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Comité national de la plongée Scientifique

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Adresses utiles
Secrétariat du CNPS :
G. Thouzeau
LEMAR- IUEM Technopole Brest-Iroise
Place Nicolas Copernic
29280 Plouzané
Tél : 02 98 49 86 39 ; Fax : 02 98 49 86 45
gerard.thouzeau@univ-brest.fr

J.-P. Féral
Centre océanologique de Marseille - Station Marine d'Endoume
Rue de la Batterie des Lions
13007 Marseille
Tél : 04 91 04 16 63 (secrétariat)
jean-pierre.feral@univmed.fr

Institut National de la Plongée Professionnelle (INPP)
Port de la Pointe Rouge
13008 Marseille
Tél : 04 96 14 09 40- Fax : 04 91 73 83 01
Info@inpp.fr

COLIMPHA : Association Française des Plongeurs Scientifiques
(à l’attention de A. Couté)
Laboratoire de Cryptogamie
Muséum National d'Histoire Naturelle
12, rue Buffon 75005 Paris
Tél : 01 40 79 31 96
acoute@mnhn.fr


Réglementation de la plongée scientifique
Le cadre juridique de la plongée professionnelle, et donc de la plongée scientifique, est fixé par le décret du 28 mars 1990 qui définit le Certificat d'aptitude à l'hyperbarie (CAH), diplôme désormais obligatoire pour la pratique de toute plongée (en mer ou en eaux continentales) réalisée dans le cadre des institutions de recherche. Le décret cité instaure trois classes de plongeurs (I jusqu'à 4 bars ; II jusqu'à 6 bars ; III au-delà de 6 bars).
Une série d’arrêtés d'application (au total, une douzaine à ce jour) complète ce texte de base. Ainsi, l'arrêté du 28 janvier 1991 crée quatre mentions dont l'une au moins doit figurer sur le CAH (A : scaphandriers ; B : autres activités en plongée ; C : hyperbarie médicale ; D : autres hyperbaristes), la plongée scientifique entrant dans la mention B. Cet arrêté fixe également les modalités de formation des plongeurs des diverses mentions. L'arrêté du 28 mars 1991 détermine les conditions des visites médicales périodiques et fixe les recommandations aux médecins spécialisés. Quant à l'arrêté du 15 mai 1992, il instaure les procédures d'exercice de la plongée professionnelle et les conditions de sécurité. Cet ensemble réglementaire est particulièrement adapté à la plongée professionnelle dans le cadre de travaux sous-marins, c'est-à-dire pour des plongeurs de mention A.


Il convenait d'adapter ce cadre général aux plongeurs scientifiques et à leurs structures administratives (laboratoires, Universités, 0rganismes de recherche). C'est pourquoi le CNRS a publié l'Instruction n° 9800021 IGHS du 3 décembre 1998 relative à la réglementation de la plongée subaquatique scientifique (B.O. n° 3 du 3 mars 999) valant instruction d'application de la réglementation nationale et manuel des procédures de sécurité. Dans le cadre légal, ce texte adapte aux structures de recherche et à la plongée scientifique le cadre réglementaire national. Tout plongeur scientifique professionnel doit en conséquence suivre le contenu de ces dispositions qui concernent la formation, l'encadrement, les équipements comme la pratique des opérations de plongée, ainsi que le suivi médical.
Le plongeur scientifique doit faire figurer l’activité subaquatique sur son ordre de mission et s’assurer que la zone retenue pour le travail en plongée ne fait pas l’objet d’une réglementation spécifique, ou d’une interdiction particulière.

