Le
réseau trophique lagonaire
Nous
avons pu construire un modèle simplifié des réseaux
trophiques des lagons de Tikehau et Takapoto en nous appuyant
sur l’ensemble des résultats des programmes ATOLL, CYEL,
PGNR1 et PGNR2.
Les biomasses
des compartiments sont en
mg C m-2 (valeurs intégrées sur une profondeur de
25 m) et les
flux en mg C m-2
jour-1. On peut ainsi représenter dans un même schéma
l’écosystème planctonique et l’écosystème benthique des
sédiments meubles. Les mesures de biomasse et métabolisme des
protozoaires ont été réalisées par 2 équipes différentes
sur Tikehau et Takapoto. C’est ainsi que sur Tikehau, les hétéroflagellés
et les ciliés ont été mis dans 2 compartiments différents ,
alors que sur Takapoto, les protozoaires ont été séparés en
2 classes de taille, plus petit et plus grand que 35 µm. Les
mesures d’ingestion du zooplancton ont été réalisées en
utilisant la méthode des rapports C :N :P des
particules, et ne tiennent donc pas compte de l’origine des
proies.
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Schémas
des réseaux trophiques des atolls de Tikehau et
Takapoto. |
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Tikehau |

Takapoto |
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P
= production, I = ingestion, Ex.= Exportation hors de
l'atoll, S = sédimentation, HNF=hétéroflagellés.
Tous les flux (flèches) sont en mg C m-2
jour-1 et les stocks (rectangles) sont en mg
C m-2. |
On
observe qu’une grande part de la matière organique
particulaire est sous forme de détritus. Les biomasses de
phytoplancton, bactéries hétérotrophes et protozoaires sont
du même ordre de grandeur. La production la plus élevée est
celle des petites cyanobactéries coccoides (0.5 g C m-2
j-1). Les protozoaires s’alimentent à partir des
picocyanobactéries et des bactéries hétérotrophes. Le taux
de broutage le plus élevé est celui du mésozooplancton de
Takapoto. Ce taux dépasse la production phytoplanctonique,
indiquant que le zooplancton doit s’alimenter de particules
organiques originaires d’autres productions que celles de la
colonne d’eau.
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Il
existe une « boucle microbienne » dans
les lagons d’atolls. En effet, la production
phytoplanctonique est réalisée par des cellules de très
petite taille, les picocyanobactéries. Celles-ci sont
ingérées par des protozoaires de taille inférieure à
35 µm qui serviront de proies à des protozoaires de
plus grande taille lesquels seront capturés par le
zooplancton. Ce dernier complète sa nourriture avec des
particules détritiques provenant des productions
benthiques.
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Bibliographie
utilisée :
Charpy-Roubaud
C.J., Charpy L., Lemasson L. (1988). Benthic and Planktonic
primary production of an open atoll lagoon (Tikehau, French
Polynesia). Proc. 6th Int. Coral Reef Symposium, Australia, 2:
551-556
Le
Borgne R.P., Blanchot J., Charpy L. (1989). Zooplankton
of the atoll of Tikehau (Tuamotu Archipelago) and its
relationship to particulate matter. Marine Biology 102 : 341-353
Charpy
L., Charpy-Roubaud C.J. (1990). Trophic Structure and
Productivity of the lagoonal communities of Tikehau atoll
(Tuamotu Archipelago, French Polynesia). Hydrobiologia,
207 : 43-52
Charpy
L., Charpy-Roubaud C.J. (1991). Particulate Organic Matter
fluxes in a Tuamotu Atoll Lagoon (French Polynesia). Mar.
Ecol. Progr. Ser, 71 : 53-63
Charpy
L. (1996) Phytoplankton biomass and production in two Tuamotu
atoll lagoons (French Polynesia). Mar Ecol Progr Ser 145 :
133-142
Niquil
N, Pouvreau S, Sakka A, Legendre L, Addessi L, Le Borgne R,
Charpy L, Delesalle B (2001) Trophic web and carrying capacity
in a pearl oyster farming lagoon (Takapoto, French Polynesia).
Aquatic living resources 14: 165-175
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