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| La
fabrication des perles
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| Production
et commercialisation des perles
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| L'impact
de développement sur les atolls polynésiens
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Production et
commercialisation des perles
Production perlière
du Territoire
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L’analyse
de la production de produits perliers demeure
difficilement contrôlable. Le secteur informel présent
dans le milieu associé à des pratiques commerciales pas
toujours maîtrisées (présence par exemple, de
négociants itinérants dans les îles) rend très
difficile toute exactitude dans le recensement.
Les
seules sources globalisantes qui peuvent renseigner sur
cette production totale est le Service des Douanes par
lequel transite l’ensemble des transactions et
l'Institut d'Emission d'Outre-mer (IEOM). La production de
perles se mesure donc par la quantité de produits
perliers exportés. Le graphique
n°2 ci-dessous résume le profil productif
commercialisable du secteur perlier depuis les débuts de
l'activité dans les années 70. Malheureusement, aucune
source ne permet à ce jour de renseigner sur la
production totale de perles par atoll.
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Pendant
les quinze premières années, véritablement jusqu’en
1992, le secteur n’excède pas une production
supérieure à 1 tonne. Cette période correspond aux
différentes phases successives du développement de l’activité.
Les expérimentations des années 70-80 ont couronné les
premiers investisseurs, "perliculteurs" à
partir des années 1990-92 où démarre une croissance
sans précédent.
En effet sur une période de six ans, de 1993 à 1998,
la production est passée d’une à 6 tonnes, ce qui
correspond en moyenne à une augmentation d’une tonne
par an.
Et si certains voyaient depuis 1996 les limites
productives et exportatrices du secteur, l'année 1999 a
montré les capacités économiques d'une industrie
nouvelle. Entre 1998 et 1999, le volume total
d'exportation de perles brutes est passé de 6,1 tonnes à
8,6 soit une augmentation de 40%.
Par ailleurs, la mise en place en juillet 1999 d'un
nouveau système de déclaration en douanes, (baptisé
SOFIX) qui taxe les ouvrages en perles (colliers,...) a eu
pour conséquence dans les six premiers mois de l'année,
un accroissement des exportations de ces produits. Pour
preuve, en 1998, 500 kilogrammes d'ouvrages ont été
exportés contre 2,4 tonnes en 1999 de janvier à juillet.
Toutefois, selon Martin Coeroli directeur du GIE
"Perle de Tahiti" qui oeuvre pour l'organisation
et la promotion internationale du commerce de la perle
noire, des doutes subsistent pour les chiffres avancés
concernant le volume de produits perliers, compte tenu de
ces bouleversements dans l'analyse des données
statistiques.
A l'exception de cette année 1999, le produit de
classification "perles de culture brutes"
représente 97% des exportations. Les trois pour cent reviennent aux produits dérivés
keshi, mabe.
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Que représente cette production dans le monde de la
perle de culture?
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Longtemps monopolisée par le Japon, la perliculture
entame depuis à peine
dix ans, une diversification
sectorielle mondiale. Cette redistribution est
assurée
principalement par quatre nouveaux centres :
- L’Australie nouvellement dégagée de la dépendance
technique japonaise et productrice de Perles Blanches
« White South Sea Pearls ».
- La Chine dont la production de Perles Blanches
« Akoya » commence à être importante.
- Les nouveaux venus tels que les Philippines, l’Indonésie
et la Thaïlande petits producteurs de Perles Noires
« Black South Sea Pearls ».
- La Polynésie dont les exportations de Perles
Noires ont été multipliées par plus de 40 en dix ans.
La Polynésie française est de loin le premier
producteur de Perles Noires « South Sea »
(c’est-à-dire issue de la culture de Pinctada
margaritifera ) avec plus de 90% de la production mondiale.
Rapportée à l’ensemble de la production perlière
toutes variétés confondues, cela représente 25% du
marché mondial de la perle.
Les derniers résultats de l'année 1999 ont permis à la
Polynésie française de conquérir le statut enviable de
premier exportateur mondial en valeur de perles de
culture, devant l'Australie.
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La commercialisation des perles : l'euphorie
des ventes.
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A l'instar de
la production, le commerce des perles, montre le même profil
de croissance pour le marché des ventes.
Exprimés
en millions de francs pacifique (1 Franc CFP = 0,055 FF),
les statistiques sont fournies par le Service des Douanes
qui recense l’ensemble de la vente des produits perliers
depuis son commencement en 1972, jusqu’en 1999. Le graphique
n°3 présente
deux variables, la valeur totale de vente du secteur par
année sur l ‘axe des ordonnées de gauche et le prix
de vente moyen du gramme de perle sur l’axe de droite.
L'analyse du graphique laisse apparaître différentes
périodes de développement commercial du secteur.
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De 1972 à
1980 :
Cette
période correspond aux prémices du développement de la
commercialisation du secteur perlier en Polynésie. L’ensemble
du Territoire ne recense que quelques fermiers qui
exercent un travail (sur la Pinctada margaritifera)
pratiquement inconnu. Cette méconnaissance du produit ne
facilite pas la vente. Cet état de faits, se retrouve sur
la représentation graphique des ventes, dont on observe l’allure
en dents de scie et simultanément les faibles valeurs de
vente globales (courbe en rouge). On relève une allure
générale croissante puisque de 336 000 CFP de produits
perliers vendus en 1972, le marché passe à 101 875 220
CFP en 1981.