Historique de la plongée scientifique en France
Au milieu du XIX° siècle, certains biologistes, comme E. Forbes, pensaient que la répartition verticale de la vie en mer ne pouvait pas dépasser 300 mètres. Très rapidement, Norvégiens, Anglais et Français vont, au contraire, à la suite d'expéditions maritimes prouver l'importance de la vie dans l'ensemble de l'océan. Ce sera le temps des grands naturalistes marins comme H. Milne-Edwards, Albert Ier de Monaco, H. de Lacaze-Duthiers pour qui la rigueur scientifique nécessitait d'aller en mer chercher les spécimens nouveaux et tenter tout à la fois d'inventorier les espèces et de comprendre leurs modes de vie. Le monde de la mer restait cependant inaccessible pour ces pionniers dont les investigations demeuraient des cueillettes aveugles. La mise au point du scaphandre "pieds lourds" au cours du XIX° siècle ne fut pas d'une grande utilité pour la biologie marine. Cette technique supposait une importante logistique et apportait une faible manœuvrabilité. Ce type de scaphandre restera l'apanage des travaux sous-marins, si l'on excepte les recherches de L. Boutant à Banyuls-sur-Mer, mais qui furent surtout consacrées à la réalisation de clichés photographiques en plongée ou le tournage, grâce à un Fernez à embout relié à la surface par un tube caoutchouc, du premier film sous-marin “ L’Hippocampe ” de J. Painlevé en 1933. C'est la mise au point du scaphandre autonome (masque Le Prieur et bouteille Michelin) et l’enthousiasme du “ Club des Sous l’eau ”, à Saint Raphaël à partir de 1935, qui va permettre l'essor de la plongée scientifique. Avec le même esprit ouvert et passionné que les grands anciens, c'est P. Drach, Professeur à la Faculté des Sciences de Paris, qui va ouvrir à la biologie l'univers sous-marin. Dès 1955, dans la région de Roscoff, il plonge pour recueillir des données mais surtout pour comprendre. C'est lui qui formera les premières générations de plongeurs scientifiques à Banyuls. A la même époque, l'américain G. Bass sera à l'origine de la plongée scientifique archéologique, et l'universitaire français F. Magne créera la recherche algologique en plongée. Le développement de la discipline va alors aller très vite et la plongée sera utilisée à des fins scientifiques au Muséum National d'Histoire Naturelle par le professeur A. Couté, à l'Institut Océanographique par A. Toulemont, au CEMAGREF, à l'INSERM et tout particulièrement dans les laboratoires universitaires et du CNRS de Marseille (J. Vacelet et J.-G. Harmelin), Banyuls, Brest, Roscoff, Nouméa (R. Catala). Les premières plongées dans les Îles Australes françaises ont été faites en 1962 par P. Grua et en Terre-Adélie par J.-P. Féral en 1987.

De la collecte et de l'observation in situ, on va passer à l'expérimentation avec la mise au point de nombreux matériels pensés et réalisés par des plongeurs ; puis, de la recherche fondamentale, on passera à la recherche appliquée comme par exemple au CNEXO (IFREMER) notamment en matière d'aquaculture. Des chercheurs comme D. Buestel ont mis au point, non seulement des techniques d'élevage, mais aussi des matériels pour le développement de fermes sous-marines (1980). Les archéologues du DRASSM comme P. Pomey mettront eux aussi au point de nombreuses technologies permettant le développement de leur discipline. Les Stations Marines des grands états maritimes vont développer des projets de recherche importants tant aux Etats-Unis qu'au Royaume-Uni ou en France concernant l'écologie comme l'éthologie ou la recherche de substances actives pour le développement des biotechnologies (programme SMIB en Nouvelle Calédonie).

Il manquait un statut juridique à ces plongeurs, ce sera le rôle de l'Association Française des Plongeurs Scientifiques (COLIMPHA) qui sous l'impulsion d'A. Couté permettra de rassembler à partir de 1978 l'ensemble des disciplines académiques concernées (biologie, chimie, archéologie, géologie, droit, technologie) pour encadrer et structurer cette activité, servir de forum d'idées, aider les jeunes chercheurs, développer des techniques nouvelles. L'action de ces chercheurs permettra de faire reconnaître la plongée scientifique dans la réglementation française et, avec l'aide de l'administration de l'INSU, de proposer un texte régulant la pratique de la plongée scientifique qui sera adopté par la direction du CNRS dans l’instruction de 1998 actuellement en vigueur.


