Pour en savoir plus....
LA CIGUATERA
(Sources recueillies par
A.Carbonnière)
1) Qu'est ce
que la ciguatera?
La ciguatera sévit
depuis longtemps. Elle fut signalée dès 1606 à Vanuatu, alors que le
Capitaine Cook rapportait sa présence en Nouvelle-Calédonie en 1774. Il
décrivit les symptômes de son équipage malade lesquels coïncident avec ceux que l’on
connaît aujourd’hui.
La ciguatera se traduit par
l’accumulation dans les muscles et les viscères de poissons
herbivores et de leurs prédateurs de substances naturelles toxiques provenant d’un micro-organisme benthique, le
dinoflagellé Gambierdiscus toxicus (d'autres espèces de dinoflagellés
peuvent être impliquées comme Prorocentrum lima, P.
concavum, P. hoffmannianum, P. cassubicum, P. mexicanum, P.miniumum, Ostreopsis
lenticularis, O. siamensis, O. ovata, O. mascarensis, O.heptagona, Amphidinium
carteri, A. klebsii et Coolia montis)
Ce dinoflagellé, principal agent de la ciguatera (ou
"gratte") en Polynésie, est une algue unicellulaire qui vit
accrochée aux substrats macroalgaux colonisant les coraux morts. Il
est capable de synthétiser au moins deux familles de toxines dont
les ciguatoxines qui vont ensuite se bioaccumuler dans les poissons
herbivores et carnivores, respectivement par broutage et prédation.
L’homme, dernier maillon de cette chaîne alimentaire, s’intoxique
en consommant ces poissons carnivores comme le barracuda, le vivaneau,
le mérou, le poisson chirurgien et la sériole.
Table des toxines
produites par les différentes espèces de dinoflagellés
| espèces |
toxines produites |
action des toxines |
| G.toxicus |
maitotoxine
ciguatoxine |
neurotoxine |
| C.monotis |
pas de nom |
hemolytique |
| O.lenticularis |
ostreotoxine |
neurotoxine |
| O.heptagona |
inconnue |
- |
| O.ovata |
inconnue |
hemolytique |
| O.siamensis |
inconnue |
hemolytique |
| O.mascarenensis |
maitotoxine |
neurotoxine |
| P.concavum |
acide okadaique |
diarrhetique |
| P.lima |
acide okadaique |
diarrhetique |
| P.mexicanum |
rapidité d'action |
hemolytique |
|
P.hoffmanium
|
acide okadaique
|
diarrhetique
|
2) Causes
de la Ciguatera
En
Polynésie, Gambierdiscus est présent à l’état endémique,
généralement en densité réduite. Cependant, épisodiquement, et
sous l’effet de facteurs environnementaux encore mal définis, on
assiste à la prolifération massive (ou "bloom") de cette
algue dans le milieu naturel: parmi les facteurs du milieu
susceptibles d’influer sur la fréquence de ces "blooms" (ou encore efflorescence)
on peut citer la température. A Tahiti, en effet, les "blooms" de G. toxicus
surviennent de manière cyclique suivant un schéma saisonnier, les
plus fortes densités étant enregistrées préférentiellement
pendant la saison chaude (septembre-mars).
Une autre cause responsable de la
propagation de la maladie est due au déclin madréporaire ce qui contribue à créer de nouvelles surfaces
colonisables par le substrat macroalgal servant de niche écologique
à G. toxicus; ce déclin conditionne par conséquent la distribution
spatio-temporelle de G.
toxicus. De ce fait, les mortalités coralliennes à grande
échelle liées aux épisodes cycloniques, aux phénomènes de
blanchissement du corail, aux activités anthropiques ainsi qu’à la
pollution marine sont généralement suivies, à plus ou moins brève
échéance, de flambées ciguatériques lesquelles se traduisent par une
augmentation des cas d’intoxication humaine.
|
La
présence de la toxine dans le poisson est imprévisible et
épisodique, et survient souvent après les tempêtes. |
3) Les effets de la
ciguatoxine:
L'intoxication par les poissons
ciguatériques
peut provoquer des malaises gastro-intestinaux et neurologiques,
des chocs et rarement la mort. Les symptômes les plus communs
sont la diarrhée, les vomissements, les crampes abdominales, la sueur, des frissons, des douleurs dans les muscles et les
articulations, la paralysie, une perception faussée du froid et
du chaud, des fourmillements ou des engourdissements de la bouche,
des étourdissements, une vision brouillée ou une cécité
temporaire. Dans les cas les plus graves, un malaise
cardio-vasculaire ou une insuffisance respiratoire peut survenir.
Les symptômes neurologiques peuvent durer des semaines, voire des
mois.
4)
Aire de répartition de la Ciguatera
On a récemment signalé l’intoxication
par le Ciguatera
chez les résidents et chez les touristes aux endroits suivants :les Îles Vierges américaines, les Îles Vierges
du Royaume-Uni, Puerto Rico, les Bahamas, Haïti, la République
dominicaine, la Jamaïque et dans toutes les zones insulaires
subtropicales et tropicales des «West Indies» et des océans
Pacifique et Indien, où l'on consomme les espèces de poissons
mentionnées plus haut.
5) Avis
aux gastronomes!!
Les gros poissons que l'on sert
habituellement dans les restaurants emmagasinent une concentration
plus élevée de ciguatoxine que les poissons plus petits. ll n'y a aucun moyen pour le
consommateur de reconnaître les poissons contaminés, car leur
apparence, leur odeur et leur goût sont semblables à ceux des
poissons sains. Parfois, on peut dénoter un léger goût de
métal. La toxine n'étant pas détruite par la chaleur, la
cuisson du poisson n'élimine pas le danger de toxicité; au contraire, sa concentration
augmente lorsque l’eau s’évapore de la chair du poisson. La seule
mesure préventive efficace pour se protéger est de s'abstenir de consommer les poissons.
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L'intoxication de
personnes, l'impact sur l'aquaculture, la pêche et le tourisme
peuvent entraîner de profonds dérèglements économiques et sociaux
des régions concernées. |
Voir pour de plus amples
informations le site très complet de l'institut Malardé:
:
http://www.malarde.pf/cigua_1f.htm
http://ourworld.compuserve.com/homepages/honu/malarde/francais/ciguatex.htm
et bien d'autres
:http://www.ifremer.fr/francais/produits/thau/page7.htm
http://vm.cfsan.fda.gov/~mow/chap36.html
http://www.fishbase.org/manual/FishbaseThe_CIGUATERA_Table.htm
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