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Les
ventes de poissons lagonaires ou de récifs, unique
production commercialisée dans les atolls, sont
organisées en Polynésie autour de deux marchés,
Papeete qui représente 70% du tonnage et Pirae, sur
l'île de Tahiti.
Sur le marché de Papeete, les poissons lagonaires
représentent 54% des ventes, loin devant la bonite
22% et les thons 11,5% en 1996.
La répartition du tonnage en fonction du secteur
géographique de provenance du poisson toutes
espèces confondues, met en évidence les capacités
productives des atolls des Tuamotu qui détiennent
42,6% du total. Lorsqu'on considère uniquement les
poissons de lagons, les atolls produisent pour cette
catégorie, 90% des ventes du marché de Papeete.
En terme monétaire, ceci signifie pour l'année
1996, un montant estimé à 340 800 Fr. CFP.
Cependant en tonnage, la production toutes espèces
confondues ne cesse de diminuer puisqu'elle est
passée de 1 952 tonnes en 1990 à 1 189 tonnes en
1996. Cette baisse provient exclusivement des
poissons de lagon et des bonites, dont les ventes on
été divisées par deux durant cette période.
En revanche, les quantités de thons et autres
espèces hauturières (mahi mahi principalement)
commercialisées sur ces marchés municipaux, sont
en augmentation.
Alors
que la pêche lagonaire constitue plutôt une
alternative au chômage ou à l'inactivité à
Tahiti et Moorea, elle intervient souvent en
complément d'une autre activité dans les atolls (coprahculture,
perliculture et tourisme).
L'objectif
du Gouvernement de Polynésie est d'assurer une
assistance à la pêche traditionnelle, lagonaire et
côtière, conscient à l'exemple du coprah, du
rôle économique et social joué par cette
activité
dans les atolls.
Le lancement d'une étude de la filière pêche en
Polynésie française devrait estimer le potentiel
commercial du secteur dans l'archipel des
Tuamotu-Gambier.
Pour
autant, le développement de ce secteur semble se
heurter à la concurrence croissante de la pêche
hauturière industrielle dont les navires
palangriers, thoniers et bonitiers sont plus
rentables et bénéficient de nombreuses exonérations,
détaxation des carburants et des équipements.
Depuis 1995 un Marché d'Intérêt Territorial (MIT)
a permis la mise en place d'un réseau commercial
fiable, ceci afin de régulariser les prix et
d'offrir à la clientèle des produits de meilleure
qualité. Ce marché concerne uniquement les pêches
hauturières notamment celle du thon.
Les prises sont destinées à l'exportation vers
l'étranger pour assurer le développement autonome
des ressources du Territoire et contrecarrer les
dépenses issues des importations. En effet, malgré la
richesse marine de la Polynésie, le Territoire
importe environ 100 à 150 tonnes par an de poissons,
souvent des "variétés de luxe"
(saumons,...) inexistantes dans ces eaux. En
l'absence d'industrie de transformation des produits
de la pêche sur le Territoire, les importations de
préparations et conserves de poissons sont encore
plus élevées pour atteindre 378 millions de Fr.
CFP en 1996 soit 1 560 tonnes.
Quelles alternatives pour le secteur de la pêche
dans les atolls?
Les atolls peuvent, avec le développement certes
timide de nouvelles zones comme les Tuamotu Est et
Nord-Est, tenter à l'échelle du Territoire une
spécialisation sur la pêche lagonaire par
opposition au marché hauturier. Cette distinction
qualitative des captures, éviterait toute
concurrence, l'un étant voué au marché
intérieur, l'autre à l'exportation internationale.
Les atolls bénéficient pour cela de l'immense
potentiel d'exploitation de ses 72 îles et d'un
marché fort d'une population supérieure à 200 000
habitants en pleine croissance. Cette perspective
techniquement moins coûteuse permettrait de se
réaliser à court terme.
Par ailleurs, l'archipel des Tuamotu-Gambier peut
envisager de manière complémentaire, le
développement d'une pêche côtière voire
hauturière autour de ports équipés comme celui de
Rangiroa aux Tuamotu Ouest, Hao aux Tuamotu Centre.
Le secteur profiterait de l'établissement de bases
arrières à proximité de nouvelles zones de pêche
contribuant ainsi à accroître la production et à
uniformiser l'exploitation de son immense ZEE
jusqu'alors dans cette partie, délaissée aux
navires coréens.
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