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Les
notions de récif et de récif corallien
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Ce sont des
constructions édifiées par des êtres vivants: Il
existe des récifs d’algues corallinnacées
(Amérique du Sud, Cap vert), de mollusques
(coquilles sondées de vermets en Floride) ou de
vers polychètes (serpulides), mais la plupart des
récifs sont édifiés par des coraux hermatypiques
(cnidaires : surtout scléractiniaires et
hydrocoralliaires) qui possèdent des algues
microscopiques symbiotiques ( les zooxanthelles).
Ils constituent l’infrastructure de base de l’écosystème
(cf. les arbres de la mangrove).
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Ce sont des
constructions solides et persistantes: Solides, car
ils sont constitués par les parties dures du
squelette. Persistantes, car ils résistent aux
chocs après la mort des organismes (ex récifs de l’ère
primaire, surélevés aériens); les interstices
sont colmatés et soudés.
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Ils possèdent
une topographie positive: Ils sont construits depuis
le fond marin sur un substrat générateur dur et
peuvent, ou non, affleurer à la surface des
océans; ils constituent une hantise pour les
marins.
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Ils ont un
développement important: Parmi les plus grands
récifs il faut citer La Grande Barrière
Australienne, les récifs de Nouvelle Calédonie qui
dépassent 2000 km de long et ceux de Mayotte.
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Ils sont
capables de modifier les conditions écologiques du
milieu: Ces modifications sont physiques, sur les
mouvements de l’eau qu’ils arrêtent (houles,
vagues), protégeant ainsi les littoraux. Ces
modifications sont chimiques tant par l’utilisation
des nutriments du milieu que par les déchets qu’ils
produisent.
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La
distribution des récifs et ses facteurs
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La distribution s’appréhende
à différentes échelles spatiales.
Globalement les
récifs sont répartis dans les zones où la
température hivernale reste supérieure à 18°C.
Distribution
latitudinale
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Rôle de la
température : la température optimale est
22-28°C; le rôle des grands courants chauds et
froids est donc important. La température minimale
est de 18°C ce qui entraîne une distribution
asymétrique sur les côtes Est de l’Atlantique et
du Pacifique plus froides que les côtes Ouest. Il
existe des seuils de tolérance, aux températures
basses et hautes, variables suivant les espèces;
ils agissent probablement sur la nutrition et la
reproduction.
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Rôle de l’exondation
: les coraux supportent mal les exondations donc il
existe une relation étroite avec les marées. Mais
là aussi il existe des différences entre les
espèces, ainsi les coraux des Caraïbes sont
rarement soumis à l’exondation et cette
différence pourrait expliquer des différences de
structures entre les récifs Indo-Pacifiques et ceux
des Caraïbes. Des Basses Mers exceptionnelles
peuvent avoir des effets catastrophiques.
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Rôle de la
sédimentation : la variation spécifique très
forte de la résistance (en rapport avec la
sécrétion de mucus et les mouvements des cils)
peut expliquer des zonations à l’échelle locale.
Peu d’espèces sont localisées dans les zones
turbides, sauf quelques espèces (Fungia,
Trachyphyllia ...)
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Rôle de l’hydrodynamisme :
il est étudié à différentes échelles spatiales
avec le rôle des vents, courants et vagues
D istribution
bathymétrique
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Avec la
profondeur le nombre d’espèces coralliennes
diminue.
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Avec la
profondeur le taux de recouvrement total diminue.
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Avec la
profondeur le taux de croissance des espèces
coralliennes diminue en rapport avec la diminution de
lumière beaucoup plus qu’avec celles de l’oxygène
et de la température.
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Elle est en relation avec la
transparence de l’eau: la croissance est bonne jusqu’à
une valeur de l’irradiance de 30 à 40 %, elle est
maximum juste au-dessous de la surface de l’eau. Si
l’irradiance est plus faible, certaines espèces
comme Stylophora pistillata (Mer Rouge) peuvent se
développer avec 1 % de lumière de surface; dans ce
cas, ce sont alors de petites colonies et non des
récifs
Zone
Indo-Pacifique
C’est la zone
principale, avec une riche diversité. Elle comprend
deux sous-régions:
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La sous-région
orientale comprend la Mer Rouge, l’Océan Indien
occidental et l’Océan Indien Oriental.
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La sous-région occidentale
comprend le Pacifique tropical central avec la
Malaisie, les Philippines et l’Indonésie dont les
récifs sont très riches et divers. La Grande
Barrière Australienne représente à elle seule 200
000 Km2.
Le Pacifique
Occidental avec ses nombreux archipels est aussi une
zone à forte richesse, alors que le Pacifique oriental
est nettement plus pauvre.
