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Les coraux

par Mehdi Adjeroud , EPHE

 

 

La faune corallienne de Polynésie française compte environ 170 espèces appartenant à 48 genres différents. Cette diversité est faible, comparée à celle de l'archipel indo-malais ou de l'Australie (plus de 70 genres), régions qui forment le centre de diversité maximale. Cette relative pauvreté a pour origine, d'une part l'éloignement du centre de diversité maximale, d'autre part l'existence de courants marins dominants d'est en ouest, qui limitent les possibilités de dissémination à partir du centre de dispersion. La plupart des espèces observées en Polynésie se retrouvent dans le Pacifique ouest. Très peu d'espèces endémiques sont connues en Polynésie.  

 

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D'une manière générale, la faune corallienne de Polynésie française est plus riche sur les récifs qui entourent les îles hautes volcaniques que dans les atolls.

 

Dans les lagons d'atolls de l'archipel des Tuamotu, les communautés coralliennes sont généralement dominées, en terme d'abondance des colonies, par les genres Montipora, Cyphastrea, Astreopora, Acropora, Platygyra, Favia, Leptastrea et Porites.

 

Sur les récifs-barrières en contact direct avec l'océan (platier et pente externes), s'ajoutent les genres Pocillopora, Montastrea, Leptoseris et Fungia.

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Certains genres comme Psammocora et Porites (Synarea) sont absents ou rares dans les atolls tandis que dans les récifs entourant les îles hautes volcaniques, ils jouent un rôle primordial dans la construction récifale.

 

Les communautés coralliennes des atolls de Polynésie sont généralement constituées d'un pool important d'espèces fréquentes, auquel s'ajoute un petit nombre d'espèces occasionnelles ou rares. Au sein de chaque atoll, deux grands types de communautés se distinguent : les communautés du récif-barrière en contact direct avec l'océan, et les communautés du lagon. 

 

Pour les communautés du récif-barrière, on peut distinguer les coraux du platier externe et ceux de la pente externe. Les communautés de platiers externes sont généralement très pauvres, en raison des conditions extrêmes qui y règnent (hydrodynamisme et exondation). Sur la pente externe, il existe une zonation marquée des communautés avec la profondeur, en raison du fort gradient d'éclairement et d'hydrodynamisme. C'est sur la pente externe que les coraux sont les plus abondants et les plus diversifiés. 

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platier
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crête
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pente

 

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fond de lagon
Dans le lagon, on distingue les communautés de la bordure interne, les communautés du fond de lagon, et les communautés de pinacles ou de patés coralliens.  pate.jpg (9776 octets)
pinacle
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bordure interne
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hoa

 

Dans le lagon, la richesse est généralement la plus grande sur les flancs et la partie apicale des pinacles, ainsi que sur la bordure interne à proximité des passes ou des hoa à forts débits entrants. La richesse spécifique diminue à partir de ces zones d'arrivée d'eau océanique. La richesse en coraux au fond des lagons est généralement peu élevée, surtout en l'absence de pâtés coralliens.

Les communautés coralliennes de la barrière et de la pente externes présentent, dans l'ensemble, peu de différences d'un atoll à un autre, les conditions environnementales y étant très similaires pour l'ensemble des Tuamotu. La différence ne porte que sur quelques espèces occasionnelles ou rares. En revanche, les communautés coralliennes de lagons montrent une très grande dissimilarité entre atolls, liée essentiellement aux facteurs physiques (Pour en savoir plus). Cette dissimilarité se manifeste aussi bien au niveau de la composition spécifique que de la richesse en espèces ou de l'abondance des colonies coralliennes. Par exemple, 22 genres de coraux sont observés dans le grand lagon ouvert de l'atoll de Kauehi, alors qu'un seul genre est recensé dans le lagon fermé et sursalé de Taiaro et dans le tout petit lagon de Reka Reka. Mis à part ces cas, semble-t-il extrêmes, la plupart des lagons d'atolls des Tuamotu renferment entre 10 et 18 genres de coraux. Des données quantitatives sont présentées dans les tableaux a1  et a2.

 

 

Références bibliographiques

 

Adjeroud M, Andréfouët S, Payri C, Orempüller J, 2000. Physical factors of differentiation in macrobenthic communities between atoll lagoons in the Central Tuamotu Archipelago (French Polynesia). Marine Ecology Progress Series, 196 : 25-38.

 

Bouchon C, 1983. Les communautés de scléractiniaires de l'atoll de Takapoto (Polynésie française). Journal de la Société des Océanistes, 39 : 35-42.

 

Chevalier JP, 1979. La faune corallienne (Scléractiniaires et Hydrocoralliaires) de la Polynésie française. Cahiers de l'Indo-pacifique, 1 : 129-151.

 

Faure G, 1993. Les peuplements coralliens. In : Atlas de la Polynésie française, éditions de l'ORSTOM.

 

mise à jour : 10/07/2008

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