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Les oiseaux terrestres des atolls de Polynésie Française

André Intès

 

Egretta sacra

Les oiseaux terrestres nicheurs 

 

L’aigrette sacrée    Egretta sacra  Gmelin            ‘otu’u

Ce petit héron se présente sous deux coloris de plumage : une phase grise et une phase blanche. La phase blanche paraît généralement dominante sur les atolls. Cependant, sur les 150 individus estimés présents à Tikehau en octobre 1984, les deux phases étaient également réparties. C’est un oiseau caractéristique des récifs coralliens et des plages où il est facilement observé  grâce à sa grande taille. Il niche dans les arbres et buissons des îlots, parfois sur le sol. Les nids sont le plus souvent groupés en petites colonies, mais peuvent également être isolés.

 

La marouette fuligineuse      Porzana tabuensis  Gmelin         meho  

Oiseau discret, la marouette est rarement observée alors que sa présence est assez facilement détectable : les oiseaux crient souvent, pour limiter leur territoire, notamment au crépuscule et à l’aurore. Les habitats sont variés avec généralement une végétation assez dense au niveau du sol. 

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A Tikehau, l’espèce a été observée dans les dépressions marécageuses où elle nidifie. Le nid, observé en mars 1986, est situé dans la zone marécageuse. Il forme une coupe évasée constituée de feuilles de Cypéracées.  

 

Le ptilope paumotu    Ptilinotus (purpuratus) coralensis  Peale         o’o

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Peu farouche mais discret, le ptilope peut passer facilement inaperçu. Son abondance paraît liée à la disponibilité en petits fruits charnus qui sont à la base de son régime alimentaire. Il habite les forêts d’atolls et les friches. 

Une dizaine de couples ont été dénombrés à Tikehau. Le nid est placé dans des arbres et buissons divers, mais souvent xérophiles. C’est une construction sommaire constituée de quelques brindilles.

   

Le lori nonette         Vini peruviana  P.L.S. Müller               Vini  

La présence des loris nonettes a été signalée sur de nombreux atolls par les expéditions du XIXè et du XXè siècle mais sa présence n’a pas pu être confirmés récemment sur beaucoup d’entre eux.

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A Tikehau, au moins 22 couples ont été dénombrés, répartis uniquement dans le secteur sud-ouest, de part et d’autre de la passe. Les observations faites sur cet atoll confirment que l’espèce niche dans des cavités trouvées dans les arbres morts, notamment des cocotiers.

 

La fauvette des Tuamotu      Acrocephalus caffer caffer  Sparrman       ‘otatare

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La fauvette à long bec est endémique en Polynésie et ses 21 formes actuelles ou éteintes relèvent de deux groupes. Dans les Tuamotu, A. caffer caffer est de petite taille avec un plumage clair, caractéristiques mieux adaptées à la végétation clairsemée et xérophile des atolls.

Environ 50 couples ont été dénombrés à Tikehau répartis sur toute la couronne de l’île. Le nid, construit dans la végétation buissonnante ou arbustive, embrasse une fourche. C’est une coupe profonde construite en matériaux divers où la fibre de cocotier est presque toujours présente. Le fond de la coupe est garni d’éléments fins.

 

Le martin triste        Acridotheres tristis  L.       

L’espèce n’est présente que dans les îles où elle a été introduite. Peu répandue dans les Tuamotu, elle est présente dans les atolls de Hao et de Morurua où elle a fait son apparition en 1971.

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Elle est également signalée dans les îles coralliennes de la Société (Scilly, Bellingshausen). Le nid, peu structuré, est une accumulation de matériaux divers, souvent localisé près des habitations.  

Le bécasseau polynésien        Aechmorhynchus cancellatus  Gmelin

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Le bécasseau était anciennement commun en Polynésie, mais sa répartition a été considérablement limitée par les introductions de prédateurs, le chat en particulier, mais aussi le rat.

Exceptionnellement peu farouche, c’est une proie facile. Seuls quelques atolls sont supposés abriter encore ce bécasseau avec des effectifs très limités. Le nid, connu par une description, serait fait d’herbes sèches placées dans une dépression et située près du bord du lagon.

 

La gallicolombe erythroptère      Gallicolumba erythroptera  Gmelin   amaho

La plupart des populations de cette espèce paraissent éteintes, mais il est probable que l’espèce subsiste encore dans quelques petites îles épargnées par l’introduction des prédateurs.. A Tikehau,  sa disparition semble définitive depuis les cyclones du début du XXième siècle. Le mode de nidification n’est pas décrit.

