

 

Ces variations, obtenues par modélisation statistique (basée sur le Tableau 3), montrent clairement quelques grandes tendances de cette structure trophique:

 

  • Quelle soit la taille de l’atoll, le groupe le plus important est celui des micro herbivores. 

  • Corallivores, détritivores et macro herbivores sont des groupes peu importants

  • Les planctophages, piscivores et macro carnivores ont des rapports diversité/densité/biomasse fonction de la taille de l’atoll et du substrat. On constate en fait l’apparition d’espèces de grandes tailles dans ces catégories dans les grands atolls ainsi qu’un accroissement de la biomasse en fonction de la couverture en fonds durs.

 

Un même groupe trophique n’est pas forcément homogène et sa composition spécifique peut changer d’un atoll à l’autre avec pour conséquence des différences en densités et biomasses des composantes d’un groupe trophique, comme l’illustre la figure 13.

poifg13.jpg (11577 octets)

 

Production des groupes trophiques d'un atoll

La production d’un atoll a probablement une base stable sur le long terme. Elle comporte plusieurs groupes dont la production est variable, mais dont la composante finale apparaît relativement stable dans le temps.

Pour en savoir plus

 

Références

Kulbicki M;, Galzin R., Harmelin-Vivien M., Mou Tham G., Andréfouët S. 2000 Les communautés de poissons lagonaires dans les atolls des Tuamotu, principaux résultats du programme TYPATOLL (1995-1996). Nouméa, IRD, Doc.Sci. Tech. II3: 26-125

mise à jour : 10/07/2008

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