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La
période de 1990-91 correspondant au début de la décroissance
progressive de la valeur des perles évoque aussi comme le
montrent les graphiques précédents, le démarrage de
l’expansion de l’activité.
Cet
engouement pour l’exploitation perlière, a permis à
des centaines de familles « de se lancer »
dans ce nouveau métier. Le vocabulaire volontairement
approximatif semble tout à fait approprié pour évoquer
les conditions dans lesquelles les nouveaux fermiers se
sont engagés dans cette voie.
Dans
ce contexte, les méthodes, les connaissances et les
moyens sont restés pour 90% des exploitants,
insuffisants, empiriques et très dommageables, pour une
activité qui demande avant tout de la rigueur et de la
patience.
Il s’en suit un afflux de produits de qualité moyenne
ou médiocre à l’exemple des perles issues des huîtres
non suivies ou nettoyées irrégulièrement, ou encore des
perles immatures dont on a raccourci le temps passé en élevage.
De
plus, cette mauvaise qualité des perles n’a pas en
1990-92 été suivi, d’une véritable organisation des
ventes qui aurait pu peut-être maintenir, à défaut
contenir, la baisse générale du prix de vente au gramme.
Une étude réalisée en 1997 par différents Groupements
d’Intérêt Général (G.I.E), a montré que dans ces
années-là (de 1990 à 1994), 85% des micro-entreprises
lancées dans la perliculture, ont écoulé, leurs premières
récoltes de perles, localement à des négociants itinérants.
Ces négociants dont le but est d’éviter la
participation des grossistes, obtiennent les meilleurs
prix, lorsqu’ils ne sont pas sacrifiés, sous
l’attrait suscité par les techniques commerciales de
ces marchands qui n’hésitent pas à acheter comptant
les productions qui ont nécessité deux ans de labeurs et
de financements.
Mais
les pertes de valeur des perles, interviennent aussi lors
de conjonctures exceptionnellement défavorables, comme
celle de 1995. Le "retrait" du monopolisant commerce
japonais de la perle, dont la capitale mondiale du négoce,
Kobé est frappée par un séisme en janvier 1995, avant
de sombrer dans un marasme économique (chute du Yen de
13% entre Avril et Septembre), a considérablement dévalorisé
les ventes. Une crise qui s'est d'ailleurs étendue à
l'ensemble des pays émergents d'Asie du Sud-Est dont
Singapour, les Philippines,..., qui sont des clients pour
le Territoire.
La Polynésie, qui la même année, est confrontée à une
crise sociale et financière déclenchée par la décision
de reprise des essais nucléaires à Moruroa qui a réduit
l'attrait touristique du Territoire et fragilisé le
commerce de la perle.
L’aventure
perlière qui s’est véritablement épanouie à partir
de 1990, ne s’est pas souciée de réguler, regrouper,
efficacement son commerce lorsque celui-ci semblait très
prospère. Au contraire, ce sont toute une série d’événements,
défavorables, qui ont révélé et aggravé, le processus
d’effondrement de la valeur de vente des perles, observé
depuis 1990.
Malheureusement, les derniers résultats des années 1998
et 1999 n'enrayent pas cette dévalorisation du joyau
polynésien.
Comme le
souligne M. Robert WAN, leader incontesté de la perle de
Tahiti et membre du club des n°1 mondiaux français de
l'export, dans une interview accordée en août 1997 dans
la revue "l'Ostréiculteur Français":
"La perliculture vit encore sa prime jeunesse et
reste très dépendante..."
A ce titre, il faut garder à l'esprit que la très forte
croissance de la production depuis 1992 provoque une pression
naturelle sur les prix. En effet, même si le marché mondial
des perles noires progresse en moyenne de 8% par an, il ne
permet pas parfois d'absorber l'intégralité de la
production notamment celle des perles de médiocre qualité,
très difficiles à vendre et les plus nombreuses. Dans ce
sens, on rejoint le point de vue de M. Robert WAN en
précisant le caractère conjoncturel indéniable, des
dysfonctionnements du secteur perlier en Polynésie par
opposition aux phénomènes structuraux internes.
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