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Les
engins de pêche
Les poissons des récifs coralliens
sont exploités depuis toujours pour l’auto consommation et
depuis peu pour la commercialisation. La structure très perturbée
et la dispersion des sites récifaux favorisent le développement
de petites pêcheries familiales ou communautaires. Les poissons
sont capturés par des parcs à poissons dans tous les atolls de
Polynésie.
Ces parcs à poissons, autrefois
construits avec des matériaux trouvés sur place (coraux, bois,
feuilles de cocotiers tressées) sont aujourd’hui confectionnés
avec des matériaux modernes (poteaux en fer, grillage) et
peuvent ainsi atteindre 5 m de haut et plusieurs dizaines de mètres
de long. Ils comprennent une zone de capture et plusieurs
chambres de stockage dans lesquelles les poissons sont chassés
par les pêcheurs.
Les parcs à poissons sont placés
dans les zones de passage des poissons, essentiellement les hoas
et les passes mais aussi sur les platiers.
Les
espèces capturées
De nombreuses espèces sont capturées.
A Tikehau on a ainsi recensé dans les parcs de la passe plus de 100 espèces
dont seulement une cinquantaine sont commercialisés. La composition spécifique
des prises est fonction de l’emplacement des parcs à poissons : dans
les passes ou chenaux, sur les pinacles ou sur les platiers. Dans la passe de
Tikehau les carnivores représentent 87% des captures en poids, les herbivores
et omnivores 6 à 7 %. Dans les parcs localisés sur les platiers les
herbivores et les omnivores sont dominants.
| Ci-contre un graphique
représentant la composition trophique des captures
à Tikehau en % pour les quatre années juillet 1983 à juin 1987 |
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La production mensuelle moyenne des 10 principales espèces
capturées à Tikehau entre juillet 1983 et juin 1987 est synthétisée dans un tableau.
La
commercialisation
La commercialisation des poissons
intéresse essentiellement les marchés des grandes îles les plus proches et
les plus peuplées. Les poissons sont capturés lorsque le bateau arrive.
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A
terre ils sont liés entre eux avec de la ficelle par paquets de
trois kilogrammes environ par les hommes et les femmes. |
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Toutes les espèces sont
vendues au même prix moyen décidé par accord entre le producteur et
l'acheteur, mis à part les petits pélagiques qui sont vendus moins chers. |

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A
titre indicatif, le prix moyen de trois kg de poissons était de 250 FCP à la
fin des années 80 (2,10 € le paquet, soit 0.70 € le kg). |
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Enfin
les paquets sont chargés sur le bateau et mis en glace.
Dès que les parcs sont
vides, après un ou deux jours, le bateau chargé repart sur Tahiti. Des expéditions
se font également par avion. |
La gestion
La gestion de ces pêcheries
n’est pas aisée car les parcs à poissons capturent de nombreuses espèces
dont les tailles à la première reproduction sont très variables. L’impact
des parcs à poissons sur les stocks varie donc selon les espèces et une
gestion globale semble plus appropriée qu’une gestion espèce par espèce.
Les résultats des études de dynamique des populations sont très sensibles
aux paramètres de la croissance et de la mortalité naturelle, difficile à
estimer précisément pour les poissons tropicaux.
Il apparaît cependant que la
plupart des individus capturés le soient lors de leurs migrations pour la
reproduction. La saisonnalité marquée des captures, et les études relatives
à la taille à la première reproduction le confirment. Les parcs à poissons
localisés dans la passe ne ciblent pas les classes d'âges juvéniles, même
s'il arrive que certains soient capturés. Ainsi, en épargnant les juvéniles,
on préserve le potentiel de reproduction du stock. |