 

Le ptilope de Makatea      Ptilinotus chalcurus  G.R. Gray

Ce ptilope est endémique à Makatea où il est toujours bien représenté. Il fréquente les espaces boisés denses ou clairsemés où il se nourrit de fruits. Le nid et les œufs n’ont pas été décrits.

 

Le carpophage du Pacifique     Ducula pacifica  Gmelin

Une population subsiste à Pukapuka et une autre à Makatea. C’est un habitant des zones forestières, mais aussi des cocoteraies à sous bois, où il trouve les fruits nécessaires à son alimentation. Il construit un nid rustique en brindilles. Ses effectifs ont été limités par la chasse.

 

Le martin chasseur de Gambier    Halcyon gambieri  Oustalet

L’espèce s’avère éteinte à Gambier mais paraît encore présente à Niau. Il vit plutôt dans la cocoteraie où il chasse les insectes , voire les lézards. Son nid est creusé alternativement par le couple dans les cocotiers morts et pourrissants.

 


Les oiseaux terrestres visiteurs 

 

Le pluvier fauve   Pluvialis dominica  P.L.S. Müller         torea

Les populations hivernantes sont importantes dans les atolls du nord et du centre des Tuamotu, de septembre à avril. De nombreux individus demeurent sur les îles en été, mais dans ce cas, ils n’acquièrent pas l’intégralité de leur plumage nuptial. 

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Aucune nidification n’a été signalée en Polynésie. Le pluvier fréquente les habitats dégagés, souvent loin de l’eau. A Tikehau, on a estimé entre 400 et 700 individus présents en octobre 1984.  

 

Le courlis d’Alaska        Numenius tahitiensis  Gmelin            teue

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Le courlis est un visiteur régulier de la Polynésie et la majorité de la population hivernante se répartit dans les atolls des Tuamotu d’avril à mai, et une partie de la population estive. C’est le limicole le plus commun après le chevalier errant et le pluvier fauve.

Il s’observe sur les récifs et plus généralement dans les espaces ouverts.  A Tikehau, il a été vu perché sur les arbres, cocotiers étêtés ou Pandanus.  

 

Le chevalier errant    Heteroscelus incanus  Gmelin                 ‘uriri

C’est le limicole le plus répandu et le plus commun en Polynésie, de juillet à avril-mai. Dans ce cas encore, une partie de la population reste en été en Polynésie. Il fréquente les plages et les récifs, mais aussi les bords de rivières et les étendues d’eau diverses. Les oiseaux sont groupés, parfois par centaines pendant leur vol migratoire, mais ils se dispersent dès leur arrivée sur les sites d’hivernage. A Tikehau, la population hivernante a été estimée à 300-500 individus en octobre 84.

 

Le tournepierre à collier    Arenaria interpres  L.

Probablement migrateur régulier en Polynésie, il reste peu abondant. Il peut notamment être rencontré sur les plages d’atolls. Une demi-douzaine d’individus a été observée à Tikehau en octobre 1984.

 

Le bécasseau sanderling      Calidris alba  Pallas

C’est également un migrateur probablement régulier en Polynésie, mais peu abondant, généralement rencontré en petits groupes de quelques individus à une douzaine.

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Il a été observé à Tikehau en octobre 1984 et à Takapoto en janvier 1986.  

 

Le bécasseau tacheté    Calidris melanotos  Vieillot   

Rarement observée en Polynésie, cette espèce pourrait atteindre régulièrement les atolls. Elle fréquente préférentiellement les bords de lagunes et de rivières, ainsi que les mares. Elle a été signalée pour la première fois en Polynésie française en octobre 1984 avec 4 oiseaux observés autour d’une mare d’eau douce à Tikehau.

 

Le coucou de Nouvelle Zélande   Urodynamis taitensis  Sparrman     arevareva, pii ua

Le coucou semble bien répandu mais peu abondant dans une grande partie de la Polynésie orientale. Il peut être rencontré toute l’année bien que la plupart des observations se situent entre mars et août. Il préfère les habitats boisés de la zone littorale, jusque dans les jardins. Il a été observé à Tikehau en mai 1985 et en mars 1986.

 

Le petit chevalier à pattes jaunes       Tringa flavipes  Gmelin

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Ce chevalier commun du continent nord-américain est connu pour fréquenter les îles Hawaï et une observation douteuse le signale éventuellement aux îles Cook.

Au moins 4 individus ont été suivis pendant une semaine à Takapoto en décembre 1984, où ils fréquentaient les abords de mares d’eau douce dans la cocoteraie et la zone à Tournefortia. Plusieurs clichés ont été saisis à cette occasion.  

mise à jour : 10/07/2008

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