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| La
fabrication des perles
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| Production
et commercialisation des perles
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| L'impact
de développement sur les atolls polynésiens
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Le
travail organisationnel accompli : un gage de réussite
Par Benjamin
Mathieu
L'une
des meilleures initiatives lancées par l'ensemble des acteurs de la
perliculture pour lutter contre la dévalorisation de la valeur des
perles, est la création des Groupements d'intérêt Economique
(G.I.E). Il s'agit de structures aussi bien privées que publiques
qui regroupent la production de perliculteurs et qui se chargent de
leurs ventes.
Le G.I.E "Poe Rava Nui" dont une analyse détaillée est
fournie ci-dessous qui représente 10% de la production.
Le G.I.E "Tahiti Pearl Producer" créé en septembre 1995,
par quelques petits et moyens producteurs représente 8% de la
production. A l'exemple du G.I.E "Poe Rava Nui" il
organise ses premières ventes aux enchères en avril 1996 dont les
procédés sont exposés ci-dessous.
Le G.I.E "Perles de Tahiti" qui regroupe le Territoire, le
Syndicat Professionnel des Producteurs de Perles (SPPP) qui
rassemble les 14 plus grandes entreprises perlières avec 60 % de la
production et les deux G.I.E précédents, ne produit pas de perles,
il accomplit un travail promotionnel dont on mesure l'impact dans le
troisième paragraphe.
L'effort de
structuration entrepris: l'exemple du Groupement d'Intérêt
Général "Poe Rava Nui".
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La
première des initiatives décidée par le G.I.E "Poe
Rava Nui" pour lutter contre cette chute des cours de
la Perle Noire, intervient en 1992, lorsqu'il met en place
une stratégie de segmentation. Celle-ci consiste à
sélectionner les perles en lots de différentes qualités
et de les adapter en fonction de la clientèle. Cette
nouvelle politique sélective des perles contribue à
partir de 1992 à ralentir la chute du prix de vente des
perles n'hésitant pas à éliminer certains lots de
médiocre qualité.
Le graphique n°6
qui établit un comparatif du prix de vente des perles du
G.I.E "Poe Rava Nui" par rapport à l'ensemble
de la production, met en évidence ces efforts. Le
graphique débute en 1985 date à laquelle débutent les
premières statistiques pour le G.I.E. Les chiffres de
1997 à 1999 n'ont pas pu être fournis par le G.I.E Poe
Rava Nui.
Interprétation:
Depuis 1988, le prix moyen du gramme de perle exportée du
G.I.E s'est toujours négocié au dessus de la moyenne
totale même si la courbe conserve l'allure décroissante.
La crise qui touche le secteur à partir de 1991 n'est pas
aussi intensément ressentie par le G.I.E qui par exemple,
en 1995 vend ses perles 4016 CFP contre 2187 CFP
pour l'ensemble des exportations (1 FCFP=0,055FF).
Le G.I.E Poe Rava Nui a en effet fixé un seuil minimum de
vente à 4000 CFP en 1993, en dessous duquel la
rentabilité des fermes a été jugée délicate mais à
partir de 1995 et la crise du Japon, il n'est plus tenu.
La stratégie de segmentation des lots porte "ses
fruits" selon son directeur, même si celle-ci
procède à des sélections sévères. Ainsi, en 1992, 36%
des perles récoltées par les membres sont écartées de
la vente contre 13,7% en 1991 et 8% en 1990.
Cette politique est d'ailleurs indirectement appuyée en
1994, date à laquelle on assiste à un redressement bref
du prix par le Gouvernement de Polynésie. Il fixe une
nouvelle taxation au poids et non au nombre de perles
achetées favorisant les lots de meilleure qualité.
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Parallèlement
à cette politique de segmentation, le G.I.E Poe Rava Nui
s'attache à favoriser la qualité en encourageant les
productions de perles de meilleure qualité dans les
atolls. L'analyse ci-dessous le prouve.
Une étude fondée sur le rapport du nombre de perles
commercialisées de 1992 (date à laquelle le processus de
revalorisation s'est enclenché) à 1996 et le prix moyen
des perles par atolls montre une certaine correspondance.
Selon une méthode de régression simple, il a été
établi un degré de corrélation qui existe entre Y le
nombre de perles vendues et X le prix moyen annuel de
vente d'une perle, pour chacun des atolls concernés par
l'activité du G.I.E Poe Rava Nui. L'analyse se déroule
sur l'ensemble de la période clef 1992-1996.
Le graphique n° 7
présente la droite de régression obtenue avec l'ensemble
des atolls concernés par l'activité durant toute la
période. Le coefficient de corrélation r égal à 0,85
montre l'intensité d'une relation considérée forte
lorsqu'elle est voisine de 0,90 et faible près de 0,50.
Le graphique n° 7bis
procède à partir du même calcul mais le raisonnement
diffère sur le choix des atolls puisque ne sont
représentés que les quatre premiers (c'est à dire 55%
des ventes de perles du G.I.E) et les trois derniers pour
le nombre de perles toujours sur l'ensemble de la
période. La corrélation des variables est encore plus
frappante avec un coefficient r qui atteint 0,97.
