Définition
et analyse de la pêche dans les atolls
La pêche dans les atolls se
résume d'un point de vue technique à deux pratiques:
La pêche côtière formalisée ou pas et la pêche lagonaire
traditionnelle, artisanale et de type familial, la plus
pratiquée.
Techniques
et natures des prises
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La pêche côtière est pratiquée avec
une flottille de poti marara, pirogues
motorisées et très minoritairement de bonitiers (notamment
à Kaukura) dans l'archipel des Tuamotu-Gambier. Ce type de
pêche est localisé dans seulement quelques
atolls et se pratique couramment de manière
informelle sur des bateaux non licenciés. Le
poti marara est un bateau traditionnel en
Polynésie, de 4 à 7 mètres à l'origine en bois
équipé d'un moteur hors bord mais le plus souvent
en polyester avec un moteur diesel "inboard".
Leur forme les destine à la pêche de poissons
volants les "marara" à l'épuisette
depuis le poste de navigation placé très haut à
l'avant du bateau. Aujourd'hui, le poti marara est
polyvalent; il pratique la pêche côtière (pêche
au harpon du mahi mahi, à la traîne, à la ligne de
fond et même à la canne).
La très faible production est exclusivement tournée vers la
satisfaction du marché intérieur.
L'autoconsommation et le troc demeurent
essentiels, et seule une faible part des
quantités capturées est écoulée sur des
marchés réguliers (marchés municipaux de
Papeete). Les prises se limitent au thon jaune,
bonite, coryphènes, espadon...
En
revanche, la pêche lagonaire
est très développée dans les atolls. Elle
constitue tout comme la pêche côtière, un
apport alimentaire incontournable pour les
habitants et permet l'organisation de micro
marché au sein des atolls les plus peuplés,
sous forme de troc ou de vente en bord de route,
aux restaurateurs et petits hôteliers.
Axée sur les poissons du lagon ou du récif
corallien (perroquets, chirurgiens, carangues
(vidéo)...),
cette pêche artisanale utilise plusieurs
techniques comme les filets, les lignes, fusils
(vidéo),
cages, nasses, patia..., avec une prédominance dans
les systèmes d'atolls du parc à poissons.
La technique consiste à emprisonner les
poissons dans des chambres grillagées. Le
poisson s'engouffre dans ces espaces qui
deviennent plus petits au fur et à
mesure de sa progression, de sorte que
l'ouverture des chambres se rétrécit et
empêche celui-ci de sortir (photographie).
Le parc à poissons présente l'avantage de
conserver les prises vivantes à moindre frais,
en attendant selon la demande, l'acheminement par avion ou
goélette vers Papeete. De plus, la technique
s'avère très efficace dans la topographie des
atolls soumis à de forts courants marins. C'est
pourquoi on les retrouve essentiellement à
proximité des passes entre les échanges d'eaux lagonaires
et océaniques. Le parc à poissons nécessite
peu d'équipements. Il peut être réalisé en
pierres dans les zones à faible profondeur ou
bien en grillages maintenus par des pieux le
plus souvent en bois, enfoncés dans le sable (photographie).
Sur les 533 concessions maritimes attribuées depuis
1970 pour la réalisation de parcs à poissons, 471
concernent des résidents des Tuamotu. Ces chiffres
doivent être retenus comme valeur indicative
puisque un certain nombre de titulaires d'une
autorisation, n'installent pas leur parcs.
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Références citées :
- sur les parcs à poissons
:
BLANCHET (G.), CAILLAUD (L.),
PAOAAFAITE (J.), 1985. un aspect de la pêche artisanale en
Polynésie française : les pièges à poissons de Tikehau.
Centre ORSTOM de Tahiti, Notes et Documents d'Océanographie
no 25, 116p.
BLANCHET (G.), 1985. Socio-economic study of small-scale
fishing in the atoll of Tikehau. 5ème congrès international
sur les récifs coralliens. Tahiti, Proceedings,Volume
5, pp.583-587
- sur les poti-marara :
BLANCHET (G.), BOREL (G.), PAOAAFAITE (J.), 1987. Petite
construction navale et pêche artisanale en Polynésie
française. Centre ORSTOM de Tahiti, notes et documents
d'océanographie no 34, 100p
BLANCHET (G.), BOREL (G.), 1988. The 'Poti Marara' or the
success of a small fishing-boat fitted to needs. in : World
Symposium on Fishing Gear and Fishing Vessel Design, St John's
Newfoundland Proceedings, pp.244-247
SRM - Bulletin du secteur de
la mer 1994, 1995, 1996.
ITSTAT (1998),
"Tableaux de l'Economie Polynésienne" chapitre 13
Pêche.
Service des
douanes.
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