Quelques
particularités biologiques : Les formes et la reproduction
des algues
Caulerpa
peltata
La taille et la forme des algues
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La taille et la forme des algues résultent du mode
de croissance et d’organisation anatomique des espèces. On
reconnaît plusieurs groupes morphologiques fonctionnels qui peuvent renseigner utilement sur le mode de vie des
algues et servir pour la description des biotopes dans le suivi
des milieux.
L'ordre
de présentation des groupes morphologiques va des formes délicates aux formes
plus épaisses et rend compte d'une complexité croissante du
thalle.
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Les formes vésiculeuses:
Thalles végétatifs, constitués par une seule cellule
géante dont le noyau unique est situé dans le crampon basal.
Chez certaines espèces, les cellules atteignent de
grandes dimensions (plus de 5 cm) et sont plurinuclées (Valonia,
Ventricaria).
Ventricaria
ventricosa
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Les formes
filamenteuses: Ces
algues présentent des axes filamenteux qui peuvent
comporter des parois internes transversales, rester
simples (Chaetomorpha) ou se ramifier (Cladophora,
Griffithsia, Polysiphonia, Ceramium). Les axes filamenteux
peuvent également être dépourvus de cloison interne et
former des siphons plus ou moins ramifiés (Bryopsis). Bryopsis
plumosa |
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Les formes creuses ou mucilagineuses:
Ces algues possèdent un thalle pluricellulaire creux
tubuleux (Enteromorpha, Rosenvingea) ou sphérique
plus ou moins contourné (Colpomenia, Hydroclathrus),
comportant des parois transversales ou des filaments
internes noyés dans du mucilage (Preadaea, Gibsmithia).
Hydroclathrus clathratus
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Les formes comprimées minces, foliacées et
membraneuses: Ces algues se caractérisent toutes par un thalle très
mince souvent translucide, réduit à quelques couches de
cellules, la cortication est faible. La surface est unie (Dictyota,
Ulva) ou parcourue de fines veinules (Dictyopteris,
Amansia). La texture reste souple mais délicate. Amansia
rhodantha |
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Les formes épaisses coriaces
dressées: Les algues de ce groupe forment des thalles dressés à
ramifications intriquées dont la texture est coriace (Turbinaria,
Sargassum, Gelidium)
Turbinaria
ornata
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Les formes épaisses coriaces encroûtantes:
Les algues de ce groupe forment
des
lames cortiquées épaisses (Padina, Lobophora,
Peyssonnelia).
Peyssonnelia
sp.
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Les formes calcifiées articulées dressées:
Les algues calcifiées à thalles articulés sont formées
d'une succession régulière de segments calcifiés
(articles) et de segments
souples (articulations) conférant à l'ensemble une
structure robuste mais flexible (Amphiroa, Galaxaura,
Halimeda).
Halimeda
taenicola
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Les formes encroûtantes calcifiées:
Dans ce groupe d'algues, la calcification est très
importante, donnant au thalle un aspect de roche. Les
thalles peuvent être encroûtants et adhérant fortement
au substrat (Hydrolithon), lamelleux (Mesophyllum) ou
branchus (Lithophyllum, Neogoniolithon).
Lithophyllum
spp. |
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Les
formes délicates, lamelleuses, filamenteuses ou creuses sont généralement
des espèces dont la durée de vie est courte et la croissance
rapide, ce qui permet à la plupart d'entre elles une succession
rapide des générations. Pour ces formes, la majeure partie de
la masse cellulaire est active dans la photosynthèse et la
surface du thalle, relativement plus importante que le volume,
permet un prélèvement rapide des éléments nutritifs dans le
milieu. Ces formes se retrouvent généralement
chez les espèces pionnières, ou encore chez les
opportunistes qui prolifèrent de manière importante et
spectaculaire à l'occasion d'un enrichissement en éléments
nutritifs. Au contraire, les formes plus compactes, et à l'extrême
les formes calcifiées, ont une longévité plus grande. La forte
proportion de tissus non photosynthétiques (95% de carbonate de
calcium chez les algues encroûtantes) et le faible rapport entre
la surface du thalle et le volume ne leur permet pas de métaboliser
aussi efficacement que les autres formes plus simples. Leur
croissance est de ce fait plus lente et ce sont généralement des
algues pérennantes. Elles forment des populations importantes qui
marquent fortement la
physionomie de la végétation, comme par exemple les champs de
Sargasses ou encore les encroûtements massifs d'algues rouges
Corallinacées.
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La
reproduction chez les algues
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La multiplication avec conservation du génome
Elle
peut se faire selon deux moyens : la multiplication végétative
et la reproduction asexuée par sporulation directe.
La
multiplication végétative se fait à partir d'une fragmentation
du thalle ou d'une production d'amas cellulaires spécialisés
(propagules) : dans les deux cas, les parties du thalle qui se détachent,
se fixent et développent rapidement un nouvel individu.