Quelles conclusions peut-on dégager de cette étude?
La politique engagée par le G.I.E "Poe Rava
Nui" pour une production de perles de haute qualité,
s'obtient par une sélection des lots de perles qui
aboutit au retrait de certaines productions. L'ensemble
des atolls dont la valeur des perles vendues était la
plus forte ont vu leur production se vendre plus
massivement. Pour preuve, les atolls dont la valeur de
vente par perle est la plus forte (autour de 8000
CFP/perle), sont ceux dont la production a le plus
augmenté passant de 29% du total en 1991 à 56,6%
en 1995. Il s'agit des Gambiers, de Hao et de Makemo.
A l'inverse les atolls comme Ahe, Apataki, Kaukura dont la
valeur de vente n'excède pas 5000 CFP montre une
participation très faible et en décroissance. Par
exemple, Ahe dont les ventes de perles représentaient
2,9% du total en 1991, est tombée 1,5% en 1996.
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Le
rôle croissant des ventes aux enchères.
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L'ensemble des
G.I.E, principalement "Poe Rava Nui" et "Tahiti
Pearl Producer", organise des ventes aux enchères à
Tahiti où sont conviés les plus grands négociants
internationaux et locaux.
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La vente
aux enchères du GIE "Poe Rava Nui":
Depuis 1977, le GIE Poe Rava Nui organise en octobre une
vente aux enchères internationale. Celles-ci permettent
aux producteurs isolés des atolls, de se décharger de
toute démarche commerciale hasardeuse tout en profitant
de la notoriété acquise du GIE auprès des négociants.
Le financement de l'organisation des ventes (et du
fonctionnement du GIE) est assuré principalement par la
cotisation des membres sous forme d'un prélèvement
proportionnel sur le résultat des enchères.
Les résultas successifs des ventes aux enchères montrent
l'efficacité d'une procédure qui cherche à structurer
et rentabiliser le marché de la Perle de Tahiti et de ses
producteurs. Pour exemple, en 1996 sur les 152 lots
proposés à la vente; 138 ont été vendus pour un
montant total de 464 millions CFP.
Au fil des années, la vente du GIE Poe Rava Nui s'est
constituée comme un référentiel pour le cours de la
perle en raison de la quantité et de la qualité des
perles proposées. Les acheteurs internationaux
n'hésitent plus à se déplacer chaque année, évitant
depuis peu de constituer des stocks. De ce fait, le GIE ne
peut plus limiter son activité de négoce à une seule
rencontre annuelle. Le conseil d'administration du
Groupement a ouvert un comptoir de vente au siège afin de
répondre à cette demande permanente du marché.
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La vente
aux enchères du GIE Tahiti Pearl Producer:
Structure plus récente, le GIE Tahiti Pearl Producer a
organisé sa première vente aux enchères en avril 1996
à la mairie de Papeete. Malgré la crise financière qui
a frappé l'Asie du Sud-Est, la troisième vente aux
enchères en 1998, est un succès pour le GIE. 27
compagnies locales et 43 étrangères y participaient.
Cependant l'activité de Tahiti Pearl Producer ne regroupe
en 1998 que 19 perliculteurs. C'est pourquoi, sur les 75
000 perles présentées, 29 500 provenaient du GIE Poe
Rava Nui. En définitive, ce sont 66 832 perles réparties
en 114 lots qui ont été achetées pour un chiffre
d'affaire de 400 millions CFP.
La taux final de surenchère a atteint cette année 50,18%
contre 28% en 1996 et 22% en 1997.
Les deux GIE,
le GIE Poe Rava Nui et le GIE Tahiti Pearl Producer renforcent
leur coopération en créant une troisième vente aux
enchères internationale dans l'année à compter de 2000. A
raison d'une vente tous les quatre mois (février, juin et
octobre) la stratégie vise à renforcer le commerce.
Il faut garder à l'esprit que cet effort incontestable de
structuration et d'organisation de la production et du
commerce des perles ne s'étend qu'à 10 à 15% ( ensemble de
la production des deux GIE) du secteur suivant les années.
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Le
travail promotionnel accompli.
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Le rôle du GIE " Perles de Tahiti"
Pour répondre à l'effort promotionnel mondial dont le
secteur devait produire, l'ensemble des acteurs de la
perliculture ont fondé un nouveau Groupement d'Intérêt
Général, le GIE " Perles de Tahiti".
Les premières actions en 1994 furent, la mise en place
d'un réseau international de promotion à l'encontre des
principaux pays acheteurs, le Japon, les Etats-Unis, la
Suisse et Hong-Kong. Depuis 1995, le GIE réalise l'édition
de brochures promotionnelles pour l'Europe ainsi qu'un
premier ouvrage réédité en 1997 dans laquelle, 24 parmi
les plus grands joailliers mondiaux y participaient.