La courbe du prix moyen du gramme (en bleue) reproduit ce
schéma et le caractère approximatif du marché. Ainsi,
en 1974 le prix moyen de vente du gramme atteint 3454 CFP
contre 570 CFP l’année d’après, en 1975.
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De 1981 à
1985 :
Sur cette
période de quatre ans, les prémices d’un
développement font place à un véritable démarrage de l’activité.
La valeur de vente des produits perliers est multipliée
par 2,5 tandis que le prix moyen est multiplié par 1,5.
L’année 1984 est marquée par une baisse générale des
ventes et du prix moyen, due principalement aux
conséquences de deux cyclones qui ont provoqué de gros
dégâts dans les fermes en 1983 aux Tuamotu.
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L'année
1986 :
L’année
1986 est appelée par les perliculteurs, « l’année
faste ». En effet, malgré une baisse importante du
volume des exportations due à l’épidémie qui s’est
propagée en 1985, on constate une très forte croissance
du prix moyen de vente au gramme. En augmentation de 42%
en 1986 par rapport à 1985, le marché bénéficie d’une
conjoncture internationale dans le monde de la perliculture
favorable, qui crée un déséquilibre entre une demande
forte et une offre faible.
Le prix de vente au gramme atteint le seuil encore
inégalé aujourd’hui, de 9584 CFP.
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De
1987 à 1994:
La valeur
globale de la vente des produits perliers augmente
considérablement surtout à partir de 1992 où le chiffre
croît de 4252 millions de CFP à 11 907 millions en 1994.
Ce processus est corrélatif à la très forte production
perlière, dont profite le marché suite aux progrès
accomplis dans le secteur. Par contre, le prix moyen par
gramme accuse une chute globale de 23%. L’ensemble de
cette période (1991-1994), avec cette très forte
croissance des ventes, correspond
véritablement à l’ouverture du secteur de la
Perle Noire de Tahiti. Pour autant, la reconnaissance
commerciale n’est pas totalement suivie d’une
« politique de qualité » par l'ensemble des
acteurs.
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L'année
1995 :
Il s’agit d’une année
« noire » pour le monde de la perliculture,
dont le Japon, principal acheteur, est victime d’une
crise socio-économique aggravée par le séisme qui
touche durement les négociants internationaux de la perle, basés à Kobé.
De surcroît, en Polynésie française, l’agitation qui
suit la reprise des essais
nucléaires à Moruroa créent un climat commercial et
promotionnel défavorable « à l’image
naturelle » véhiculée par les paysages
polynésiens et la culture des perles.
Le cours du gramme atteint son niveau le plus bas jamais
égalé de 2187 CFP. Tandis que l’ensemble des ventes
baissent de 19,5% par rapport à 1994.
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De 1996 à
1998:
L’année 1996 par réaction à la déroute commerciale
de 1995, est marquée par une reprise très forte des
ventes (plus 66%) avant de montrer sur la courbe (en
rouge, sur le graphique n°5) une certaine stabilisation
de 1996 à 1998. Par contre, le prix moyen du gramme
augmente peu, compte tenu de la chute dont il a été
victime en 1995. L’allure générale de la courbe
présente donc, une stabilité inquiétante, puisque de
1995 (« l’année noire ») à 1998, la
croissance du prix du gramme ne croît que de 15% pour
atteindre 2530 CFP.
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L'année
1999 :
La pérennité des deux années précédentes est
largement démentie en 1999 avec une augmentation de 50,4%
du chiffre d'affaires à l'exportation des perles.
Soustraction faite des ouvrages en perles qui viennent
perturber les comparaisons statistiques, le chiffre croît
de 32% de 14,4 à 19 milliards CFP. Le prix au gramme des
perles brutes a, au contraire, connu une certaine stabilité
avec 2400 CFP. La comptabilité des ouvrages en perles a
rabaissé cette moyenne de vente à un record historique
de 2037 CFP, avec l'exportation par certains négociants
qui voulaient contourner la taxe, de colliers de
circonstance.
Résumé :
L’analyse de la vente a fourni deux éléments d’interprétation;
Corrélativement à l’augmentation de la production, les
ventes de produits perliers se sont considérablement
accrues depuis 1990. Malheureusement, cette croissance des
ventes n’a pas été suivi d’une organisation
commerciale efficace. Ainsi, la Perle Noire de Tahiti, dont
la simple évocation rappelle qu’elle appartient à la
haute joaillerie, n’en finit pas de perdre de sa valeur.
Ces défaillances constituent un véritable frein contre
les facultés économiques motrices du secteur, entretenu
pourtant par une croissance puissante.
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Références citées :
Service des Ressources Marines. (1991-1996)
Bulletin du secteur de la mer, Ministère de la mer, Polynésie
française.
Mathieu B. (1998) Mémoire de
maîtrise:"La perliculture peut-elle constituer un moteur de
développement en Polynésie française".
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