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Rythme d'activité chez l'huître perlière Pinctada margaritifera dans les atolls polynésiens

 

Rythme d'activité chez l'huître perlière Pinctada margaritifera  
dans les atolls polynésiens.

par Dominique Buestel, IFREMER

 

Introduction

A différentes occasions au cours du PGRN (1991-1999), l'activité valvaire des huîtres a été mesurée in situ grâce au valvomètre. A l'origine, cet appareil avait été développé pour mesurer l'activité des moules et leur perturbation par des pollutions marines; l'objectif étant d'utiliser les moules comme détecteur sensible de pollution marine. Nous avons donc utilisé cet outil pour étudier les rythmes d'activité de l'huître perlière.  

 

Méthode

Dans un premier temps, le valvomètre, rebaptisé "nacromètre", a été adapté à la taille des huîtres perlières (50-150 mm). Les huîtres sont collées sur une plaque PVC.

Un pointeau, posé sur le bord d'une valve, se soulève en même temps que l'huître entrouvre sa coquille pour filtrer. Le pointeau est solidaire d'une tige qui supporte un aimant qui s'écarte de la même façon.

Un capteur, incorporé dans la plaque PVC, mesure la variation du champ magnétique, et transmet une impulsion proportionnelle à l'ouverture de la valve de l'huître à une centrale d'acquisition située dans une boîte étanche. La période d'acquisition est réglable.  

 

Résultats  

 

La figure ci-contre montre qu'il existe un rythme d'ouverture : l'ouverture est maximale la nuit et réduite le jour. Les augmentations et diminutions de l'ouverture coïncident exactement avec le coucher et le lever du soleil. De plus, durant le jour l'activité valvaire est plus importante que la nuit avec de nombreux mouvements amples de fermeture.

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La figure ci-contre montre une série de mesures sur plusieurs jours. L'ouverture réduite de la première journée est due au stress de la manipulation et il faut environ 48h pour que l'huître adopte son rythme. Celui ci est remarquablement régulier et on retrouve la même tendance à la réduction de l'ouverture des valves et aux mouvements de fermeture pendant la journée.

 

Conclusions

D'une façon générale, il existe très peu d'études sur les bivalves ayant mis en évidence un tel rythme circadien.

Bien que les huîtres soient constamment ouvertes, il existe des différences de comportement nettes entre le jour et la nuit : le niveau d'ouverture est réduit le jour et les mouvements valvaires sont plus amples et plus nombreux que la nuit. Si le rythme d'ouverture semble parfaitement corrélé à la lumière, les huîtres soumises à un fort éclairage la nuit y sont totalement insensibles et restent grandes ouvertes devant le plongeur. Ce n'est pas le cas la journée où un simple passage devant les huîtres suffit à les faire réagir et se fermer. La présence de prédateurs diurnes explique peut être ce comportement.

Une hypothèse basée sur des observations réalisées en plongée peut être avancée sur une des conséquences probables de cette différence d'ouverture. L'ouverture maximum de la nuit correspond à un étalement maximum du manteau jusqu'aux extrémités des barbes de croissance alors que le jour le manteau est relativement rétracté. La sécrétion de coquille ne se ferait donc que la nuit aux extrémités de celle ci. Il est fort possible que l'étalement du manteau le jour soit contrarié par des poissons prédateurs, en particulier les poissons perroquets qui sont très souvent occupés à "brouter" les salissures sur les coquilles.

Il est difficile de savoir si ce comportement valvaire variable le jour et la nuit peut être relié à un activité physiologique différente. Les quelques essais de mesure des fonctions de filtration et respiration qui ont pu être réalisés n'ont pas permis de résoudre cette question. Il serait intéressant d'approfondir la question pour affiner les bilans énergétiques qui sont actuellement calculés en supposant une activité physiologique continue.

 

Le rythme très régulier dans les mouvements valvaires laisse penser que, comme les moules, les huîtres perlières pourraient être utilisées comme détecteurs de pollution marine dans les atolls. Une mesure en continu de l'activité valvaire des huîtres, avec un système de transmission instantanée des données au laboratoire, sur quelques stations du réseau de suivi de la perliculture serait à tester.

 

 

Laboratoire Conchylicole de Méditerranée. Station IFREMER de Sète Boulevard Jean Monnet BP 171 34203 Sète

mise à jour : 10/07/2008

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