Parallèlement sur le Territoire, pour encourager les
perliculteurs et la population vers cette nouvelle
activité, le GIE édite une lettre d'Information
bimestrielle à 1 000 exemplaires. La pagination se
structure autour de rubriques récurrentes telles: la
vente, la production, la notoriété, la concurrence, les
marchés, les médias.
Le GIE Perles de Tahiti s'est doté aussi d'un site
internet officiel :
http://www.tahiti-blackpearls.com/introduction_fr/
. En 1997, le site a été consulté en moyenne par plus
d'un millier de visiteurs chaque mois. Un catalogue de
perles permet en effet, l'achat en ligne des joyaux.
Le GIE est financé par les professionnels et le
Territoire qui lui affecte une quote part plafonnée de la
taxe de sortie sur les perles.
Les mesures essentielles prises par le GIE s'insère dans
une stratégie générale de réglementation et de
valorisation du commerce de la perle de Tahiti.
Les stratégies de développement du commerce
La classification des perles: vers une normalisation
des ventes.
La classification des perles de Tahiti s'appuie sur les
différents critères de qualité d'une perle : la taille,
la forme et la qualité de surface et de lustre. Elle est
entrée en vigueur depuis le 1er janvier 1999 après avoir
fait l'objet de longs débats qui avaient débuté en
1994.
La taille :
Elle se mesure avec une série de tamis qui progressent de
0,5 mm.
La forme :
Quatre dénominations sont retenues : les rondes R
(variation entre les diamètres inférieure à 2%), les
semi-rondes SR (variation comprise entre 2% et 5%), les
semi-baroque SB (un axe de symétrie minimum), les
cerclées CL (perles caractérisées par des stries,
anneaux réguliers) et les baroques BQ (perles
irrégulières n'entrant dans aucune des autres
catégories).
La qualité :
Elle est déterminée par l'état de sa surface (présence
de piqûres, de tâches, de bosses,...). Le lustre ou
l'éclat correspond à la réflexion de la lumière sur le
poli de la surface d'une perle. Il met en valeur la
régularité, l'épaisseur et l'agencement des couches de
nacres. Quatre catégories classent ces deux critères :
Qualité A : perle sans défaut de qualité
réfléchissante exceptionnelle.
Qualité B : quelques défauts sur moins d'un tiers de la
surface.
Qualité C et D : imperfections largement visibles, objet
mat.
La labellisation.
Selon les termes retenus et approuvés en juin 1998
par l'Assemblée de Polynésie, une délibération a fixé
les termes d'une Appellation d'Origine. La perle noire de
Polynésie est devenue officiellement "la perle de
culture de Tahiti" tout comme le keshi, le mabe et la
nacre.
Conséquence, tous les produits perliers admis à
l'appellation doivent provenir de Polynésie française
tout comme les opérations de collectage, d'élevage et de
greffe. Les perles qui ne présentent pas sur au moins 80%
de la surface du nucléus, des couches de nacres sont
qualifiées de rebuts interdits à l'exportation à
l'exemple des perles de calcite et des perles organiques
qui alimentent un marché frauduleux.
A terme notent les conseillers de l'Assemblée,
"l'établissement de prix de référence par
catégories de perles apparaît comme un objectif
raisonnable".
La nouvelle définition du négociant en perles de
Tahiti.
Selon les termes de la définition, est
"négociant en perles de culture de Tahiti"
toute personne physique ou morale, qui intervient dans une
opération " d'achat en gros ou demi-gros en vue de
la revente à des clients l'utilisant dans l'exercice de
leur profession". Ces personnes doivent détenir
depuis le 1er janvier 1999, une "carte de
négociant". Elle s'obtient selon certaines
contraintes : avoir son domicile en Polynésie, justifier
d'une aptitude professionnelle et présenter des garanties
(caution financière, assurance).
Le fait d'avoir exercé depuis moins de deux ans des fonctions administratives en "rapports étroits avec
le négoce de la perle" interdit toute candidature.
La carte est valable deux ans et renouvelable de
plein droit après examen des aptitudes. Des peines
d'amende sont prévues par la loi en cas d'infraction.
Face au succès rencontré par la profession, des sessions
périodiques se déroulent depuis cette année 2000.
Conclusion :
L'ensemble de ces mesures commerciales s'intègre dans
les perspectives d'organisation souhaitées par le négoce
mondial.
L'Organisation mondiale de la perle (WPO) avait dès
1994, recommandé à l'ensemble des pays producteurs de
prendre des précautions en particulier sur les
réglementations du commerce de gros. Elle insistait en 1997
au siège à Tokyo, sur la nécessité d'une charte de
classification.
Cette structuration du commerce de la perle en Polynésie sert
localement, à créer un réseau de professionnels, capables
de satisfaire une demande plus segmentée et de favoriser
ainsi, la croissance des emplois sur le Territoire. |
Références citées :
Service des Ressources Marines. (1991-1996)
Bulletin du secteur de la mer, Ministère de la mer, Polynésie
française.
Mathieu B. (1998) Mémoire de
maîtrise:"La perliculture peut-elle constituer un moteur de
développement en Polynésie française".
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