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La pêche dans les atolls?
Entre économie de subsistance et développement artisanal, l'avenir de la pêche?
Une étude de cas : la gestion des pêcheries de Tikehau

Définition et analyse de la pêche dans les atolls 

Par Benjamin Mathieu

 

La pêche dans les atolls se résume d'un point de vue technique à deux pratiques:
La pêche côtière formalisée ou pas et la pêche lagonaire traditionnelle, artisanale et de type familial, la plus pratiquée.

Techniques et natures des prises

La pêche côtière est pratiquée avec une flottille de poti marara, pirogues motorisées et très minoritairement de bonitiers (notamment à Kaukura) dans l'archipel des Tuamotu-Gambier. Ce type de pêche est localisé dans seulement quelques atolls et se pratique couramment de manière informelle sur des bateaux non licenciés. Le poti marara est un bateau traditionnel en Polynésie, de 4 à 7 mètres à l'origine en bois équipé d'un moteur hors bord mais le plus souvent en polyester avec un moteur diesel "inboard". Leur forme les destine à la pêche de poissons volants les "marara" à l'épuisette depuis le poste de navigation placé très haut à l'avant du bateau. Aujourd'hui, le poti marara est polyvalent; il pratique la pêche côtière (pêche au harpon du mahi mahi, à la traîne, à la ligne de fond et même à la canne).
La très faible production est exclusivement tournée vers la satisfaction du marché intérieur. L'autoconsommation et le troc demeurent essentiels, et seule une faible part des quantités capturées est écoulée sur des marchés réguliers (marchés municipaux de Papeete). Les prises se limitent au thon jaune, bonite, coryphènes, espadon...


 

En revanche, la pêche lagonaire est très développée dans les atolls. Elle constitue tout comme la pêche côtière, un apport alimentaire incontournable pour les habitants et permet l'organisation de micro marché au sein des atolls les plus peuplés, sous forme de troc ou de vente en bord de route, aux restaurateurs et petits hôteliers.
Axée sur les poissons du lagon ou du récif corallien (perroquets, chirurgiens, carangues (vidéo)...), cette pêche artisanale utilise plusieurs techniques comme les filets, les lignes, fusils (vidéo), cages, nasses, patia..., avec une prédominance dans les systèmes d'atolls du parc à poissons.
La technique consiste à emprisonner les poissons dans des chambres grillagées. Le poisson s'engouffre dans ces espaces qui deviennent plus petits au fur et à mesure de sa progression, de sorte que l'ouverture des chambres se rétrécit et empêche celui-ci de sortir (photographie).
Le parc à poissons présente l'avantage de conserver les prises vivantes à moindre frais, en attendant selon la demande, l'acheminement par avion ou goélette vers Papeete. De plus, la technique s'avère très efficace dans la topographie des atolls soumis à de forts courants marins. C'est pourquoi on les retrouve essentiellement à proximité des passes entre les échanges d'eaux lagonaires et océaniques. Le parc à poissons nécessite peu d'équipements. Il peut être réalisé en pierres dans les zones à faible profondeur ou bien en grillages maintenus par des pieux le plus souvent en bois, enfoncés dans le sable (photographie).
Sur les 533 concessions maritimes attribuées depuis 1970 pour la réalisation de parcs à poissons, 471 concernent des résidents des Tuamotu. Ces chiffres doivent être retenus comme valeur indicative puisque un certain nombre de titulaires d'une autorisation, n'installent pas leur parcs.

 

 

Références citées :

- sur les parcs à poissons :

BLANCHET (G.), CAILLAUD (L.), PAOAAFAITE (J.), 1985. un aspect de la pêche artisanale en Polynésie française : les pièges à poissons de Tikehau. Centre ORSTOM de Tahiti, Notes et Documents d'Océanographie no 25, 116p.

BLANCHET (G.), 1985. Socio-economic study of small-scale fishing in the atoll of Tikehau. 5ème congrès international sur les récifs coralliens. Tahiti,  Proceedings,Volume 5, pp.583-587

- sur les poti-marara :

BLANCHET (G.), BOREL (G.), PAOAAFAITE (J.), 1987. Petite construction navale et pêche artisanale en Polynésie française. Centre ORSTOM de Tahiti, notes et documents d'océanographie no 34, 100p

BLANCHET (G.), BOREL (G.), 1988. The 'Poti Marara' or the success of a small fishing-boat fitted to needs. in : World Symposium on Fishing Gear and Fishing Vessel Design, St John's Newfoundland Proceedings, pp.244-247

SRM - Bulletin du secteur de la mer 1994, 1995, 1996.

ITSTAT (1998), "Tableaux de l'Economie Polynésienne" chapitre 13 Pêche.

Service des douanes.

mise à jour : 10/07/2008

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