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Les sédiments et eaux interstitielles: Granulométrie, Caractéristiques physiques et chimiques des eaux interstitielles, Flux de sel nutritifs, Minéralisation de la matière organique

Caractéristiques physiques et chimiques des eaux interstitielles

L. Charpy

 

peeper                               

 

Matériels et méthodes

 

Stations échantillonnées

staint.gif (15646 octets)

8 stations ont été échantillonnées dans le lagon de Tikehau, en 1987 (1,4 et 8) et en 1993 (2,3,5,6,7,8). La station 1 est près du plateau récifal (plâtier) interne. Les stations 2 et 3 sont l'une sous le vent, l'autre au vent d'un pinacle en tenant compte des vents dominants. Les stations 4, 5 et 6 sont typiques du lagon avec des profondeurs de l'ordre de la profondeur moyenne soit 25m. Les stations 7 et 8 sont au plus profond du lagon.

 

Nous avons utilisé la méthode d'échantillonnage in situ ("peeper method") décrite par Hesselein (1976). Les "peepers", dont les loges ont une capacité de 3 et 10 ml,  ont été enfoncés dans le sédiment et laissés sur site minimum 15 jours. La résolution spatiale est de de 1 et 2,5 cm selon les loges.

 

Analyses effectuées

Le pH a été déterminé à température ambiante (22°C) sur des échantillons de 500ml, à l'aide d'une micro-électrode Ingold, avec la méthode de calibration décrite par Almgren et al. (1975), à la précision de ± 0.01 unité de pH.

Les mesures d'alcalinité ont été faites à l'aide de la titration potentiométrique de Gran, à la précision de ±  0.5%.

Les procédures de colorimétrie standard ont été utilisées pour les analyses de sels nutritifs (SiO2, NH4, PO4).et le dosage des sulfates (SO4) (méthode Spectroquant de Merck, volume échantillonné 0.5 ou 1ml, précision  ± 4%). 

Nous avons analysé H2S par colorimétrie en utilisant la méthode conventionnelle du bleu de méthylène, à la précision de ± 3%. 

Enfin le calcium (Ca) a été analysé avec les procédures conventionnelles AAS à la précision de ± 5%.

 

Résultats et discussions

 

Profils de H2S, pH, alcalinité et calcium

h2s.gif (5120 octets)

H2S : La zone anoxique est caractérisée par l'apparition de H2S. Elle se situe juste en dessous de l'interface eaux-sédiments (SWI: Sediment Water Interface) aux stations 5 et 8, et entre 3 et 5cm aux stations 1, 2 et 4. La plus forte concentration en H2S a été observée à la station 5, à 13 cm en dessous de SWI avec 365 µM. Cette valeur représente seulement 1% de la réserve en sulfate des sédiments. Un seul profil de SO4 a été réalisé (à la station 8). Il montre une diminution régulière avec la profondeur dans les sédiments.

ph.gif (6872 octets)

pH 
en unité pH

Toutes les stations présentent les mêmes traits généraux suivants:

  • Le pH diminue immédiatement en-dessous de la SWI (1cm à l'intérieur du sédiment)

  • le calcium mesuré à la station 8, présente une concentration relativement constante entre 9 et 12.5 mM.

  • On observe les maxima d'alcalinité entre 5 et 15 cm à l'intérieur du sédiment aux stations 3, 5, 6 et 8 (données de 1987) et entre 0 et 5 cm à l'intérieur du sédiment aux stations 2 et 8 (données de 1993).

caalka.gif (6792 octets)

calcium et alcalinité 
en mM

 

Profils de concentrations de sels nutritifs

  • Les profils de phosphate (PO4)

po4.gif (10082 octets)

On observe :

  • une concentration croissante allant de l'interface SWI 
    à un maximum de 2 à 6 µM entre 4 et 6 cm 
    aux stations 2, 3, 6 et 8

  • une concentration croissante allant de l'interface SWI 
    à un maximum de 2 à 5 µM entre 10 et 25 cm 
    aux stations 1, 4, 5 et 7

  • Les profils de silicate (Si)

On observe :

  • un accroissement régulier mais léger de la concentration avec la profondeur jusqu'au coeur du sédiment aux stations 2 et 8

  • un accroissement de la concentration jusqu'à un maximum, suivi d'une décroissance régulière aux stations 2, 5, 6 et 7. Les plus hautes concentrations sont observées aux stations 5 (59 µM) et 7 (32 µM).

si.gif (8669 octets)

  • Les profils d'ammonium (NH4)

nh4.gif (9437 octets)

On observe :

  • soit un accroissement régulier comme aux stations 1, 2 et 6

  • soit un maximum de concentrations à mi-profondeur comme aux stations 5 (102 et 180 µM) et 7 (101µM).

 

Relation entre la profondeur et la richesse en nutriments

Les concentrations intégrées dans la couche supérieure de 20 cm de sédiments, exprimées par cm2, de PO4 et NH4,  sont corrélées aux profondeurs des stations (R=0.79, n = 13 pour PO4 et R = 0.73, n = 11 pour NH4). Le taux de sédimentation de la matière organique à partir de la colonne d'eau est certainement un des facteurs de l'influence de la profondeur sur les concentrations en sels nutritifs dans les eaux interstitielles. En conséquence les flux calculés de PO4 et NH4 sont aussi corrélés à la profondeur (R= 0.73 et R= 0.73 respectivement).

selspro.gif (4349 octets)

 

 

Cette page est tirée de l'article :

Charpy-Roubaud C., Charpy L., Sarazin G. (1996) Diffusional nutrient fluxes at the sediment-water interface and organic matter mineralization in an atoll lagoon (Tikehau, Tuamotu Archipelago, French Polynesia). Mar Ecol. Progr. ser. 132: 181-190

 

Références citées :

Hesslein RH (1976) An in situ sampler for close interval pore water studies. Limnol Oceanogr 21: 912-924

mise à jour : 10/07/2008

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