La formation de plongeur dans les laboratoires
Il est recommandé aux étudiants et doctorants désireux d’acquérir une qualification de plongeur, en vue d’une application professionnelle, de suivre une formation dans les clubs sportifs des Universités ou privés afin d'obtenir au minimum un niveau 3 de la FFESSM ou équivalent. Pour obtenir le CAH, ils devront satisfaire aux épreuves des examens proposés par l’INPP ou par les divers centres agréés. L’INSU, par le biais de la Formation Permanente CNRS, organise tous les ans une session pour les agents statutaires du CNRS et des Universités et des autres EPST, ainsi que pour les doctorants dont le sujet de thèse requiert cette pratique. Les chercheurs, enseignants-chercheurs et techniciens, non titulaires du CAH, qui désirent plonger dans le cadre de leurs activités professionnelles, doivent impérativement postuler à ces stages pour l’obtention du diplôme, sous peine d’infraction à la législation du travail. Des équivalences sur dossier peuvent être accordées au cas par cas par le ministère du travail, pour les agents justifiant d’une pratique et d’une expérience confirmées (dossier à soumettre au président du CNPS qui transmet). La qualification de “ Chef de Plongée Scientifique ”, permettant d’organiser un service de plongée dans un laboratoire est accordée par les jurys d’examen aux stagiaires possédant le niveau requis.



voies d'accés
 

Le Comité National de la Plongée Scientifique (CNPS)
Cette instance nationale, créée sur l’initiative de l'INSU en 1999, regroupe les Organismes représentés au "Comité des Directeurs d'Organismes en Océanographie" qui ont désigné leurs représentants.
L'initiative de l'INSU se justifie par l'étendue de ses missions (CNRS, mais aussi Universités et EPST), par l'importance numérique des effectifs de plongeurs concernés, l'habilitation à organiser une formation au certificat d’aptitude à l'hyperbarie (CAH), enfin par l'organisation de stages annuels dans les Stations Marines de Roscoff et de Banyuls. Dans sa composition actuelle, le comité rassemble les organismes suivants : CEMAGREF, CNRS (SDU, SDV, SHS), DRASSM, IFREMER, IFRTP, IRD et Université de Paris-VI. Le comité inclut aussi des personnalités choisies pour leur compétence en matière de plongée. Le comité a coopté pour remplir les fonctions respectives de président et de secrétaire exécutif, MM. A.Couté, professeur au MNHN et G. Thouzeaur,  pour un mandat renouvelable de deux ans.
Les tâches du comité sont de recenser le personnel scientifique utilisant la plongée dans le cadre de ses activités professionnelles, de promouvoir des actions de formation, de faire connaître et proposer des adaptations à la réglementation nationale, de participer à l'harmonisation européenne de la réglementation des qualifications nationales en collaboration avec le Marine Board de l'European Science Foundation.

Types de travaux réalisables en plongée
L’observation et la récolte de matériel biologique, minéral ou archéologique sont bien évidemment les activités scientifiques les plus usuelles en plongée (détermination des modes de vie, expérimentation in situ, prélèvement de modèles biologiques utilisés pour les études de laboratoire, taux de recouvrement,…). L'observation peut être facilitée par l'utilisation de la photographie et de la vidéo sous-marines, et de fiches techniques plastifiées permettant d'identifier en temps réel et de compter les espèces. Des quadrats disposés sur le fond permettent d'estimer les recouvrements des organismes mégabenthiques ou le nombre d'organismes vagiles susceptibles de traverser une aire donnée. La réalisation en plongée de prélèvements quantitatifs et qualitatifs d'organismes améliore très sensiblement la qualité des données : carottages permettant de ne pas perturber la stratification du sédiment ou de récolter quantitativement les organismes, grattages de substrats durs, utilisation de suceuses pour collecter les organismes ou objets contenus dans le sédiment, …. L'expérimentation en plongée devient une pratique courante : évaluation des flux larvaires par quantification de la colonisation de substrats vierges par les larves d'invertébrés, mesures de courants sur le fond, mesures du métabolisme et des flux géochimiques en enceintes de confinement, pose de capteurs d'informations physiques (sondes diverses,…) ou géochimiques ("peepers de gels",…). Actuellement, la plongée est de plus en plus utilisée pour entretenir des capteurs de mesure automatique de paramètres de l'environnement.
 

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