Zoobenthos
et macrophytes
Les 77
atolls de l'archipel des Tuamotu en Polynésie française
présentent des caractéristiques physiques et géomorphologiques
d'une extraordinaire diversité, notamment en ce qui
concerne leur forme, leur dimension, la profondeur de
leur lagon, l'importance des échanges entre les eaux océaniques
et les eaux lagonaires, ou bien encore la présence ou
non d'une passe.
Ces caractéristiques ont
peu d'influence sur la structure des communautés du récif-
barrière en contact avec les eaux océaniques (platiers
et pentes externes). Les communautés macrobenthiques de
récifs-barrières sont d'ailleurs très similaires d'un
atoll à un autre. En revanche, les communautés qui
vivent dans les lagons d'atolls sont étroitement contrôlées
par ces caractéristiques physiques et géomorphologiques. Par conséquent, les communautés
lagonaires varient d'un atoll à un autre. Un article
scientifique est consacré à ce sujet.
Un des
facteurs les plus importants pour la structure des
communautés lagonaires est la taille du lagon. Plus le
lagon est grand et profond, plus la richesse en espèces
de coraux, de mollusques, d'échinodermes et de
macroalgues est élevée. En revanche, l'abondance (par
unité de surface) de ces groupes taxonomiques n'est pas
reliée à la taille du lagon. La corrélation positive
entre la taille du lagon et la richesse en espèces
s'explique essentiellement par le fait que les grands
lagons renferment une plus grande diversité d'habitats
qui permet l'établissement d'une grande diversité
d'organismes. Par exemple, certaines espèces de coraux,
d'échinodermes, et de macroalgues se trouvent préférentiellement,
voire exclusivement, sur les pinacles, ce qui explique
par ailleurs la corrélation positive entre la diversité
spécifique de ces groupes et la présence de pinacles
dans le lagon.
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En
outre, l'importance des échanges entre les eaux
océaniques et lagonaires structure également
fortement les communautés macrobenthiques
vivant dans le lagon. Ces échanges d’eau se
font essentiellement par les passes, au niveau
des hoa
fonctionnels et de la couronne immergée.
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hoa
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couronne immergée
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La présence d'une passe n'a pas d'influence
significative sur le nombre d'espèces dans le lagon,
mais elle détermine la composition spécifique et
l'abondance relative des espèces de coraux, d'échinodermes
et de macroalgues dans le lagon. En d'autres termes,
certaines espèces ne vivent que dans les lagons
d'atolls ayant une passe, alors que d'autres colonisent
des atolls sans passe. De même, l'importance des échanges
qui s'effectuent par les hoa
et la couronne immergée détermine la composition spécifique
et l'abondance relative des espèces de coraux et de
mollusques dans le lagon. Des données quantitatives sur
les relations entre facteurs physiques et structure des
communautés sont présentées dans les tableaux b1 et
b2, ainsi que dans un article
scientifique.
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L'influence
prépondérante des échanges océan-lagon sur la
structure du macrobenthos peut s'expliquer par la présence
de passe et de hoa
fonctionnels, ouvertures naturelles qui pourraient
faciliter le passage et l'installation dans le lagon des
espèces des pentes externes avoisinantes.
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Ainsi, les espèces au cycle de vie qui comporte
une phase océanique obligatoire sont exclues des
lagons sans passe.
Les
communautés lagonaires des atolls sans passe ont également
la particularité d'être dominées, en terme
d'abondance, par un petit nombre d'espèces (1 ou 2 espèces
parfois). Les espèces dominantes, qui sont souvent différentes
d'un lagon à un autre, sont généralement des bivalves
(Arca ventricosa,
Chama imbricata,
Tridacna maxima
ou Pinctada maculata), comme dans les lagons de Pukarua, Fangataufa,
Maturei Vavao, Tureia, Reao, Pukapuka, ou bien des
holothuries (Holothuria
atra), comme dans le lagon de Hiti.
En conséquence,
les lagons d'atolls sans passe abritent généralement
des communautés benthiques peu diversifiées voire
restreintes à quelques espèces particulièrement
acclimatées à des conditions extrêmes du milieu.
C’est le cas du lagon de Taiaro où les eaux
lagonaires sont sursalées (43 psu) et seules quelques
espèces particulièrement résistantes peuvent s’y
maintenir (Pour en
savoir plus).
Enfin, on
soulignera que les lagons ayant peu d'échanges avec
l’océan peuvent connaître une mortalité massive des populations à
la suite de crises dystrophiques (bloom
phytoplanctonique provoquant une anoxie des eaux entraînant
la mortalité). Ce phénomène a été décrit dans le
lagon des atolls de Mataiva, Taiaro et Hikueru. Un
article scientifique est consacré à ce sujet.
Références
bibliographiques
Adjeroud M,
1997. Long-term
changes of epibenthic macrofauna communities in a closed
lagoon (Taiaro Atoll, French Polynesia): 1972-1994. Hydrobiologia,
356: 11-19.
Adjeroud M, Andréfouët S, Payri C, in press. Mass mortality of
macrobenthic communities in the lagoon of Hikueru atoll
(French Polynesia). Coral
Reefs.
Adjeroud M, Andréfouët S, Payri C, Orempüller J, 2000. Physical
factors of differentiation in macrobenthic communities
between atoll lagoons in the Central Tuamotu Archipelago
(French Polynesia). Marine Ecology Progress Series, 196 : 25-38.
Salvat B,
1969. Dominance biologique de quelques mollusques dans
les atolls fermés (Tuamotu, Polynésie) ; Phénomène récent
– Conséquences actuelles. Malacologia, 9 : 187-189.

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