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Utilisation et production du coprah
La coprahculture, dynamiques et avenir?

L'avenir du coprah dans les atolls

Par Benjamin Mathieu

 


L'enjeu du coprah dans les atolls

  • Cette culture traditionnelle du coprah occupe une place tout à fait particulière dans l'économie des atolls. Ceux-ci concentrent plus de la moitié de la production totale et cette proportion semble augmenter avec la baisse générale de l'activité. Ainsi, en 1998 les Tuamotu-Gambier représentent 63% de celle-ci et en 1999 73%.
    L'ancienneté de l'activité par opposition au secteur perlier et touristique, la désigne bien souvent, encore de nos jours dans de nombreux atolls, comme la seule source de revenus monétaires. Pour le Territoire, l'activité participe au maintien des populations dans les atolls. Pour ce rôle économique et social, la culture du coprah bénéficie du soutien financier des pouvoirs publics.

  • Les aides et exonérations :
    La culture du coprah bénéficie d'un soutien financier important des pouvoirs publics. Comme le rapporte l'ITSTAT dans les Tableaux de l'Economie Polynésienne: "en 1996 le montant des aides octroyées est quasiment équivalent à la valeur de la production".
    L' "Huilerie de Tahiti" société d'économie mixte, détenue à 51% par le Territoire, est contrainte par convention d'acheter la totalité du coprah qui lui est livré. Elle n'exporte pas de coprah, mais uniquement de l'huile brute et raffinée.
    La politique menée par le Territoire pour maintenir les populations chez eux a conduit en 1967, les autorités à créer la caisse de soutien du prix du coprah afin d'assurer aux producteurs un revenu stable même si les prix d'achat sont bien supérieurs au cours mondial. Le budget 2000 de la caisse et les dépenses prévisionnelles pour le soutien des prix du coprah devrait s'élever à 720 millions de Fr. CFP avec une production de coprah estimée à 9 200 tonnes en année pleine, soit 19% de plus qu'en 1999 où elle s'élevait à 7464 tonnes.
    Une mesure moins directe puisqu'elle ne s'adresse pas uniquement au coprah mais aussi par exemple à la pêche, aquaculture, tourisme, commerce,... mais tout aussi efficace, consiste à subventionner les créateurs d'entreprises via le F.A.D.I.P. ou Fonds d'aménagement et de développement des îles de la Polynésie française, dont le soutien peut atteindre jusqu'à 80% du montant investi. L'ensemble de la Polynésie est couverte à l'exception des îles de Tahiti et Moorea.
    L'objectif majeur est toujours de favoriser le développement des activités économiques, sociales et culturelles des archipels excentrés afin de limiter l'exode des populations.
    En ce qui concerne le coprah, la nature du soutien est une prime versée par kg de coprah récolté et préparé.
    Pour ce qui est de la transformation, le Laboratoire de Cosmétologie du Pacifique Sud, entreprise très active à l'exportation de monoï d'appellation d'origine, a bénéficié de la mesure d'exonération de droits sur les matériaux destinés à la transformation. L'entreprise compte bien avec ces mesures réduire ses coûts de production et être plus compétitive à l'export.

 

 

L'amélioration des dessertes maritimes, un atout supplémentaire: 

L'éclatement géographique de l'Archipel des Tuamotu-Gambier ne facilite pas le développement des atolls. Cependant le trafic maritime entre Tahiti et les îles ne cesse d'augmenter depuis ces dernières années assurant des flux de marchandises mais aussi de passagers plus soutenus.
La carte ci-dessous informe sur la fréquentation maritime des atolls en 1998 à travers la variable nombre de touchées par an. Elle met en évidence le dynamisme de certains atolls dans les échanges avec Tahiti.

 

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80% des îles de l'archipel sont régulièrement desservies par des navires. Le secteur géographique des Tuamotu Ouest est le mieux relié. Cependant une analyse de la croissance des liaisons maritimes dans l'Archipel entre 1997 et 1998 montre que les nombres de touchées ont augmenté dans le secteur Tuamotu Centre et Est profitant du regain d'activité de ces atolls et d'une volonté politique de désenclaver cette zone.

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Le Gouvernement de Polynésie souhaite profiter des infrastructures militaires de Hao, pour relancer l'économie dans ce secteur géographique. L'atoll bénéficie pour cela de mesures d'aides exceptionnelles en vue de concrétiser l'aménagement d'une zone franche. Ces mesures sont attribuées sous forme d'exonérations fiscales sur les principaux impôts locaux sur une période moyenne de 10 ans et en aides financières.
Par ailleurs, ces infrastructures pourraient servir de "bases arrières" pour relancer la culture du coprah dans des atolls de la zone à l'exemple de ce qui se fait à Pinaki, ou encore à Vahitahi.

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Références citées :

Service des Transports Maritimes et Aériens, Edition 2000, Les transports maritimes interinsulaires en Polynésie française, Atlas des routes maritimes.

Service Territorial des Transports Interinsulaires, mars 1999, Statistiques maritimes par archipel de 1988 à 1998.

 

mise à jour : 10/07/2008

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