Zone Atlantique
Elle ne
représente que 1/20e de la zone Indo-Pacifique; la
richesse et la diversité sont plus faibles; aucune
espèce n’est commune aux deux zones.
Elle comprend
principalement la région des Bermudes et les Caraïbes.
Les côtes du
Brésil et de l’Afrique Occidentale sont pauvres en
espèces et en individus.
Principaux types
de récifs et formation
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Les
principaux types de récifs
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La classification
morphologique est due à Darwin: Récifs frangeants,
Récifs barrières, Récifs Plate-forme, Atolls
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Les récifs
frangeants bordent
une terre émergée. Ils sont assez étroits et
récents. Ils peuvent être séparés de la
côte par un chenal d’embarcation (appelé
improprement " lagon " dans certaines
îles). |
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Les récifs
barrières
sont plus larges et plus éloignés
de la côte. Ils sont séparés de la côte par
un lagon qui peut être large de plusieurs
milles et atteindre une profondeur de plusieurs
dizaines de mètres. Des îlots sableux portant
une végétation caractéristique peuvent se
constituer sur une barrière. Ils sont
interrompus au niveau de passes, qui
correspondent à des rivières anciennes.
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Les récifs
plate-forme ou banc récifal sont des
édifices en pleine mer.
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Les
atolls sont
de grands récifs annulaires, situés au large,
enserrant un lagon central. La partie émergée
peut porter des accumulations sédimentaires,
avec une végétation caractéristique
(cocotiers).
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Formation
et transformations des récifs
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Les larves coralliennes se
fixent sur fond dur (rocheux ou déjà
madréporaires). Les survivantes, en nombre
variable, déclenchent l'initiation de la
colonisation du sous-sol (substrat) avec toute
une faune associée. Cette phase se déroule en
eaux peu profondes, pour une croissance rapide
des squelettes des coraux et des algues
calcaires pour cimenter. Les matériaux
détritiques viennent colmater les interstices
(foraminifères, mollusques, piquants oursins,
débris coralliens). L’ensemble est en
perpétuel remaniement.
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Géomorphologie
et peuplements caractéristiques

Les différentes
catégories de récifs présentent des zones homologues,
dues à l’action des facteurs géomorphologiques
dominants. Cette zonation est la plus complexe dans les
atolls et les récifs barrières; elle comporte depuis
le large une succession de biotopes hébergeant des
flores et faunes caractéristiques.
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Le glacis |
La pente
externe |
La crête
récifale |
Le platier
externe |
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Le platier
interne |
La pente
interne |
Le lagon |
Les passes |
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Le glacis
correspond à une pente modérée en avant du récif,
entre 30 et 50 m de profondeur, recouverte de coraux
et de débris.
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La pente externe
a une forte déclivité, elle est soumise à un fort
hydrodynamisme. Sa partie supérieure comporte une
alternance de crêtes ou éperons et de sillons
couverts de blocs et débris. C’est une zone riche
en coraux et algues calcaires.
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La crête
récifale ou front est l’étroite zone de passage au
platier; elle est souvent dominée par algues
lithothamniées.
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Le platier
externe est plus horizontal, encore soumis à un fort
hydrodynamisme; les coraux y sont florissants.
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Le platier
interne fait suite à la levée récifale détritique
qui correspond à une zone de débris ou blocs,
parfois importants, arrachés à la pente externe; il
est horizontal; très variable (platier à alignements
transversaux, compact, à madréporaires, à pâtés
dispersés, à microatolls, à herbiers, ...); il peut
porter des formations construites et/ou des débris
sédimentaires.
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La pente interne
a une déclivité qui raccorde le platier au lagon;
elle est plus abritée; elle comporte moins de
formations construites et elle est constituée surtout
de débris coralliens grossiers puis fins.
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Le lagon est
formé de sédiments meubles où on peut observer un
gradient de sédiments d’origine terrigène en se
rapprochant de la côte. Les formations coralliennes
se répartissent en pâtés ou en pinacles coralliens;
par ailleurs on peut trouver des dalles, correspondant
à des récifs anciens.
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Les faciès
variés peuvent héberger des herbiers, des champs de
tumuli, des buissons de madréporaires,....
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Les passes sont
des interruptions dans un récif; elles permettent la
sortie des eaux du lagon et sont soumises à de forts
courants (8 nœuds). Les peuplements d’espèces
pélagiques y sont riches et quelques espèces
benthiques (gorgones) s’accrochent sur leur substrat
Fonctionnement des
récifs
Comme les autres
écosystèmes, le fonctionnement des récifs est basé
sur des chaînes trophiques complexes.