La
reproduction asexuée, elle, met en jeu des cellules spécialisées,
les spores souvent qualifiées de spores directes issues d'une
transformation totale du contenu d'une cellule appelée
sporocyste. Après leur émission, elles germeront pour donner
directement de nouveaux individus génétiquement semblables aux
thalles parentaux.
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La reproduction sexuée et les cycles biologiques
Ce
type de reproduction met en jeu deux types de cellules spécialisées
: les gamètes et les spores au comportement fondamentalement différent.
Les gamètes issus de la transformation du contenu d'une cellule
fertile, le gamétocyste,
fusionnent après
leur émission pour donner naissance à un oeuf ou zygote qui se développera
pour donner un nouvel individu génétiquement différent des
parents. Cet individu diploïde, désigné sous le nom de
sporophyte produira, dans les sporocystes, par méiose (réduction
du nombre de chromosomes par deux),
les spores qu'on qualifie
de méiospores ou spores méiotiques. Leur fonction est de germer,
pour donner un individu haploïde que l'on désigne sous le nom de
gamétophyte car il produira à son tour les gamètes. La
descendance d'un individu est une succession de générations où
alternent gamétophytes et sporophytes. Dans la majorité des cas,
le balancement entre méiose et gamie induit une succession de
phases nucléaires haploïdes et diploïdes qui coïncident
avec l'alternance morphologique, décrivant ainsi le cycle
biologique. Ces générations peuvent être morphologiquement
identiques (Ulva) ou dissemblables au point d'être considérées
comme des espèces différentes ; tel est le cas de l'ensemble
Padina (sporophyte volumineux) et Vaughaniella
(gamétophyte minuscule) ou de Asparagopsis taxiformis (gamétophytes
volumineux) et Falkenbergia hildenbrandii (tétrasporocyste
filamenteux microscopique).
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Lame
en forme d'éventail qui correspond au sporophyte
volumineux; en bas à gauche tapis de filaments
qui correspondent aux gamétophytes minuscules.
Padina
boryana |
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Gamétophyte
volumineux
Asparagopsis
taxiformis |
Dans
le domaine végétal, les algues se singularisent par une diversité
extrême des types de gamètes et de spores et la complexité des
cycles biologiques, qui ne peuvent être développées ici. Ces
questions sont très largement documentées dans les ouvrages plus
spécialisés de Lobban et Harrison (1994), Gorenflot et Guern
(1989).
Quels
que soient les grands
groupes systématiques, les gamètes mâles sont toujours
émis dans le milieu environnant ; à l'exception des
algues rouges, ce sont des cellules généralement mobiles
pourvues de flagelles. Les gamètes femelles ont un comportement
plus variable. Ils sont tantôt disséminés et mobiles de même
taille que les gamètes mâles (algues vertes) ou bien plus gros
comme chez certaines algues brunes ; tantôt immobiles mais
disséminés, comme chez les algues
brunes Fucophycées. Chez ces dernières c'est grâce à l'émission
de substances d'attraction sexuelle appelées phéromones que le
gamète femelle attire les gamètes mâles mobiles.
Enfin, les gamètes femelles sont chez certains groupes retenus par le
gamétophyte; le zygote issu de la fécondation se développe sur
le gamétophyte porteur.
Indépendamment de la diversité des types de gamètes et de gamies, les
algues montrent de nombreuses aberrations dans leur reproduction
sexuée. L'absence de gamètes du sexe opposé peut se traduire,
dans certains cas de dégradation extrême de la fécondation, par
l'apparition de nouveaux individus à partir d'un des deux types
de gamètes.
Quoi
qu'il en soit, la reproduction chez les algues se manifeste de
manière discrète et les cellules spécialisées sont en général
difficiles à observer sans l'usage du microscope. Toutefois, chez
les genres Halimeda
et Caulerpa (algues vertes), la reproduction concerne la totalité
du thalle qui se transforme intégralement en gamètes (holocarpie)
et qui disparaîtra après leur émission. Le cas des Halimeda est
remarquable puisque le thalle se décolore et les cellules
renfermant les gamètes émergent en bouquets verts à la surface
des articles blanchis.
Halimeda
en reproduction
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Références
Lobban, C.S. et Harrison, P.L. –1994 – Seaweed ecology and physiology.
Cambridge University Press, ix + 366pp.
Gorenflot,
R. et Guern, M. - 1989
– Organisation et biologie des Tahllophytes. Ed. Doin, 235pp.
Payri,
C., N'Yeurt A.R. & Orempüller, J. - 2001 - Algae of french
Polynesia -Algues de Polynésie Française. Edition Au Vent des îles
- tahiti, 320pp.
Payri,
C.E. & N'Yeurt, A.D.R. 1997. A revised Checklist of Polynesian
benthic Marine Algae, Australian Systematic Botany, 10: 867-910.
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