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Diversité des atolls de Polynésie Française

par Philippe Dufour , IRD

 

Diversité morphologique

La Polynésie Française rassemble 85 des 425 atolls que compte la planète. Soixante dix sept sont localisés dans l’Archipel des Tuamotu. Ils présentent une grande diversité morphologique. Leurs surfaces vont de quelques km2 à plus de 1000 km2, avec des lagons qui, lorsqu’ils existent, occupent de quelques pour cent à 92% de ces superficies et dont les profondeurs maximales vont de 2 à 60 m. Leur degré d’ouverture sur l’océan est compris entre 0.01 pour les lagons les plus confinés à 0.59 pour le lagon le plus ouvert. Quarante cinq atolls ne possèdent pas de passes, mais 10 en ont plusieurs.

 Taiaro, atoll à lagon confiné : l’eau océanique ne pénètre que par quelques étroits chenaux (hoas) dans la couronne récifale, et uniquement en période de forte houle (photo extraite de "Les atolls des Tuamotu, Bonvallot et al., 1994, ed. ORSTOM)
Anuanurunga, atoll à lagon ouvert : la couronne récifale largement submergée permet des échanges d’eau intenses entre l’océan et le lagon (Photo : B. Salvat)

Mataiva, lagon réticulé par un réseau de constructions coralliennes de 30 à 300m de largeur qui délimitent 70 bassins peu profonds d’une superficie moyenne de 20 ha (photo extraite de "Les atolls des Tuamotu, Bonvallot et al., 1994, ed. ORSTOM)

La diversité morphologique des atolls des Tuamotu a été finement analysée au moyen de la télédétection satellitaire (Andréfouët, 1998). Une base de données morphométrique sur 49 atolls en résulte. La figure suivante, extraite de cette étude, représente à une même échelle spatiale 14 atolls. Elle illustre l’extrême diversité des atolls en terme de forme, surface, degré d’ouverture sur l’océan, importance relative de la couronne et du lagon, surface des motu, degré de végétalisation, etc.

Les 14 atolls choisis pour Typatoll : mosaïque d’images satellitaires SPOT. 

En noir : eaux océaniques et lagonaires ; 

bleu : récif submergé ; 

blanc : récif émergé ; 

rouge : île végétalisée 

 

 

 

(d'après une image SPOT traitée par S. Andréfouët/Ifremer/Territoire de Polynésie Française/Université Française du Pacifique)

Les tentatives de classification

Face à cette diversité des atolls, apparaît le besoin d'une classification qui permettrait de regrouper les atolls selon leur propriété et d’extrapoler ce qu’on connaît de quelques atolls d’un groupe à l’ensemble des atolls du même groupe.

La classification des atolls de Salvat (1985) a longtemps fait référence. Compte tenu de ce que le confinement des eaux constitue le principal facteur expliquant la diversité et l’abondance en mollusques au sein des lagons, cette classification a pour critère principal l’ouverture. Une importance majeure est attribuée aux passes. Il en résulte une classification en " atolls à une passe ", " atolls à deux passes ", …Ensuite les critères étaient la présence / absence de couronne émergée, de hoas, etc… 

Morhange a proposé dans l’Atlas de Polynésie (1993) une autre classification fondée sur la morphométrie, à l’aide de ratios basés sur 3 critères : surface totale, surface de la couronne et surface des motu. Morhange sépare a priori les atolls soulevés (Makatea, Mataiva, Niau, Anaa). Ensuite, sa classification discrimine essentiellement les atolls par leur taille, sans faire référence à l’ouverture.

D’autres classifications ont été proposées par Andréfouët (1998). L’une d’elle est basée sur la composition des couronnes distinguant les surfaces végétalisées, le domaine intertidal, les terres émergées et le domaine immergé et leur exposition (nord, est, etc…). Une autre est basée sur l’ouverture des couronnes. Mais l’analyse comparée du fonctionnement des lagons d’atolls de différents types a montré l’importance simultanée des paramètres d’ouverture et de taille - superficie et profondeur des lagons - qui ont tous les deux un impact sur le renouvellement des eaux. Un troisième paramètre, la position des hoas, passes et couronne immergée par rapport aux houles dominantes, relativise l’importance de l’ouverture sur le renouvellement des eaux lagonaires (pour en savoir plus). 

Une autre classification est proposée à partir de ces trois paramètres mesurés sur les images satellitaires SPOT des 49 atolls des Tuamotu qui en disposent (Andréfouët, 1998). Elle propose 6 groupes d’atolls pour l’Archipel des Tuamotu (Fig. 4) :

Base de données morphométrique  

Diversité socio-économique

Le recensement de 1996 estime la population des Tuamotu à 14 283 résidents. Cette population faible est inégalement répartie. Les atolls ayant une passe, plus faciles d’accès aux goélettes sont plus souvent habités. Seuls 31 atolls comptaient en 1996 plus de 100 habitants et 3 plus de 1000 habitants (Rangiroa, Hao et Mururoa). 33 atolls ne sont pas habités ou ne sont habités qu’épisodiquement. 

 

Références citées

Andréfouët S. (1998). Apport de la télédétection pour une approche descriptive et fonctionnelle des systèmes coralliens de Polynésie Française. Thèse Univ. Francaise du Pacifique, 243 p. + annexes.

Salvat B. (1985). An integrated (geomorphological and economical) classification of French polynesian atolls. Fifth Int. Coral reef

Congr. Tahiti, vol2 : 337

mise à jour : 10/07/2008

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