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La contribution perlière dans l'économie polynésienne
Par Benjamin Mathieu


La perliculture : premier secteur d'exportation du Territoire.

Le graphique n° 8 résume la contribution du secteur perlier dans les exportations et les ressources propres du Territoire (documentation obtenue auprès de Gilles Blanchet, IRD, Action de recherche n° 1, PGRN 2). 




Les ressources internes comprennent le tourisme, les exportations dont le secteur perlier et les pensions et retraites qui ne figurent pas sur ce graphique.
Les ressources propres du Territoire augmentent considérablement depuis 1992 puisqu'elles ont plus que doublée en cinq ans. Le secteur perlier s'octroie la croissance la plus forte sur l'ensemble de la période puisque les gains ont été multiplié par 5.8 contre 2.5 pour le tourisme qui demeure de loin la première source de revenus pour le Territoire.
Dernière remarque, la perle noire est le premier secteur d'exportation surtout depuis 1992 comme le montre la superposition des courbes. En moyenne, sur la période 1992 à 1998, l'activité perlière représente 90% des exportations en valeur avec 14.65 milliards de Fr. CFP de gains contre 0.4 milliards pour la deuxième activité le coprah.

Ce succès commercial de la perle noire permet l'amorce d'un rééquilibrage de la balance des paiements comme le montre le graphique n° 9.
Le taux de recouvrement réel des importations demeure faible compte tenu du contexte économique particulier du Territoire depuis l'introduction des subventions militaires et le développement spectaculaire de Tahiti. Pour autant, ce pourcentage apparaît dangereusement bas jusqu'en 1992, où il ne dépasse pas 7%.
A partir de 1993, le taux de recouvrement augmente pour passer dès 1993 à 12% puis jusqu'à 18% en 1996. Cette période correspond au décollage économique du secteur perlier. Cependant même si le déficit régresse, le rééquilibrage est loin d'être atteint puisqu'en 1997 il manquait 75 milliards de Fr. CFP. 


La perliculture : une activité génératrice d'emplois.

Le recensement des emplois issus de l'activité perlière est très difficile à obtenir précisément, d'une part parce que dans les statistiques fournies par le Territoire, aucune subdivision catégorielle relative à la perliculture n'a été créée. Le comptage est regroupé au sein de la définition socioprofessionnelle des "Agriculteurs Exploitants" qui comporte l'agriculture, la pêche et la perliculture.
D'autre part, lors d'un entretien auprès de la Caisse de Prévoyance Sociale (CPS), il est indiqué que dans le secteur de la perle le non-salariat est fortement développé. Pour preuve la CPS qui publie chaque année un guide économique du Territoire, indique qu'en 1996, la perliculture occupe 1 000 salariés, quatre cent de plus qu'en 1994, un chiffre qui doit être multiplié par quatre ou cinq avec le non-salariat, précise t-il.

Lorsqu'on s'intéresse aux catégories socioprofessionnelles, on observe cette progression :

Catégories
Socioprofessionnelles

Taux de variation
entre 1988 et 1983

Taux de variation
entre 1996 et 1988

Agriculteurs Exploitants

- 14,8%

+ 36,6%

Total population
active occupée

+ 10,6%

+ 16,5%

  Source : ITSTAT

La ligne du total (donnée de cadrage) fournit donc la progression de l'ensemble de la population active occupée entre les recensements à partir de la moyenne de toutes les catégories socioprofessionnelles.
Entre 1983 et 1988, la catégorie Agriculteurs Exploitants perd près de 15% de ses effectifs dont beaucoup se tournent vers les emplois crées par le secondaire, notamment le bâtiment en pleine expansion à cette période et le tertiaire administratif plus rémunérateur.
A contrario, le taux de variation entre 1996 et 1988 progresse de 36,6% soit 20,1% de plus que la moyenne totale de tous les actifs occupés. Longtemps dénigrée, la catégorie Agriculteurs Exploitants se positionne au second rang juste derrière la catégorie Cadres et devant celle des Ouvriers.
Cette croissance soudaine est directement liée à l'essor du secteur perlier à partir des années 1990 qui représente, selon les estimations de l'Institut Territorial de la Statistique (ITSTAT), 70 à 80% des effectifs de la catégorie Agriculteurs, à compter de cette date.

La répartition des emplois perliers dans les atolls.

Les statistiques sont fournies par le Service des ressources marines (mars 1999) et recueillies dans le cadre du Programme de Recherche sur le Nacre phase 2 par Gilles Blanchet, IRD.

rsperca2.gif (9790 octets)

Cette carte renseigne sur les gains "directs" d'emplois générés par l'activité perlière. Elle met par ailleurs en évidence, le dynamisme du secteur géographique des Tuamotu de l'Ouest avec des atolls comme Ahe, Kauehi et Arutua.
L'impact économique de ces travailleurs est considérable dans ces atolls en mono-activité, comme Ahe qui sur 188 actifs occupés recensés en 1996, compte 141 exploitants perliers.
La qualification des métiers issus de l'activité perlière, plongeur, greffeurs techniciens, fermiers, ..., permet d'obtenir en dépit de fortes fluctuations, un revenu moyen mensuel nettement supérieur au salaire minimum. Pour exemple, en 1996 la CPS enregistre une différence de 48 000 Fr. CFP entre le SMIG et le salaire moyen mensuel des actifs de la perliculture.
Pour autant la masse salariale des perliculteurs montre une trop grande hétérogénéité dans la grille de salaires suivant la qualification et la "prospérité" du marché. Les différents GIE ont crée des versements fixes, strictement vitaux qui ne permettent pas encore, d'apercevoir pleinement les retombées économiques et sociales espérées par cette croissance industrielle du secteur perlier.

Références citées :

Blanchet G. (2000) "Place et rôle des activités nacrières et perlières dans l'économie et la société locales" (PGRN 2, Action de recherche N° 1 "Etude socio-économique de la perliculture en Polynésie française").

Service des douanes, Détails des exportations de produits perliers, Années 1997 à 1999.

Mathieu B. (1998) Mémoire de maîtrise:"La perliculture peut-elle constituer un moteur de développement en Polynésie française".

mise à jour : 10/07/2008

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