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Diversité morphologique
La Polynésie Française
rassemble 85 des 425 atolls que compte la planète. Soixante dix
sept sont localisés dans l’Archipel des Tuamotu. Ils
présentent une grande diversité morphologique. Leurs surfaces
vont de quelques km2 à plus de 1000 km2,
avec des lagons qui, lorsqu’ils existent, occupent de quelques
pour cent à 92% de ces superficies et dont les profondeurs
maximales vont de 2 à 60 m. Leur degré d’ouverture sur l’océan
est compris entre 0.01 pour les lagons les plus
confinés à 0.59 pour le lagon le plus ouvert. Quarante cinq
atolls ne possèdent pas de passes, mais 10 en ont plusieurs.
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Taiaro, atoll à lagon
confiné : l’eau océanique ne pénètre que par quelques
étroits chenaux (hoas) dans la couronne récifale, et
uniquement en période de forte houle (photo extraite de "Les
atolls des Tuamotu, Bonvallot et al., 1994, ed. ORSTOM) |
| Anuanurunga, atoll à lagon ouvert : la couronne
récifale largement submergée permet des échanges d’eau
intenses entre l’océan et le lagon (Photo : B. Salvat) |

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Mataiva, lagon réticulé par un réseau de
constructions coralliennes de 30 à 300m de largeur qui
délimitent 70 bassins peu profonds d’une superficie moyenne
de 20 ha (photo extraite de "Les atolls des Tuamotu, Bonvallot et
al., 1994, ed. ORSTOM) |
La diversité
morphologique des atolls des Tuamotu a été finement analysée
au moyen de la télédétection satellitaire (Andréfouët,
1998). Une base de données morphométrique sur 49 atolls en
résulte. La figure
suivante, extraite de cette étude, représente à une même
échelle spatiale 14 atolls. Elle illustre l’extrême
diversité des atolls en terme de forme, surface, degré d’ouverture
sur l’océan, importance relative de la couronne et du lagon,
surface des motu, degré de végétalisation, etc.
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Les 14
atolls choisis pour Typatoll : mosaïque d’images
satellitaires SPOT.
En noir : eaux océaniques et
lagonaires ;
bleu : récif submergé ;
blanc : récif émergé ;
rouge : île
végétalisée
(d'après une
image SPOT traitée par S. Andréfouët/Ifremer/Territoire de
Polynésie Française/Université Française du Pacifique)
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Les tentatives de classification
Face à cette diversité des atolls,
apparaît le besoin d'une classification qui permettrait de regrouper
les atolls selon leur propriété et d’extrapoler ce qu’on
connaît de quelques atolls d’un groupe à l’ensemble des
atolls du même groupe.
La classification
des atolls de Salvat (1985) a longtemps fait référence.
Compte tenu de ce que le confinement des eaux constitue le principal facteur
expliquant la diversité et l’abondance en mollusques au sein
des lagons, cette classification a pour critère principal l’ouverture. Une importance majeure est attribuée aux passes. Il
en résulte une classification en " atolls à une
passe ", " atolls à deux
passes ", …Ensuite les critères étaient la
présence / absence de couronne émergée, de hoas, etc…
Morhange a proposé dans l’Atlas
de Polynésie (1993) une autre classification fondée sur la
morphométrie, à l’aide de ratios basés sur 3
critères : surface totale, surface de la couronne et
surface des motu. Morhange sépare a priori les atolls soulevés
(Makatea, Mataiva, Niau, Anaa). Ensuite, sa classification
discrimine essentiellement les atolls par leur taille, sans
faire référence à l’ouverture.
D’autres classifications
ont été proposées par Andréfouët (1998). L’une d’elle
est basée sur la composition des couronnes distinguant les
surfaces végétalisées, le domaine intertidal, les terres
émergées et le domaine immergé et leur exposition (nord, est,
etc…). Une autre est basée sur l’ouverture des couronnes.
Mais l’analyse comparée du fonctionnement des lagons d’atolls
de différents types a montré l’importance simultanée des
paramètres d’ouverture et de taille - superficie et
profondeur des lagons - qui ont tous les deux un impact sur le
renouvellement des eaux. Un troisième paramètre, la position des
hoas, passes et couronne immergée par rapport aux houles
dominantes, relativise l’importance de l’ouverture sur le
renouvellement des eaux lagonaires (pour
en savoir plus).
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Une autre
classification est proposée à partir de ces trois
paramètres mesurés sur les images satellitaires SPOT
des 49 atolls des Tuamotu qui en disposent (Andréfouët,
1998). Elle propose 6 groupes d’atolls pour l’Archipel
des Tuamotu (Fig. 4) : |
Base de données morphométrique
Diversité socio-économique
Le recensement de 1996 estime la
population des Tuamotu à 14 283 résidents. Cette population faible est
inégalement répartie. Les atolls ayant une passe, plus faciles d’accès aux
goélettes sont plus souvent habités. Seuls 31 atolls comptaient en 1996 plus
de 100 habitants et 3 plus de 1000 habitants (Rangiroa, Hao et Mururoa). 33
atolls ne sont pas habités ou ne sont habités qu’épisodiquement.
Références citées
Andréfouët S. (1998). Apport de la
télédétection pour une approche descriptive et fonctionnelle des systèmes
coralliens de Polynésie Française. Thèse Univ. Francaise du Pacifique,
243 p. + annexes.
Salvat B.
(1985). An integrated (geomorphological and economical) classification of
French polynesian atolls. Fifth Int. Coral reef
Congr. Tahiti, vol2 : 337 |