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Influence sur le benthos et les poissons 

Banque de données, analyse numérique, modélisation

Zoobenthos et macrophytes, poissons

 

Zoobenthos et macrophytes

par Mehdi Adjeroud, EPHE

 et Claude Payri, UFP   

 

Les 77 atolls de l'archipel des Tuamotu en Polynésie française présentent des caractéristiques physiques et géomorphologiques d'une extraordinaire diversité, notamment en ce qui concerne leur forme, leur dimension, la profondeur de leur lagon, l'importance des échanges entre les eaux océaniques et les eaux lagonaires, ou bien encore la présence ou non d'une passe. 

 

 

Ces caractéristiques ont peu d'influence sur la structure des communautés du récif- barrière en contact avec les eaux océaniques (platiers et pentes externes). Les communautés macrobenthiques de récifs-barrières sont d'ailleurs très similaires d'un atoll à un autre. En revanche, les communautés qui vivent dans les lagons d'atolls sont étroitement contrôlées par ces caractéristiques physiques et géomorphologiques. Par conséquent, les communautés lagonaires varient d'un atoll à un autre. Un article scientifique est consacré à ce sujet.

 

Un des facteurs les plus importants pour la structure des communautés lagonaires est la taille du lagon. Plus le lagon est grand et profond, plus la richesse en espèces de coraux, de mollusques, d'échinodermes et de macroalgues est élevée. En revanche, l'abondance (par unité de surface) de ces groupes taxonomiques n'est pas reliée à la taille du lagon. La corrélation positive entre la taille du lagon et la richesse en espèces s'explique essentiellement par le fait que les grands lagons renferment une plus grande diversité d'habitats qui permet l'établissement d'une grande diversité d'organismes. Par exemple, certaines espèces de coraux, d'échinodermes, et de macroalgues se trouvent préférentiellement, voire exclusivement, sur les pinacles, ce qui explique par ailleurs la corrélation positive entre la diversité spécifique de ces groupes et la présence de pinacles dans le lagon.

 

En outre, l'importance des échanges entre les eaux océaniques et lagonaires structure également fortement les communautés macrobenthiques vivant dans le lagon. Ces échanges d’eau se font essentiellement par les passes, au niveau des hoa fonctionnels et de la couronne immergée. 

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hoa

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couronne immergée

La présence d'une passe n'a pas d'influence significative sur le nombre d'espèces dans le lagon, mais elle détermine la composition spécifique et l'abondance relative des espèces de coraux, d'échinodermes et de macroalgues dans le lagon. En d'autres termes, certaines espèces ne vivent que dans les lagons d'atolls ayant une passe, alors que d'autres colonisent des atolls sans passe. De même, l'importance des échanges qui s'effectuent par les hoa et la couronne immergée détermine la composition spécifique et l'abondance relative des espèces de coraux et de mollusques dans le lagon. Des données quantitatives sur les relations entre facteurs physiques et structure des communautés sont présentées dans les tableaux b1 et b2, ainsi que dans un article scientifique.

 

L'influence prépondérante des échanges océan-lagon sur la structure du macrobenthos peut s'expliquer par la présence de passe et de hoa fonctionnels, ouvertures naturelles qui pourraient faciliter le passage et l'installation dans le lagon des espèces des pentes externes avoisinantes.

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Ainsi, les espèces au cycle de vie qui comporte  une phase océanique obligatoire sont exclues des lagons sans passe.

 

Les communautés lagonaires des atolls sans passe ont également la particularité d'être dominées, en terme d'abondance, par un petit nombre d'espèces (1 ou 2 espèces parfois). Les espèces dominantes, qui sont souvent différentes d'un lagon à un autre, sont généralement des bivalves (Arca ventricosa, Chama imbricata, Tridacna maxima ou Pinctada maculata), comme dans les lagons de Pukarua, Fangataufa, Maturei Vavao, Tureia, Reao, Pukapuka, ou bien des holothuries (Holothuria atra), comme dans le lagon de Hiti.

 

En conséquence, les lagons d'atolls sans passe abritent généralement des communautés benthiques peu diversifiées voire restreintes à quelques espèces particulièrement acclimatées à des conditions extrêmes du milieu. C’est le cas du lagon de Taiaro où les eaux lagonaires sont sursalées (43 psu) et seules quelques espèces particulièrement résistantes peuvent s’y maintenir (Pour en savoir plus).

 

Enfin, on soulignera que les lagons ayant peu d'échanges avec l’océan  peuvent connaître une mortalité massive des populations à la suite de crises dystrophiques (bloom phytoplanctonique provoquant une anoxie des eaux entraînant la mortalité). Ce phénomène a été décrit dans le lagon des atolls de Mataiva, Taiaro et Hikueru. Un article scientifique est consacré à ce sujet.

 

 

Références bibliographiques

 

Adjeroud M, 1997. Long-term changes of epibenthic macrofauna communities in a closed lagoon (Taiaro Atoll, French Polynesia): 1972-1994. Hydrobiologia, 356: 11-19.

 

Adjeroud M, Andréfouët S, Payri C, in press. Mass mortality of macrobenthic communities in the lagoon of Hikueru atoll (French Polynesia). Coral Reefs.

 

Adjeroud M, Andréfouët S, Payri C, Orempüller J, 2000. Physical factors of differentiation in macrobenthic communities between atoll lagoons in the Central Tuamotu Archipelago (French Polynesia). Marine Ecology Progress Series, 196 : 25-38.

 

Salvat B, 1969. Dominance biologique de quelques mollusques dans les atolls fermés (Tuamotu, Polynésie) ; Phénomène récent – Conséquences actuelles. Malacologia, 9 : 187-189.

mise à jour : 10/07/2008

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