Les plantes
par
Marie José Langlade,
IRD
(synthèse
d'après les ouvrages cités en référence)
Les
Tuamotu connaissent une très faible diversification spécifique.
De plus, si
l'on prend l'exemple de l'atoll de Tikehau, sur les 165 espèces
recensées aujourd'hui, 43 seulement sont le fruit d'une
colonisation naturelle. Les autres ont été introduites par
l'homme.
La
colonisation naturelle
Les
anomalies hydroclimatiques ont favorisé la circulation aérienne
et océanique de graines, en provenance pour la plupart du foyer
indomalais.
Les
archipels ont été colonisés de proche en proche par des
espèces végétales transportées sous forme de graines et de
spores par l'eau et les courants marins (hydrochorie), par les
vents (anémochorie) et par les oiseaux marins (zoochorie). Ainsi
cocotiers, pandanus et fougères sont-iles apparus
sur les atolls.
Une
faible diversité spécifique
Isolement
et rudesse du milieu expliquent une faible diversité spécifique.
Du fait de l'éloignement des masses
continentales, peu d'espèces ont pu atteindre les atolls. Dû au
hasard dans le transport des diaspores, elles ne présentent pas
la même composition que celles des continents dont elles sont
issues.
Le
manque d'eau et l'ambiance saline n'autorisent la présence que
d'un petit nombre d'espèces végétales, pour la plupart
halophiles (vivant sur des sols salés) et xérophiles (adaptés
à la sécheresse).
Un
fort caractère d'endémicité
Ce
milieu contraignant donne lieu à des formes d'adaptation
spécifiques, comme le grand développement du système racinaire
et la forte pilosité des feuilles. 7%
de la flore est endémique.
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Les cyclones perturbent fortement la
dynamique du tapis végétal. Sur le sol de la cocoteraie,
recouvert d'une couche épaisse de débris coralliens, des
espèces rares ont poussé telles les Laportea
ruderalis (touffes rouges), les Achyranthes
velutina, le bosquet relique de Guettarda speciosa. |
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Les "feo",
constructions coralliennes fossiles témoins d'un ancien
niveau marin plus élevé, présentent à l'intérieur des
"motu", un milieu particulier pour la
végétation: l'ensemble des arbres est dominé par Pandanus
tectorius à racines échasses, et parmi les arbustes
on distingue Pipturus argenteus à feuilles vert
clair, ainsi qu'une flore herbacée diversifiée. |
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Les
espèces rencontrées sur les atolls
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Sur les atolls, les
groupements azonaux se répartissent en fonction du
substrat fin ou grossier des débris coralliens, de
l'exposition aux embruns et de la proximité d'une nappe
d'eau douce. Du lagon à l'océan, on distingue ainsi un
groupement à Suriana-Heliotropium, auquel succède
un marécage à Cladium dans les lagunes ou les
parties où affleure une nappe. C'est dans les stations
les plus abritées des motu, au sol profond et à la nappe
proche, que se développe la forêt à Pisonia,
généralement remplacée depuis cent cinquante ans par la
cocoteraie. Côté océan, sur substrat plus grossier, se
succèdent la forêt à Guettarda - Pandanus et le
groupement bas à Scaevola - Timonius - Argousia.
Enfin les stations sur conglomérat de plage sont
occupées par Pemphis et le rare Hedyotis
romanzoffiensis |

Coupe
schématique d'un "motu" d'un atoll des Tuamotu |
Cette
zone au substrat grossier portant des sols peu évolués, est
directement soumise aux effets du vent et des embruns. Elle
n'abrite qu'un petit nombre d'espèces.
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Pemphis
acidula
ou "miki-miki" |
Tournefortia
argentea
ou "ngengo"
et scaveola maritima |
Suriana maritima
ou "u'u" |
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L'espèce
indigène Pemphis acidula domine: son bois rouge
est très dur et il forme des brousses impénétrables.
En
groupements plus ouverts, on trouve les Tournefortia
argentea pouvant atteindre 3m, Timonius polygamus, Suriana maritima,
Guettarda speciosa
ou "ka'hia" allant jusqu'à 5 à 7m de haut. |
Dans
cette brousse les herbacées sont rares. Plus nombreux sont les ligneux,
évolution d'ancêtres herbacées dont les formes se sont
adaptées à de nouvelles conditions écologiques. Ceux-ci sont souvent
séparés par de grands espaces de débris coralliens.
A
l'opposé de la pente externe, elle est souvent constituée
de sable fin, ne supportant qu'une strate arbustive discontinue
d'espèces xérophiles et halophiles. Les contraintes y sont moins fortes et les espèces
plus variées.
Des
arbres, arbustes et plantes rampantes, comme Suriana maritima
et Scaveola maritima dominent
une strate herbacée composée en grande part de Triumfetta
procumbens et Lepturus repens,
graminée formant d'épais tapis.
Cette
zone, moins exposée aux embruns et aux vents, bénéficie de la lentille d'eau douce souterraine, proche de
la surface. Les sols y sont plus développés.
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Pisonia granbdis
ou "ngatae"
Cette forêt a
payé un lourd tribut à la cocoteraie. Le pisonia peut atteindre 20m
de haut pour 1m de diamètre. Ecorce grise, des racines qui courent au sol,
cet arbre est un lieu de nidification privilégié pour les oiseaux marins. Le
sol enrichi en matière organique favorise l'installation d'une strate
arbustive et herbacée.
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Pandanus tectorius
ou "tima"
En arrière de la
brousse océanique, dominante sur les substrats défavorables au cocotier
(graviers et cailloutis), la forêt à pandanus constitue la formation
arborescente climacique (en équilibre avec la climat et le sol) la plus
importante sur un "motu". Le pandanus peut atteindre 6 à 8m
de haut. Ses fleurs mâles, "hinano", ont un parfum suave
remarquable.
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Les
forêts de Pandanus forment des groupements ouverts où cohabitent
Guettarda speciosa et Tournefortia argentea. PLus à
l'intérieur, les Pisonia grandis sont mêlés à
d'autres ligneux tels Calophyllum
inophyllum ou "tamanu" ou "'ati", Cordia subcordata
ou "tou", Cocos nucifera
ou cocotier. Ils dominent une strate arbustive, Pipturus argenteus
et Morinda citrifolia ou "nono"
aux fruits nauséabonds
mais comestibles. Enfin la
strate herbacée est plus variée, formant un tapis continu de
fougères ou "nanue". Des formations monospécifiques à cypéracées
occupent les zones dépressionnaires.
Ces
herbacées abritent une faune de crabes, reptiles, rats dont le Rattus
exulans (le rat polynésien) et le Rattus rattus (débarqué
des navires européens).
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A
la fin du XIXième siècle, des cocoteraies ont été plantées. Elles
occupent aujourd'hui 80% de la surface des "motu". Cette
action s'est accompagnée de la disparition ou de la raréfaction
d'espèces indigènes.
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Références
biliographiques
Bonvallot
J, Laboute P, Rougerie F, Vigneron E (1994), Les atolls des
Tuamotu, ORSTOM, 296p.
Florence
J, 1993, la végétation de quelques îles de Polynésie
française in Atlas de Polynésie Française, ORSTOM
Editions, 54-55
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