Les producteurs
comprennent des groupes benthiques ( principalement les
coraux et leurs zooxanthelles, les herbiers, les
macro-algues et le microphytobenthos), mais aussi des
groupes pélagiques comme le phytoplancton.
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herbiers |
macro-algues |
phytoplancton |
Les herbivores sont les consommateurs
primaires; ils comprennent de nombreux mollusques,
oursins et poissons.
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mollusques |
oursins |
Les consommateurs
secondaires comprennent des organismes filtreurs comme
des vers polychètes, des échinodermes,...des
détritivores comme des crustacés ou des holothuries,
enfin des carnivores comme des poissons ou des
échinodermes (Acanthaster).
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polychètes |
holothuries |
crustacés |
Acanthaster |
La structure des
récifs dépend de phénomènes antagonistes de
construction et de destruction.
Les
constructions et le métabolisme
Le corail est un
polype vivant dans une coupe rigide composée de
carbonate de calcium (calcite ou aragonite) qu'il
sécrète lui-même. Tout comme ses frères et sœurs
les méduses, les anémones, les pennes de mer et les
millépores, il appartient à l'embranchement des
cnidaires, dont le mode d'organisation est le plus
simple de tous les animaux multicellulaires. Le polype
possède un corps cylindrique et une bouche entourée
d'un anneau de tentacules. En fait, à quelques
différences près, il s'agit d'une anémone miniature.
Les coraux peuvent
être solitaires (une seule coupe, un seul polype) ou
coloniaux. Dans ce dernier cas, les coupes, contenant
chacune un polype, se soudent les unes aux autres pour
former une colonie qui comprend des milliers d'individus
et peut s'étendre sur quelques mètres. Dans ce
condominium sous-marin, les locataires bénéficient de
plusieurs avantages écologiques en matière de
protection, d'alimentation, de reproduction, de
stabilité génétique et de respiration.
Les coraux
hermatypiques qui sont ceux qui construisent les récifs
contiennent des algues unicellulaires, les zooxanthelles
, à des densités de l’ordre de 1 millions de
cellules par cm2. Ces algues ont besoin de
lumière pour la photosynthèse. Elles utilisent alors
le gaz carbonique dissous dans l’eau de mer, l’azote
et le phosphore minéral pour fabriquer de la matière
organique qui sera utilisée par le polype. En
déplaçant l’équilibre des carbonates, elles
facilitent la précipitation du carbonate de calcium,
base du squelette des coraux (la
calcification).
Les zooxanthelles
éliminent rapidement l ’anhydride carbonique produit
par le métabolisme des coraux et qui dissous le
carbonate de calcium. Ainsi les zooxanthelles augmentent
la production de calcaire qui peut-être dix fois
supérieure à celles des coraux démunis d'algues.
Les cellules
ectodermiques de la région basale du polype produisent
des filaments chitineux extrêmement fins qui garnissent
les vides situés entre le polype et le squelette. Les
cristaux de calcaire croissent dans cette zone, dans une
solution sursaturée en ions calcium de consistance
gélatineuse.
Les
remaniements
Les remaniements
sont permanents dans les constructions coralliennes,
surtout dans les zones sédimentaires (bioturbation),
par action d’enfouissement et/ou de nutrition d’organismes
psammivores comme les holothuries. Les quantités de
sédiment superficiel remaniées sont très importantes
et contribuent à la circulation de l’oxygène et des
nutriments.
La destruction
par les cyclones
Les récifs
coralliens subissent de plein fouet la houle cyclonique.
Le glacis et la pente externe sont particulièrement
touchés. Les massifs coralliens brisés de la zone 0-30
m dévalent la pente en détruisant tout sur leur
passage. C'est ainsi, qu'après les cyclones de 1983 en
Polynésie Française, plus de 80 % des coraux de
l'extérieur de l'atoll de Tikehau ont été détruits (Harmelin-Vivien
& Stoddart, 1985).
Pour
en savoir plus
La bioérosion
C'est l'ensemble
des actions menées par des organismes marins (appelés
microforeurs, macroforeurs et brouteurs) qui provoquent
la dégradation du récif corallien.
L'érosion peut
être d’origine biologique, physique ou chimique et
ces facteurs agissent souvent en interaction, car des
coraux fragilisés par une érosion d’origine
biologique seront plus sensibles aux autres facteurs et
réciproquement.
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Il existe
2 grands types de bioérosion : |
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1) la bioérosion externe
due au broutage principalement par des oursins
et des poissons;
2) la bioérosion interne due à la perforation
par des microorganismes ou des organismes de
plus grande taille comme des mollusques ou des
polychètes.
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Pour
en savoir plus
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